‹ La renaissance; scènes historiquesChapitre 98 sur 210 · PREMIER VALET · texte numérisé non relu

PREMIER VALET

Trfe Saint-Père, sur le buffet.

DON CÉSAR, rUn».

Auriez-vous des inquiétudes?

LE PAPE

Non ! Mais Matthias aurait mieux fait de rester ici A votre santé, don César!

DON CÉSAR

Je vous remercie; je bois à votre vie lon^e, florissante et glorieuse!

lU boiveot.

LE VATICAN La chambre à coucher du Pape..

CARAFFA

M'envoyer faire une telle course par une telle chaleur!... Il n'y a que cet Alexandre capable d'une pareille indignité ! Son hostie ! son hostie ! Depuis qu'on lui a assuré que, tant qu'il l'aurait sur lui, il ne pouvait lui arriver malheur, s'il la perd de vue, il devient foui... Que les hommes sont imbéciles! Quel danger court-il?... Voyons!... où peut être cette maudite boîte?... Probablement sur la table auprès du lit..* Qu'est-ce que c'est?... Sainte Madone!... Oh! qu'est-ce que j'aperçois? Un homme étendu sur la couche du Saint-Père!... Oh! là... là... Qu'est-ce que j'ai? Est-ce que je deviens fou?... Mes cheveux se dressent!... Mes dents claquent!... Mon Dieu! mon Dieu!... je meurs!... Que je voudrais être loin!... Je deviens fou!... Ça n'est pas possible!... Le Pape lui-

iii LA RENAISSANCE

même!... Ici!... O Jésus!... ô tous les saints!... Qu'est-ce que cela signifie?.,. Le pape Alexandre étendu sur son lit!... Et, là-bas, je viens de le quitter!... Il est livide! son visage est tout noir!... Il est mort! mort! mort! Sortons!

n l'ëlaoc* vers la porte •□ criant, a de la peine k fouvnr et ta(ab« 4v«BO«i mu U palier, ot les domestiques le ramasseot.

LA VIGNE DU CARDINAL CORNETO

La salle à manger. Statues, tableaux, riches tapisseries des Flandres, grands buffets sculptés, pavé de mosaïque. Ur.e vaste table couverte de vaisselle d'or et d'argent; sur un grand plat, au milieu, un paon rôti, revêtu de ses plumes, la queue étalée ; pyramide de fruits ; grands vases pleins de fleurs. — Le pape Alexandre, doii Césax Borgia ; les cardinaux Castellar. Romolino, François Soderini, Copis, Nicolas de Fiesque, Sprata, Corneto, Iloris, Casanova, Valentin ; camériers, sommeliers, valets, gardes pontificaux en factioA aux portes.

LS PAPS, «'asseyant à Ubla.

Voici une bonne soirée ! Soyons gais et, autant que possible, spirituels. Je ne connais rien de pareil k souper en bonne et brillante compagnie.

LE CARDINAL CORNETO

Quel bonheur, quelle félicité que de célébrer ainsi avec Votre Sainteté la faveur insigne qu'elle a daigné nous accorder à tous en nous élevant au cardinalat!

LE PAFB.

C'est une joie bien grande ique de plaire à la fois à ses amis et à la Justice!

CÉSAR BORGiA »ii

LB CARDINAL COFIS, bu k son volsio de Uble, le cardinal de Fiesqo*.

Ne trouvez- VOUS péis le Saint-Père étrangement pâle?

LE CARDINAL DE FIKSÛUK, de même.

J'allais précisément vous faire remarquer les traits tirés de M. de Valentinois.

LE CARDINAL ROMOLINO, bas aa cardinal Valentin.

Si j'avais pu m'excuser, je ne serais pas venu. Je me mé&e de ces sortes de fêtes!

LE PAPK.

Cardinal Romolino, depuis l'affaire de l'hérétique Savonarole, vous n'avez jamais cessé de nous donner des marques de votre excellente amitié. Vous voyez que je m'en suis aperçu

LE CARDINAL ROMOLINO.

Très Saint-Père, mon dévouement à votre persorfnc est et sera toujours sans bornes!

LB CARDINAL SODERINI, bai au cardinal Cattelar.

Le Pape est vraiment livide ce soir. Qu'est-ce qu'il nous prépare? Je voudrais ne pas être ici.

LE CARDINAL CASTBLAR.

Ni moi non plus. On étouffe dans cette salle,

DON CÉSAR BOROIA.

Je suis mal à l'aise... Je ne sais ce que J'ai... II faut que j« «orte... Je lutte en vain... La tète me tourne... Qu'avez- vous, Très Saint-Père?

LB PAPB.

Je ne sais... Je crois que... Ah! que je souffre!

n tombe k twT*. La« convives m Ifevent épouvantés. Don César Borfia vm| (•ire quelque* pas, il rtnite tv le plancher. Tonulu dans l« salle.

Au ptemier sommelier qat le relève.

Ecoute... écoute... Eloignez- vous tous! Où a-t-on pris le vin qu'on m'a donné tout à l'heure?

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