CHAPITRE V
Le commerce sibérien et le transit du thé.
Caractère spécial du commerce sibérien; importance du transit du thé. — Kiakhta. — Les arrivages annuels de thé à la douane d'Irkoutsk. — Route suivie par le thé de caravane; lenteur et frais élevés des transports. — Comparaison de la voie de terre par Kiakhta et de la voie de mer par Odessa. — Avantage que retire la Sibérie de l'existence de droits différentiels. — Autres articles de commerce. — L'exportation des grains.
Le commerce est beaucoup plus développé en Sibérie que l'agriculture et l'industrie. C'est lui qui est l'origine de toutes les grandes fortunes sibériennes et des capitaux considérables y sont engagés, mais il a un caractère tout spécial. Le commerce sibérien est avant tout un commerce de transit. En dehors du transport de l'or effectué par le gouvernement, qui en est le seul acquéreur, les seuls articles d'exportation sont quelques céréales et quelques fourrures ; l'importation se borne aux articles manufacturés nécessaires à une population clairsemée et très primitive, dont les besoins sont faibles; les transports d'un point à un autre de l'intérieur sont rares parce que les produits des diverses provinces de la zone cultivable, presque seule habitée, se ressemblent
et qu'elles se suffisent notamment en céréales et en bétail; l'approvisionnement des camps miniers et des rares villages du Nord, pour difficile qu'il soit souvent, ne saurait donner lieu à un mouvement considérable. Bref le commerce de la Sibérie — l'or toujours mis à part — serait presque insignifiant, s'il n'était relevé par le transit du thé. De même qu'en Angleterre, l'infusion obtenue à l'aide des feuilles de cette plante chinoise est devenue, en Russie, la boisson universelle; peut-être même est-elle plus indispensable aux Russes qu'aux Anglais; ils en absorbent aisément douze ou quinze verres par jour, ils portent presque toujours avec eux, en voyage, leur propre thé, avec leur sucre, afin de n'en jamais manquer; le samovar, cette véritable chaudière à foyer central qui permet de faire, en quelques instants, de l'eau bouillante et de la maintenir toujours à cet état, se trouve sur toutes les tables, même dans les plus pauvres demeures, et c'est la première chose dont se munisse un moujik en se mettant en ménage. Les Russes boivent l'infusion de thé très légère, versant un grand nombre de fois de l'eau sur les mêmes feuilles; chez le paysan surtout, cette opération se répète indéfiniment, à tel point qu'il finit par ne plus boire que de l'eau chaude à peine colorée. C'est ce qui explique qu'en dépit de l'usage universel du thé il en entre à peu près trois fois moins dans l'empire des tsars qu'en Grande-Bretagne.
C'est par terre que les Russes sont venus en contact avec la Chine, à la fin du xvne siècle; c'est donc par terre que le commerce du thé s'est établi d'abord entre les deux pays, et s'est fait exclusivement jusqu'au milieu de ce siècle. Le point où ce commerce est presque entièrement concentré, par où
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passe, à très peu de chose près, tout le thé qui entre en Sibérie pour être de là transporté en Russie, est la bourgade de Kiakhta, à 270 verstes au sud-est d'Irkoutsk, à vol d'oiseau. Mais la distance par la route de poste n'est pas moindre que 640 verstes; il est vrai qu'on ne suit cette route en entier que pendant deux courtes périodes de l'année : l'une au mois de décembre et l'autre au printemps, au moment où l'état des glaces sur le lac Baïkal oblige à le contourner; le reste du temps on traverse simplement le lac, en traîneau l'hiver, en bateau à vapeur l'été, ce qui fait gagner 140 verstes; la route de poste fait encore un long détour après le Baïkal en suivant la vallée de son grand affluent, la Selenga; aussi le plus court est-il de prendre, en débarquant sur la rive orientale du lac, le chemin de commerce construit et entretenu par les marchands de Kiakhta et où l'on trouve aussi des chevaux de trente en trente verstes moyennant un tarif un peu plus élevé que celui de la poste : un rouble et demi par relai et par cheval. Cette route, coupant à travers le massif montagneux de l'Ahmar-Daban, qui sépare le lac de la rivière Selenga, s'élève jusqu'à 1 350 mètres d'altitude, à près de 1 000 mètres au-dessus du niveau du Baïkal ; elle n'est pas plus fatigante que l'autre, qui monte et descend souvent à travers des collines sablonneuses où le tirage est dur; elle a l'avantage de mettre Kiakhta à 315 verstes d'Irkoutsk seulement et elle est, en outre, pittoresque, ce qui est rare en Sibérie. Le ravin boisé de superbes arbres verts par lequel elle s'élève et les rives mêmes du lac, escarpées, couvertes de beaux mélèzes, rappellent un peu l'Ecosse; et ces paysages de montagnes, appréciables en tout pays, paraissent imposants, presque grandioses, après les plaines sans
fin de l'ouest et même les molles ondulations, les croupes à pentes douces que parcourt la grande route entre Krasnoïarsk et Irkoutsk.
