‹ La rénovation agricole [microforme]Chapitre 10 sur 15 · MAIN-D'OEUVRE — BUREAU DE PLACEMENT · texte numérisé non relu

MAIN-D'OEUVRE — BUREAU DE PLACEMENT

Immédiatement à la suite de l’éducation et servant à la compléter comme moyen de développer la production agricole, se place la main-d'oeuvre représentant la force physique ou l'instrument qui sert à exécuter Jes conceptions du cervea”.

Le manque de Main-d’oeuvre est l'un des plus .grands inconvénients dont souffre l’agriculture Canadienne. A certaines saisons de lannée, les cultivateurs éprouvent de telles difficultés à s’en Pourvoir, qu’ils en ressentent un fort découragement et se rebutent à la tâche. Nous avons vn précédemment de quelle manière disparaît la classe intéressante des aides-fermiers, dont l'emploi général des machines aratoires et la culture exclusive du foin et des réréales ont fait cesser lutilité. On ne saurait évidemment Compter au nombre des métiers réguliers celui qui n’a d'emploi que durant cinq ou six semaines de l'année. Ses membres, peu à peu, sont forcés d’edopter d’autres occupations.

Cependant il faut de la main-d'oeuvre pour implanter la culture intense dans nos Campagnes. De là la nécessité d’une Propagande organisée dans le but de s’en procurer ; de là la nécessité de l'organisme connu sous le nom de “Bureaux de placement”, dont Pobjet est d’en recruter par des méthodes suivies. I] n'y a guère maintenant d'ocxu- Pation ou de métier qui "’ait son bureau de recrutement et de placement.

À en juger par les besoins de l’agriculture aans le district de Montréal et ses environs, tel organisme devrait

exister depuis longtemps et fonctionner d'une manière trè: active ici, Or il brille par son absence; et cette lacune

vrai mouvement de retour à la terre; un bureau qui soit un centre d'informations et d'études, un foyer d’action efti. cace, doué d'initiative et de moyens Proportionnés à Ja

La première application de son énergie devrait aller aux “sans-travail” de cette ville, qui étaient autrefois cultiva-

charité bien ordonnée. (1)

Puis, comme contre-coup de la Buerre, nous pouvons être eûrs qu'il arrivera bientôt beaucoup d’immigrants, dont un certain nombre tout à fait bienvenus et d’autres... qui le seront moins. Il faut se Préparer à recevoir cette “visite”, en essayant de distinguer les bons éléments des

contraire à nos plus chers intérêts.

La durée de Ja crise économique et de la guerre qui l'aggrave étant inconnue, la tâche de trouver à tout ce monde de louvrage en dehors de la ville prend une importance

(1) La Chambre de Commerce de Régina Drépare des plans Dour rendre à l’industrie agricole un grand nombre de culti- Vateurs qui ont émigré dans les villes.

“Le Temps” d'Ottawa, 9 d£cembre 1914.

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cherche de positions et d’occupations convenables pourrait être facilitée par des annonces dans les journaux d'abord, puis par la correspondance directe avec les sociétés d'agriculture, les cercles agricoles, les coopératives etc, et enfin par les visites multipliées d’agents compétents. La publication de simples feuilles hebdomadaires ou mensuelles pour distribution aurait aussi bon effet.

J'admets que tel service aurait dû être établi dès le début de la crise, il y a près de deux ans. C’est dire combien nous sommes en retard et quels efforts il faut déployer pour regagner le temps perdu ; car le mal s’est beaucoup aggravé.

Je suggère donc que le pouvoir fédéral, par l'entremise da ministère de l'Intérieur, ou du Travail, ou de l’Agriculture, ou bien encore par leur coopération commune, soit prié d'installer d'urgence, à Montréal, un bureau de placement et de promotion agricoles à l'intention des nombreux “sanstravail,” jadis cultivateurs, qui pourraient être renvoyés tout de suite à la Campagne pour les utiliser dans des occupations diverses. Les Français et les Belges, déjà dans nos murs, comme ceux qui vont arriver dans un avenir très prochain, les suivraient sans peine. Il y a moyen de former ainsi une organisation capable de fonctionner efficavement dès la fin de cet hiver, temps où commencent les premières opérations de la culture maraîchère.

J’ai suggéré la collaboration du ministère du Travail, parce que le placement des ouvriers de la terre, comme celui des autres classes, l’intéresse directement et relève de la question de l’organisation du travail en génénral. Quant au ministère de l'Agriculture, l’opportunité de son intervention est évidente. Il devrait même exister, au bureau de placement projeté, une division dite de la “propagande agricole,” contenant toute la littérature distribuée par ses employés à Ottwa, par les diverses fermes expérimentales et par toutes les institutions qui en relèvent.

de main-doeuvre agricole, dont l’absence a contribué largement à tenir notre Province dans linfériorité économique.

Ne l’oublions Pas: des milliers de cultivateurs sont prêts à faire, demain, de la culture intense, si Pon veut bien mettre à leur disposition une Main-d’oeuvre appropriée, à des prix raisonnables.

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