SCENE II
T U L L I A j entrant à droite.
Dieu ! la chose ennuyeuse et sotte infiniment Pour une femme au bal, que cet empressement Autour d'elle de fats venant faire la roue ! Comme leur vanité s'étale sur leur joue ! La fade comédie et l'insipide assaut!
Mais le plus ridicule encore et le plus sot Est l'homme qui se fait du silence un mérite, Dans sa discrétion emphatique s'abrite.
Elle indique d'un geste un des hommes qui passent.
Et, vainqueur confiant qui se tient à l'écart.
Veut se faire envier de chacun, avec art!
C'est celui qui se dit mon amant! Si nous sommes
Coquettes, après tout c'est la faute des hommes !
Mais leur amour vaut-il la peine, en vérité.
Qu'on en change? L'amour par tous est récité
De la même façon, comme la jalousie!
Le même homme à nos pieds froidement s'extasie,
Et par convention débite un madrigal
A l'une comme à l'autre, avec sourire égal ;
Et, trompé, se guérit par une impertinence.