Kiakhta est une ville en partie triple : la ville de Troïtzkosavsk à 3 kilomètres au nord de la frontière russo-chinoise, le bourg de Kiakhta à la frontière même, mais en territoire russe et, tout à côté, séparée seulement par un terrain neutre large d'une centaine de mètres, la ville chinoise de Maïmatchin. Troïtzkosavsk est la plus importante des trois; elle est vraiment agréable à voir lorsqu'on l'aperçoit du sommet de la colline dont on a péniblemeut grimpé l'autre revers :
Sur un chemin montant, sablonneux, malaisé Et, de tous les côtés, au soleil exposé,
où mes trois chevaux ont grand mal à hisser mon tarantass et où les mouches ne manquent pas. Dès qu'on entre en ville, la route, bordée de maisons de bois à la façade peinte en couleur claire, devient excellente, les rues latérales elles-mêmes sont propres; l'ensemble a l'air cossu et forme la ville la mieux tenue que j'aie vue en Sibérie. On s'aperçoit que le commerce du thé fait fivre largement tous ceux qui y tiennent de près ou de loin et l'on peut constater aussi la générosité bien entendue des personnes riches ou aisées de la ville. Sur la route, qui forme la grande rue, se voit d'un côté un grand bâtiment de briques, au crépi d'un blanc éblouissant comme c'est l'usage, et en face un autre, inachevé encore celui-ci. Le premier est une école réale *,
1. Les Russes appellent, comme les Allemands, écoles réaies les institutions où l'on donne un enseignement analogue à notre « enseignement moderne ».
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construite avec des fonds qui devaient servir d'abord à élever des casernes, dont on n'a pas eu besoin, et entretenue par les marchands de la ville; les enfants y sont admis moyennant une rétribution très faible ; le second bâtiment est une école primaire, gratuite naturellement, et pour laquelle l'argent nécessaire a été réuni à l'aide d'une souscription.
A Troïtzkosavsk, qui compte 7 000 âmes, habitent plusieurs des principaux marchands de thé; mais c'est à Kiakhta, à la frontière même, que la précieuse denrée est manipulée. Une route empierrée, excellemment entretenue, mène à cette bourgade à travers une triste vallée, bordée de collines de sable que couvrent mal des pins clairsemés et rachitiques; les montagnes bleuâtres delà Mongolie ferment l'horizon du sud. Des maisons de marchands, peintes en blanc, une église de la même couleur, d'une rare richesse à l'intérieur avec ses candélabres en argent massif et son iconostase du même métal aux colonnettes de cristal; un peu plus loin, quelques isbas, où logent des ouvriers; enfin, à demi cachés derrière l'église, les vastes bâtiments bas du Gostiny-Dvor — l'entrepôt de thé, — voilà tout Kiakhta. C'est par cette porte qu'entrent chaque année, dans l'empire russe, 20 à 25 millions de kilogrammes de thé valant, avant le paiement des droits de douanes, 40 à 50 millions de francs.
Voici, du reste, les chiffres exacts relatifs aux thés enregistrés durant les cinq dernières années à la douane d'Irkoutsk *, d'après les documents
1. Toute la partie de la Sibérie située à l'est du Baïkal forme en effet une zone franche, où il n'y a pas d'administration des douanes. Seuls les spiritueux, le tabac, le sucre, les huiles minérales, les allumettes et en général tous les articles dont les
que Padministration locale a bien voulu me commu-
niquer :
Poids Valeur
Années. du thc en pouds. en roubles-crédit. (1 poud = 16 kilog. 80.)
Le thé arrive surtout à Kiakhta en hiver, du mois de novembre au mois de février : en décembre et janvier, il n'est pas rare d'y voir décharger jusqu'à 5 000 caisses par jour; le nombre total des colis entrés à la douane d'Irkoutsk a été en 1896 de 412 869; en hiver l'encombrement y est énorme : 60 000 caisses de thé s'entassent parfois sous ses vastes hangars. La récolte du thé a lieu, dans les provinces centrales de la Chine, au printemps, la première cueillette des feuilles se faisant en avril, la quatrième et dernière en juin; le produit de celle-ci, fortement comprimé, sert à faire le thé en briques, denrée de qualité inférieure qui n'est consommée que par les très pauvres gens. Le grand marché du thé est Han-Kéou, sur le Yang-tze-Kiang : toutes les grandes maisons russes y ont des représentants qui font les achats et les leur expédient soit par la voie de mer
similaires produits à l'intérieur sont soumis à des droits d'accise, payent des droits de douane, perçus par l'administration de l'accise lorsqu'ils sont importés aux ports sibériens du Pacifique. Toutes les autres marchandises n'ont à acquitter de droits que si elles sont destinées aux parties de l'Empire à l'ouest du Baïkal, et le font alors en traversant Irkoutsk, lieu cle passage obligé. Les thés de Kiakhta font cle même, ils constituent la quasi-totalité du thé passant à Irkoutsk, les importations faites par l'Amour étant très peu considérables et destinées presque uniquement à la consommation des riverains du fleuve.
