‹ La renaissance; scènes historiquesChapitre 7 sur 210 · LE GENTILHOMME · texte numérisé non relu

LE GENTILHOMME

Monseigneur, j'arrive de Rome à franc étrier. li m'était défendu de m'attarder une minute. Voici î& dépêche que mon seigneur révérendissime le cardinal Ascanio m'a ordonné de vous remettre.

LUDOVIC

Donne. Voyons ce que m'écrit mon frère.

Il va à une fenêtre, lit la dépêche, et revient en souriant.

Puisque vous aimez tant à vous instruire, maître Léonard, écoutez ceci : mon allié, le Saint- Père, vient de s'entendre avec les Aragonais. On accorde la main de dona Sancia d'Aragon, qui a dix-sept ans. à son ûls Goffredo Borgia, qui en a treize. Alexandre est content, il doit l'être.

LÉONARD

Vous voilà embarrassé, monseigneur.

LUDOVIC

Nullement. J'avais joué mon pion avant q«e le Pape touchât le sien. Les Français marchent sur Florence te dis- je, et nous allons monter à cheval tous tant que nous sommes pour nous rendre à Chiari au-devant du Roi. Je vous quitte et vais prier madame Béatrice, ma femme, de se dépêcher, elle et les belles dames que nous emmenons. Les Français aiment ces sortes de rencontres et les jeux qui s'ensuivent. Allons, messires, courez revêtir vos plus riches habits, vous prendrez mes chevaux, et je vous présenterai à Charles VIIL

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