STATIONS DE DEMONS TRATION
Comme second moyen d'éducation et de propagande agricoles, les fermes modèles en miniature, appelées communément fermes-exemples, ou stations de démonstrations, me semblent avoir la plus grande efficacité Pour vulgariser Promptement, parmi les masses, les méthodes de la culture raisonnée et Progressive. Leur enseignement associe le genre pédagogique aux leçons de choses, aux démonstrations et aux exemples qui tombent sous les sens.
Qui redira la force morale de Pexemple ?
Les événements tragiques qui se passent en Europe viennent d’en fournir un spécimen frappant, encore qu’il soit des plus communs en ces temps d’héroïisme communicatif.
Placée à la lisière d’un bois qui offre un abri relatif, une
compagnie d’infanterie française reçoit l’ordre d’avancer dans la plaine balayée à l'instant Par un ouragan de mi-
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traille et de feu. Une seconde, les hommes hésitent, cons cients du péril affreux qu’il faut affronter. A cette vue le capitaine s’avance le premier, allume tranquillement une cigarette et, se retournant avec le plus grand sang-froid
vous ?!!,,, Et tous partent comme un seul homme, brayant Mille morts Pour exécuter une Manoeuvre peut-être indispensable au succès commun,
Tel est, messieurs, l'effet tout-puissant de exemple. 1] instruit et il entraîne; il stimule et il féconde leffort de l'homme ; il lui fait exécuter, à l'heure et de la façon requises, Vaction qui s'impose, “Tustrant” je tour, la manière d’agir pour obtenir le succès désiré, il &5 le meilleur auxiliaire de l'intelligence et de la volonté, parce qu'il traduit ‘une et l'autre en une oeuvre tangible,
quer peuvent être excellentes, mais sont trop espacées et manquent de démonstration Pratique. Leur effet ressemble à celui des Prospectus, ou des Catalogues, sur lesquels le cultivateur jette un oeil distrait sans en prendre plus ample
Permanent pour tout Je voisinage, Moyennant une légère rétribution ou prime de Ja part des autorités, ces dernières assureraient de la sorte un enseignement Pratique et vraiment efficace. L'exemple sera toujours le levier le plus
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puissant du Progrès. N'est-ce Pas par la fréquentation et le contact des cultivateurs écossais des cantons de l’Est que
nom de “fermes-exemples ;” et les services qu’elles rendent sont inappréciables. Ce qu’on pourrait faire de bien dans notre province par la dépense intelligente d'un million, d'un tout petit million Pour cet objet !—Je me contenterais, au besoin, d’une ou deux stations de démonstration pour chaque manège militaire construit au Canada, à seule fin
de maintenir l'équilibre de choses, qui doivent se compléter et non s’exclure. (1)
Assurément Jes mânes de Cartier tressailleraient d’aise à la réalisation d’un tel voeu, car le fondateur de notre milice aimait av-ci beaucoup la culture de la terre, à la-
quelle il conjuruit les Canadiens de s’attacher... éperdument !
J’ai décrit ailleurs (2) ce qu'est la ferme-exemple, ou station de démonstration. Telle que pratiquée dans certaines Campagnes françaises et belges, c’est un admirable organisme d’éducation et d'instruction agricole. Il n'est pas trop compliqué et d’imitation plutôt facile. Les représentants du ministère de l'agriculture sont chargés d’acheter, ou simplement ivuer dans une commune une ferme destinée à vulgariser les Pratiques de cultures les plus profitables à la région. Elle est connne sous le nom de fermeécole, ou “moniteur”. L’intendant, ou gardien en charge de la propriété choisie, est ter-, par son contrat et moyen-
(1) Au budget de l’e 32,550,000 est attribuée à la Militaires, de baraques, etc.