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Singapore-Suez-Odessa, soit par Kiakhta. Il ne faudrait pas croire toutefois que le « thé de caravane », comme on appelle communément celui qui vient en Europe à travers la Sibérie, ne soit transporté que par voie de terre : il utilise largement les voies d'eau ; c'est, du reste, me dit-on, un préjugé, encore assez répandu cependant, même en Russie, que d'attribuer au transport par eau une influence défavorable sur le thé. En tout cas, s'il en était ainsi, aucun thé n'y échapperait . Celui qui est destiné à Kiakhta va d'abord, en effet, par bateau jusqu'à Tien-Tsin, remonte encore le Peï-Ho sur des jonques et n'est chargé sur des chameaux qu'à Khalgan, au pied de la Grande Muraille. Il doit franchir alors près de trois cents lieues de désert pour arriver à Ourga, la ville sainte de la Mongolie, qui se trouve à 250 kilomètres au sud de Kiakhta. Les transports par chameaux ne peuvent commencer qu'au mois d'octobre, lorsque les routes sont raffermies par les premiers froids et que les chameaux sont revenus du pâturage où ils paissent la plus grande partie de l'été. Ces animaux sont loués aux Mongols et il y a grande concurrence, au début de la saison, entre les représentants des diverses maisons russes qui veulent tous réunir le plus grand nombre de chameaux possible pour être les premiers à apporter sur le marché le nouveau thé de l'année. Une certaine quantité de thé est aussi amenée à Kiakhta sur de petites charrettes mongoles qui s'en retournent en emportant chacune trois morceaux de bois, article fort commun en Sibérie, mais rare et cher en Chine, où il est revendu avec profit.
A Kiakhta, les chameaux sont déchargés; les caisses d'osier qui contiennent chacune de 3 à 5 pouds
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et demi de thé sont débarrassées de la légère étoffe de poil de chameau qui avait suffi pour les protéger pendant le transport à travers le désert de Gobi, où la pluie est presque inconnue; pour parcourir sans avarie la Sibérie il faut une enveloppe plus solide et plus imperméable : elle est constituée par de la peau de chameau, portant encore son poil, qu'on tourne en dedans. Peu d'odeurs sont aussi détestables que celle qui règne dans l'atelier où a lieu cette manipulation. Les briques de thé, du poids de 2 livres et demie chacune, marquées au centre du chiffre de l'importateur, sont déballées aussitôt, époussetées, triées pour séparer les briques avariées, qui sont mises à part pour être vendues au rabais, et rempaquetées enfin. Caisses de thé en feuilles et thé en briques, tout est alors chargé sur des traîneaux (l'hiver est la grande saison des transports) à l'attelage desquels sont employés tous les chevaux des paysans de la région, et transporté par la route commerciale vers le Baïkal : on change d'attelages à mi-chemin, c'est-à-dire à quelque cent kilomètres de Kiakhta. Le lac est traversé en traîneau, ou en bateau s'il n'est pas encore pris, car il ne gèle que dans les derniers jours de décembre. Une fois de l'autre côté on franchit encore en traîneau 60 kilomètres jusqu'à Irkoutsk, où l'on passe à la douane : quelques caisses prises au hasard sont examinées, puis elles sont toutes munies de plombs au cachet de l'administration et peuvent reprendre leur marche vers l'Oural, en traîneau. Les oremiers thés arrivés utilisent ce mode de locomotion jusqu'à Irbit, ville située sur le versant asiatique de l'Oural, mais déjà en dehors des limites officielles de la Sibérie dans le gouvernement dePerm. Une grande foire y a lieu du 1er février au 1er mars et l'on s'y rend
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de tous les points de la Sibérie : le thé de Chine, les fourrures du Nord et de l'Est, les articles manufacturés de la Russie d'Europe y font l'objet de très importants échanges dont la valeur totale annuelle s'élevait, aux environs de 1880, à plus de 50 millions de roubles : en 1893, sur 48 409 000 roubles (130 millions de francs) de marchandises apportées, à la foire d'Irbit, il s'en est vendu 41 083 000 roubles (110 millions de francs), marquant un notable relèvement sur le chiffre d'échanges de l'année précédente (34 millions de roubles).
