LB CHEF DES PAYSANS
Vous êtes bien honnêtes; nous vous remercions d'être venus tous les deux.
PREMIER BRAVO
Nous n'avions garde d'y manquer. Jugez mieux, illustrissimes seigneurs, de notre empressement à offrir nos services à des seigneuries aussi respectables que vous êtes.
LE CHEF
Merci de vos bonnes paroles. Ainsi, vous nous êtes envoyés par Son Altesse?
PREMIER BRAVO
En effet, don César Borgia, duc de Romagne, et nul autre, nous adresse à vous. Voici un anneau qu'il nous a remis comme signe de reconnaissance.
LE CHEF
C'est bien ce que nous avions compris Prenez place, messires, vous devez être fatigués
«ta LA RENAISSANCE
PREMIER BRAVO
S'asseoir est une bonne chose. Ce cavalier et moi venons de fournir une traite de vingt lieues sans nous arrêter, et quelque habitué qu'on soit aux fatigues de la guerre, il est permis, en pareil cas, d'avoir les jambes un peu roides.
LK CHEF
Vous savez peut-être pour quelle cause on vous demande ici ?
PRBMIER BRAVO.
Le duc nous en a touché quelques mots.
LK CHEF
Sans vous offenser, êtes-vous aussi sûr de votre compagnon que de vous-même? Il s'agit d'une affaire délicate, et l'on est aise de savoir à qui l'on a affaire.
PREMIER BRAVO
Je loue votre prudence. Sachez que mon ami est un des vaillants de ce siècle. On pourrait presque lui appliquer le mot fameux de Plutarque, dans son admirable Histoire romaine, quand, parlant d'un excellent capitaine, il en disait : Il n'oserait demeurer dans une chambre seul avec un miroir, il craindrait d'apercevoir son visage. En effet, quand ce cavalier revêt son aspect martial, il terrifie ! S'il parle peu, c'est qu'il est tout action.
LE CHEF
Maintenant, venons à notre affaire. Il s'agirait d'en finir avec le Malatesta.
CèSAR BORGÎA ilj