‹ La renaissance; scènes historiquesChapitre 185 sur 210 · LES AUTRES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

LES AUTRES GÉNÉRAUX

Parfaitement dit. Assez d'hésitations!

LANNOY

Ainsi, puisque j'exprime, comme vous le voyez, l'opinion du conseil, décidez, monseigneur! Moi, je suis résolu ! et tout à l'heure, quand le jour va se lever, et certes, à l'instant, car le jour se lève !,,. il me verra à la tête de mes bandes... Tenez! J'y suis! Entendezvous les tambourins? Entendez-vous trompettes et clairons? En marche, monseigneur! A l'assaut! Si vous ne venez avec nous, si vous hésitez à vous mettre à notre tête...

LE CONNÉTABLE

Je ne refuse pas... mais je dis...

FRUNDSBERG

Je dis, moi, que vous marchez ! En avant, monseigneur ! le conseil est levé ! J'ai transmis à mes hommes les ordres que vous allez nous donner vous-même! Qu'on ouvre la tente ! A cheval !

Les rideaux de la tente sont tirés violemment. Le jour paraît ; on entend les appels militaires éclatant de toutes parts ; les troupes s'ébranlent ; cavalerie, infanterie, se précipitent vers les murailles de Rome. Le canon tonne vers la gauche, et des acclamations terribles se mêlent aux décharges multipliées. Des compagnies tumultueuses entourent la tente.

LES SOLDATS

A l'assaut! à l'assaut! Le connétable! Où est-il? Qu'il se hâte ! En avant ! en avant ! Monseigneur ! monseigneur de Bourbon ! venez ! Mort au Pape ! Mort aux cardinaux ! A sac ! à sac !

FRUNDSBERG

Décidément, monseigneur, que voulez- vous ? Si vous tardez, je ne réponds de rien !

LE CONNÉTABLE

Je demande mon cheval !

LES SOLDATS

Le voici ! Montez ! montez ! Venez ! Vive Bourbon ! A mort le Pape! Pillage! pillage!

Le connétable, Georges de Frundsberg, tous les capitaines, «e mettent en selle, et les soldats les entourent et les entraînent.

FRUNDSBERG, l'épée à la main.

Valeureux compagnons ! Regardez à l'arçon de ma selle ! Voici des cordes ! C'est pour en lier le Pape et ses suppôts!

MICHEL-ANGE 487

LES SOLDATS

Oui! oui! Qu'on les prenne! Qu'on les pende! A mort! A sac! Pillage!

UN OFFICIER, accourant au galop.

J'arrive de la Porte-du-Peuple! Le passage est forcé! L'artillerie a tout enfoncé; pourtant les bourgeois se défendent, et nous avons besoin de renforts.

FRUNDSBERG

Hardi! monseignem: ! Vous aurez la gloire d'entrer le premier!

Les généraux partent au galop, suivis par les hommes d'armes et les lansquenets, qui poussent de grands cris et entonnent ua psauma luthérien.

LES SOLDATS

Chantez avec nous, connétable! Chantez!

FRUNDSBERG

Chantez, monseigneur! Ces gaillards-là n'en courront que plus vite! /

LE CONNÉTABLE

Je ne suis pas luthérien, moi !

FRUNDSBERG

Vous êtes notre général et ne devez rien négliger pour le succès! Allons, chantons, monseigneur!

11 se met à chanter d'une voix de tonnerre, en brandissant son épée, et continue sa course; les décharges d'artillerie se répondent sur toute l'étendue des lignes; la mousqueteris s'en mêle; les défenseurs de Rome répondent, mais faiblement.

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