La plupart des thés n'arrivent dans la région de l'Obi qu'au commencement d'avril, les traîneaux lourdement chargés ne marchant guère qu'au pas et les arrêts étant fréquents. Le dégel ayant lieu à ce moment, on utilise la voie d'eau, moins dispendieuse, et ce sont des bateaux qui les portent de Tomsk à Toura et à Tioumen, stations terminus du chemin de fer de l'Oural par lequel ils arrivent à Perm, où ils prennent de nouveau la rivière Kama, puis le Volga qui les amène à Nijni-Novgorod, l'un des principaux centres du commerce du tbJ en Russie; les chemins de fer peuvent de là le répandre dans tout l'Empire. Pour le thé qui arrive tard à Irkoutsk, on emploie encore plus longtemps la voie d'eau, en lui faisant descendre l'Angara jusqu'à son confluent avec l'iénisséi dans de grandes barques, très sommairement construites, qui suivent simplement le fil de l'eau; comme il est impossible de remonter cette rivière coupée de nombreux rapides, les barques sont ensuite vendues sur l'Iénisséi comme bois de chauffage. Par cette route on n'a que 500 kilomètres environ à faire par voie de terre de l'Iénisséi à Tomsk et môme 200 seulement de l'Iénisséi au Ghoulyme, affluent de l'Obi
navigable au début de l'été : on cherche encore à réduire le trajet par terre en utilisant diverses petites rivières. Afin de se servir autant que possible des cours d'eau, quelques négociants font même parfois quitter à leurs thés la route habituelle en territoire chinois avant d'arriver à Ourga, et les dirigent par Ouliasoutaï, ville de la Mongolie occidentale, sur les eaux supérieures de l'Iénisséi : des radeaux les amènent alors à Minousinsk et Krasnoïarsk, d'où l'on gagne, de la même manière que pour les thés venus par l'Angara, le Ghoulyme et l'Obi.
On voit combien cette route est longue : les thés récoltés au printemps arrivent à Kiakhta en novembre au plus tôt, en décembre et janvier le plus souvent, et ne sont en Russie d'Europe qu'un an après qu'ils ont été cueillis. On juge ainsi combien, avec tous les transbordements qu'il nécessite et les risques d'avarie, ce transport doit être dispendieux. De fait, d'après les chiffres officiels, datant de 1893 — les frais se sont peut-être un peu, mais bien peu, réduits depuis, — voici comment se décomposait le coût du transport d'un poud de thé en feuilles de Han-Kéou à Nijni- Novgorod :
De Han-Kéou à Kiakhta par Tien-Tsin et Ourga. 7,28 Manipulation à Kiakhta et transport à Irkoutsk. . . 3,00 D'Irkoutsk à Nijni (par traîneau jusqu'à Tomsk,
Par Nicolaïevsk, à l'embouchure de l'Amour en remontant ce fleuve, les frais sont à peine moindres, à cause du mauvais état des routes en Transbaïkalie.
Roubles.
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Par contre, de Han-Kéou à Nijni, par mer jusqu'à Odessa, à travers le canal de Suez, et par chemin de fer ensuite, les frais de transport d'un poud de thé ne s'élèvent qu'à 6 roubles.
Tout ce grand commerce de Kiakhta est donc aujourd'hui, il faut l'avouer, entièrement artificiel. Il ne subsiste que grâce à une différence énorme dans les droits de douane, qui sont à Odessa de 21 roubles or 1 par poud sur toute espèce de thé et à Kiakhta de 13 roubles or sur le thé en feuilles et de 2 roubles e demi seulement sur le thé en briques. C'est là un très grand privilège, car il faut remarquer que le thé en briques est principalement consommé en Sibérie par les populations pauvres à l'est du Volga; la plus grande partie du thé en feuilles est envoyée en Russie. Ce n'est donc pas d'un dégrèvement pour la consommation locale, assez naturel dans un pays neuf, que profite la Sibérie, mais d'un privilège pour le transit d'une denrée, transit qui procure à ses habitants de gros bénéfices, qui fait même vivre, comme nous l'avons fait remarquer plus haut, toute la population de la grande route postale. En un mot, c'est une subvention que les consommateurs russes paient à la Sibérie; car si le thé arrivait par Odessa, comme cela aurait lieu en l'absence de tout droit différentiel, le Trésor pourrait encaisser la même somme tout en percevant à ce port un droit moindre et le thé serait moins cher en Russie.
Ce produit est, en effet, l'un de ceux qui méritent d'être bénis par tous les gouvernements du monde; il en est peu qui supportent autant de droits variés et qui rapportent autant à tous les fiscs de la terre.