‹ La renaissance; scènes historiquesChapitre 55 sur 210 · FRÈRE DOMENICO · texte numérisé non relu

FRÈRE DOMENICO

Le roi David avait des Philistins pour gardes de son corps !

FRÈRE JÉRÔME

Ah! mon Dieu! ah! mon Dieu! je ne voudrais que pureté autour de la justice! Rappelle-moi d'ici!

FRÈRE SYLVESTRE

Et l'œuvre, que deviendra-t-elle si tu meurs?

FRÈRE JÉRÔME

Ce qu'elle pourra, je veux m'en aller ■!

Il se rejette sur son lit.

La nuit. Un jardin. — Une jeune femme. Un amant.

LA JEUNE FEMME

Je suis trop effrayée!... Si mon frère se doutait de quelque chose!... Va-t'en, je t'en supplie!

l'amant.

Non! Ton frère court les rues pour insulter les Piagnoni. N'aie pas peur! Tu as peur? Eh bien! sois contente; je pars! M'aimes-tu, au moins?

SAVON'AROLE 1I9

LA JEUNE FEMME

Je crois... je ne sais pas... je t'aime en ce moment... Veux-tu que je te trompe? Pourquoi t'attacher à moi? Je suis changeante... Je ne me connais pas moi-même. Je t'aime bien, mon ami, mon cher ami ! Sans doute, demain, je ne t'aimerai plus. J'ai toujours été sincère avec toi.

l'amant.

De telles paroles sont pour me tuer. N'importe! Je te chérirai, je t'adorerai, je te servirai ! Je suis à toi. Je veux mourir pour toi !

LA JEUNE FEMME

J'ai si peur! Embrasse-moi... là... sur la joue... Pauvre Fabrice!... je t'aime bien... dans ce momentci! Pourquoi t'affliger? N'as-tu pas de plus grandes affaires? Occupe-toi des Médicis.

l'amant.

• Je me soucie autant des Médicis que de leurs ennemis. Ma seule affaire est de t'aimer. Adieu! Cinq jours, maintenantj sans te voir!

LA JEUNE FEMME

Cinq jours?... c'est trop ! Passe demain dans la rue; je pourrai peut-être te faire monter.

l'amant.

Si l'on me voit?

la JEUNE FEMMS* '

Tout m'est égal !

siû LA ReNAIS$v\NCÉ

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