‹ La rénovation agricole [microforme]Chapitre 4 sur 15 · EXEMPLE A SU] VRE · texte numérisé non relu

EXEMPLE A SU] VRE

C'e qui se jaii sur trente arpents de terre

La “Semaine” de Grand’Mère, après avoir reconnu que les expositions agricoles peuvent être une excellente chose, voudrait que des leçons pratiques d'agriculture fussent données à nos cultivateurs.

Puis elle nous démontre ce qui peut être fait, avec du travail et de la science, sur une terre de qualité infé. rieure et cite l'exemple de la ferme de la “Laurentide Co.” de Grand’Mère, située au nord de la Petite-Rivière. Cette ferme, qui est dirigée Par un jardinier diplômé de l’école de Grignon ( France), Comprend trente arpents de terre: on y fait de la culture intensive. Voici ce qu’on y cultive.

SALADES — De Mai à octobre, il Y à continuellement 3,000 pieds de salades qui Poussent, sont récoltés et remplacés en sept semaines environ.

Cela fait un total de 10,000 pieds en tout, sur un demiarpent de terrain.

Le jardinier en encave, de plus, 30,000 pieds pour l’hiver. Les salades d’été se vendent 10 cts au printemps, et 5 cts Plus tard, 7 cts en Moyenne. Celles d’hiver valent 15 cts

Valeur moyenne de ce demi-arpent : 81,780.80.

CHOUX.-— Trois arpents de la ferme “Leurentide” sont Couverts par 11,000 choux d'été, valant $1.25 la douzaine. Trois arpents et demi sont plantés de choux d’hiver, valant 18 cents pièce, Ajoutons près d’un arpent de 3,000 chouxfleurs, à 15 ets la pièce, et 2,000 choux de Bruxelles, à 20 cts, couvrant un demi-arpent.

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POIS.—Les cinq espèces : “Not Excelsior”, “Little Marvel”, “Stratagème”, “Téléphone”, “Gradus”?, occupent près de trois arpents, et, à 8 cents la pinte, donnent à peu près $150 à $160.

CAROTTES.—Deux arpents, donnant près de $400.

BETTERAVES.—Un demi-arpent, rapportant à peu près autant.

REVES À BEURRE.—Un demi-arpent, à 10 cts la pinte, est censé rapporter 870.

CELERIS.—12,000 pieds en six tranchées, couvrant un demi-arpent, à 12 et 15 cts le pied, valant près de $1,400.

CONCOMBRES.—50 pieds, qui représentent près de $100 sur 1-10 d’arpent.

CITROUILLES ET POTIRONS.—Un tiers d'arpent, $100.

RADIS.—Semis tous les huit jours, sur un demi-arpent qui rapporte $150.

PATATES.—150 minots de semés, sur 11 arpents, seront censés rapporter environ $1,000.

TOMATES.—Un arpent sur lequel 2,000 pieds de tomates, à une moyenne de 10 livres de tomates par pied, doivent valoir $150.

Le reste des 20 arpents est employé à la culture d’autres légumes: poireaux, oignons, asperges (non encore productives), persil, cerfeuil, sauges, rhubarbe, savory water, etc., ayant À peu près une valeur de 8300.

Si nous faisons le total des sommes représentées par ces différentes cultures maraîchères, nous obtenons le chiffre de $7,640.

Divisées par 32 arpents, elles représentent le be£a revenu de $283 à l’arpent, soit 10 fois ce que rapporte le même terrain en foin ou avoine.

ete

La “Semaine” penser moins d’ d'en consacre

recommande au 8ouvernement de déargent pour les expositions agricoles, mais

r davantage à l’achat de terrains, où le gou- Vernement établirait de bons

ou autres. Leur travail serai

ressant que toutes les conférences agricoles possibles.

De plus, le confrère prétend que ce serait là l'un des Meilleurs moyens de réduire le coût de la vie, en mettant sur le marché, en plus grande abondance, les produits de la terre, légumes, fruits, etc.

L’année dernière, le “GLOBE”, de Toronto, rapportait un fait bien intéressant.

A l'Union Agricole et Expérimentale de Guelph, disait-il, il a été démontré que sur une petite ferme de deux arpents et demi, cultivés d’une manière intense, en tirant parti de tout, le propriéta fit net de 82,700 Par année et, en ou fourni à sa famille des légumes, oeufs, du miel et toutes les choses nage. ‘

De son côté, le

jardiniers français, écossais t pour nos gens plus inté-

ire avait tre, avait du lait, du beurre, des nécessaires dans un mé-

“Telegraph”, de St-Jean, N.B., disait :

du Canada et des

Les Anglais et les aleur au plus Petit coin de terre, delphie, expose la sitaation en ces Nous nous vantons de nos progrès bien de jeter un coup-d’oeil sur le En consu!tant ses chiffres, nou qu'en fertilité, Jes Etats-Unis n’occupent que huitième rang et que Ja Belgique se range au Nous Pourrions, avec de l’i arriver aux mêmes résulta billions de dollars Par ann

Plus que partout ailleu

Le “Ledger”, de Phila termes: “Tandis que agricoles, nous ferions

“Crop Reporter”. 8 verrons

le dixpremier.

ntelligence et un travail patient, ts et nous ajouterions ainsi dix ée à la richesse nationale.”

T8, la culture intense et ses effets

bienfaisants sont nécessaires dans le district de Montréal, où la production s'est trouvée désorganisée par la fièvre de la spéculation immobilière. Depuis une dizaine d’années, on estime qu'environ trois cents fermes ont été loties dans l’île de Montréal seule, avec un nombre égal d’autres dans les paroisses adjacentes. Il en est résulté un déficit considérable dans la récolte des produits maraîchers ; la population de notre ville dut recourir à l'importation pour s’en approvisionner. Peu de chose cependant a été fait pour reniplacer la culture disparue: c’est d’une belle insouciance,

La culture intensive possède une autre qualité non moins précieuse: celle d’attacher à la terre une population beaucoup plus forte, qui en tire sa subsistance et aussi celle des autres classes de la société.

Si notre ville et tous les centres populeux passent, depuis quelques années, par une véritable crise de l’alimentation, la cause principale en est justement due à la rupture de l’équilibre normal, qui doit exister entre le nombre de citoyens livrés à l’exploitation du sol en qualité de producteurs et celui des autres classes composé de la masse des consommateurs.

On s’est moqué longtemps d’une armée dont tous les membres, ou peu s’en faut, étaient décorés du titre de “colonels”. Du train qu’on y va chez nous, il n’y aura bientôt plus que des consommateurs. C'est-à-dire que l'abandon de la terre, par ses eff: léprimants sur le volume de la production, devient une itable plaie sociale.

Tout le monde s’attable au banquet des cités pour consommer des aliments que la glèbe se refuse à produire, doubie phénomène désigné par les termes connus de “congestion des villes” et de “dépopulation des campagnes”.

C’est le règne du désordre économique, ni plus, ni moins.

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