LES CONVIVES
• Très bien répondu ! très bien agi ! Vive madame ^îarie Gaudin!
LE ROI, tout ba«.
On VOUS portera demain matin les perles dont vovs avez envie, et je me charge de payer la terre que vous achetez en Touraine,
MARIE GAUDIN
Ah! Sire, c'est bien inutile... Je ne saurais vous aimer de plus tendre amour! Avez-vous acheté la faconde du Vinci?
Oui, et j'ai chargé à Florence maître André del Sarto d'acquérir tous les chefs-d'œuvre dont il aura connaissance. Le roi d'Espagne, je le sais, a les mêmes désirs que moi; mais, voyez-vous, mes amis, je ne lui céderai pas plus sur ce terrain que sur les autres. Après la mort de Maximilien, et c'est un événement qui ne saurait se faire beaucoup attendre, Charles voudra la couronne impériale; foi de gentilhomme! c'est moi qui l'aurai ! Toutes mes mesures sont prises. Le fils de Jeanne la Folle prétend de m.ême la haute main en Italie; je lui tordrai le poignet! Il veut se donner un renom d'aimer les savants et de mériter leurs louanges; j'en ferai bien plus que lui dans ce genre, et l'honneur m'en restera. Ah ! ah ! il serait beau de voir Salamanque plus docte que l'Université de Paris.
CLÉMENT MAROT
J'en pleure de joie! La France n'a jamais eu pareil monarque! Votre nom, Sire, sera dans la gloire jusqu'à la dernière génération des hommes!
LE ROI
Ah ! mes amis, Dieu vous entende et me fasse monter sur tous mes rivaux! De la gloire! Oui, je veux de la gloire! Beaucoup de gloire et beaucoup de joie, et beaucoup de gaieté, et beaucoup de plaisr, et plus que beaucoup de tout ce qui rend la vie charmante! De la magnificence, de l'esprit, de l'éclat, du bruit, de l'amour, de l'amour plus que le cœur n'en peut tenir, à l'infini, bien haut, bien haut, par-dessus la têteJ
MARIE GAUDIN
Vive le Roil
TOUS
Vive le Roi !
LE ROI
Quant à monsieur du Pape, ma belle enfa;it, mes chers amis, qu'il en soit pour ses avances! Les jours sont finis, oià il pouvait, en effrayant les peuples, courber les princes !