(2) Conférence à l’Union Catholique de Montréal, le 18
février 1912, sur les “ auses générales de la vie chère et ses remèdes”,
xercice 1914-15, une somme de 1 #Hon de ane 4°-xercices
sant un prix arrêté, d’avoir à la grains de semence, plants #Dgrais, échantillons, outils, etc. de faire l'élevage de telles espèces de volailles, lapins, abei les, etc. ; de Sarder tels animaux reproducteurs spécifiés, ] est tenu de recevoir tous les ans, durant une semaine ou da Yantage, l'ingénieur agricole, ou conférencier du Souverne.
ment, qui vient donner, sur Place, un cours d’enseignemen Pratique aux fermiers. D’ordinaire,
Cours se donne l’avant-midi. Le reste du sur le terrain, au dehors, tion des enseignements
Propice à la culture de la
disposition des gens te
tage du fruit mûr pou: :
ce sera Ja culture du tab
ou septembre, Pour constater Je résultat de ses leçons, examiner la récolte obtenue et Préparer les Prochaine saison. ;
Tout le monde, hommes, assistent à ces assises de l’édu nisée dans ces pays.
femmes, vieillards, enfants cation Populaire, si bien orga-
ns peine les résultats féconds de semblables Méthodes, qui, règle générale, n’ertraînent pas de frais
ute, il en coûterait quelque chose Pour établir d’emblée Je “système” au Canada; mais il n’est pas nécessaire de Procéder à la Vapeur et de tout entreprendre à la fois, Nul district n’est Plus favorable à une expérience concluante que celui de Montréal Pour les raisons déjà
signalées et particulièrement pour l'excellence de son marché. Avec la somme requise pour établir une ferme expérimentale, telle qu’on les comprend en ce pays, on pourrait organiser de douze à quinze stations de démonstration et avec combien plus de résultats pratiques! L'expérience en est acquise: les grandes fermes modèles ne servent qu’à une élite, par exemple à la formation d’un personnel enseignant. Elles sont d’accès trop difficile pour la masse du peuple, qui n’en retirera jemais ce qu'elles lui coûtent. I] n’en est pas ainsi des fermes-exemples, qui joignent aux avantages fournis par les premières celui d’un enseignement pratique autant que substantiel et tangible.
La collaboration des Pouvoirs, fédéral, Provincial, de district et même de paroisse, pourrait être mise à contribution pour réaliser, sans plus de retard, le projet le plus utile qu'on ait jamais soumis en ce Pays. Pourquoi hésiter ?
Si m'en souvient, la Commission de Conservation l'avait adopté et fait sien, une année ou deux passées. L’a-telle oublié, ou renié, ou expérimenté ailleurs que dans notre province ?
La chose est bien possible. Dans tous les cas, il est malaisé d’expliquer l'indifférence, pour ne pes dire la répulsion, qu’éprouvent à son égard ceux qui, Par position, ont le devoir d’encourager le progrès de l’agriculture. Serait-ce une phobie ?
Les fermes-exemples ont pourtant fait leurs preuves dans tous les pays assez avancés Pour en user.
Au chapitre de l’éducation agricole, le temps me permet à peine de mentionner les écoles ménagères, si favorablement connues pour leur oeuvre bienfaisante, destinées à rendre de plus grands services encore dans l'avenir; les coopératives dont les réunions sont un foyer d'éducation mutuelle; les orphelinats agricoles, véritables pépinières d'agriculteurs et d’aides-fermiers futurs: deux institutions
EX
N'oublions Pas qu’il faut commencer par le commencement, c’est-à-dire s’adresser tout d'abord à
deux raisons Principales : la première Parce qu’il n’aura Peut-être pas l'avantage d'en fréquenter d'autre; et la seconde, ainsi qu'on l’a VU, parce qu'étant né et destiné,
Des foyers Stables, habités Par une race forte et féconde, Voilà le base la plus solide à édifier. Tout le reste viendra Par surcrooît. |
Et Tappelons-nous enfin cette sentence d’un écrivain SYMmpathique aux Canadiens-français -
Et enfin, , la proporter de la e réforme
de l’éduclamer à tre prinnquante rand esétat de vec rai.
et perns une et les > vérir à la > et à é des " par rd à pour qu'il ; et iné, ind ag-
“L'abandon des Campagnes est un crime contre la patrie, à peu près comme le serait l’abandon de Ja langue et de la foi des ancêtres.”