Le rouble or vaut 4 francs ou 1 rouble crédit et demi
LE COMMERCE SIBERIEN ET LE TRANSIT DU THÉ 6b"
Qu'on en juge : la valeur moyenne d'un poud de thé en feuilles, arrivant à la douane d'irkoutsk, est de 22 roubles. Il a déjà eu à ce moment à supporter les frais de transport de Han-Kéou à Irkoutsk, des frais d'assurances, etc., soit un peu plus de 11 roubles, il doit payer à la douane 13 roubles or, soit 19,50 roubles crédit, et il lui en coûtera encore 6 roubles pour arriver à Nijni; en tenant compte encore de l'intérêt de 1 r. 42 sur le capital engagé, voilà donc un produit d'une valeur originelle de moins de 10 roubles sur les lieux de production qui arrivera sur le marché valant 48 roubles, près du quintuple. Si le thé était venu par Odessa, le prix aurait été le même, mais sur les 48 roubles, 31,50 seraient revenus au fisc au lieu de 19,50. La plus grande partie du thé en feuilles venant par Odessa1, le consommateur russe qui achète 1 rouble une livre de thé verse, en moyenne, plus de 50 copecs au Trésor. Le montant total «des droits perçus à la douane d'Irkoutsk était, en 1896, de 10003 447 r. 38 c.
En dehors du thé, le commerce par terre de l'Empire russe avec la Chine est très faible : 1500000 à 2500 000 roubles suivant les années à l'exportation de Sibérie, produits manufacturés pour la plupart, parmi lesquels le cuir de Russie tient le premier rang ; 200000 à 800 000 roubles à l'importation, dont la plus grande partie est formée d'une étoffe de bourre de
1. En 1892, dernière année pour laquelle nous ayons des renseignements relatifs aux poids de thé importés par les diverses frontières, sur une importation totale de 2 142 107 pouds de thé, 798 980 venaient par les frontières européennes (Odessa principalement), et 1 217 046 par Irkoutsk. Tout le thé arrivant directement en Europe était du thé en feuilles; à Irkoutsk, on comptait 379 000 pouds de thé en feuilles, 806 000 pouds de thé en briques et 32 000 pouds de thé en gâteau, sorte intermédiaire.
LA SIBÉRIE
soie, légère et très solide, que l'on porte beaucoup en Sibérie durant l'été.
Le commerce de la Sibérie avec la Russie d'Europe, en dehors du thé en transit, se compose principalement de grains : il est difficile de le connaître exactement, surtout aujourd'hui que le chemin de fer transsibérien poussé jusqu'à l'Iénisséi lui a ouvert une nouvelle voie; jusqu'à ces dernières années, il passait presque tout entier par l'Obi et l'Irtyche, de Tomsk à Toura et Tioumen, et les marchandises prenaient là le chemin de fer de l'Oural. En 1891, on avait ainsi expédié de Toura, point terminus asiatique, 4 855 000 pouds de produits sibériens et il y était arrivé 2 302000 pouds de marchandises russes. Les exportations de grains et de farines atteignaient 3 930000 pouds ou 80 p. 100 du total, dont 2195000 pouds de froment et 145 000 de farine de froment, s'arrêtant pour la plupart dans la région industrielle de l'Oural même. En outre, il y avait 492 261 pouds de thé dont 480 000 étaient destinés à l'intérieur de la Russie. Depuis il est très difficile de se rendre compte de ce commerce, à cause de la multiplicité des voies ouvertes et des complications apportées par le transport du matériel de chemin de fer. L'augmentation, destinée à être très considérable un jour, ne l'a sans doute pas encore été jusqu'à présent.