TULLIA, FABIEN
Il ne m'a donc pas vue} Ou bien il me fait montre D'un dédain par trop grand aussi pour ma rencontre ! Un peu d'attention du moins me restait du ! C'est lui ! Mais dans quel rêve à cette heure perdu ? D'une autre ou bien de moi laquelle en est la causée Ce n'est certes pas moi qu'il attend, je suppose ! Alors, c'est l'autre r' Eh bien! il serait trop plaisant Que j'en fusse jalouse et tremblante à présent! L'aimerais-je aujourd'hui } Non.
FABIEN
L'atroce folie, Que ronger des liens où soi-même on se lie, En creusant la rancune amère où l'on se plaît! Tout est bien mort en elle! Et c'est l'oubli complet! Tandis qu'en moi, malgré ma leçon fiére apprise... Ah! comme follement aussi je la méprise!
Il se lève et se promène avec agit.ition.
Elle est là-bas, qui rit peut-être à mes dépens, Et s'apprête à me tendre un cruel guet-apens ! Allons ! qu'elle me voie ! et que l'orgueil efface Toute émotion vile à l'instant sur ma face!
Il va pour sortir à droite. Tullia va au-devant de lui. Ils se croisent. Mouvement de Fabien qui salue avec une froideur affectée, et
passe.
FABIEN, à part.
C'est elle!
TULLIA, à part.
Il a pâli!
FABIEN, à part.
J'ai failli me trahir!
Pas un seul mot!
TULLIA, à part.
Quoi! rien.I^ Comment le retenir?
Pardon, monsieur!
FABIEN, se retournant.
Madame!
A part.
O lâche ! ma voix tremble !