L'ANGLETERRE
C’est à ce pays que revient l'honneur d’avoir donné le jour au premier novateur et au premier propagandiste de l'idée : Th. Hare et Stuart Mill.
Le 27 mai 1867, St. Mill, prononçait à la Chambre des Communes un discours retentissant à propos du dépôt d'une proposition de loi dont la portée dépassait de beaucoup celle de l'amendement de Lord Cairns et qui bouleversait les principes traditionnels de l’organisation électorale du Royaume-Uni.
Le nombre des membres du Parlement attribué à chaque collège électoral, au lieu d'être fixé, aurait été déterminé pour chaque élection d’après les règles suivantes: prendre le nombre total des votes émis dans tout le royaume pour la même élection ; diviser ce nombre par 658 prendre le quotient et négliger la fraction s'il y en a une.
Chaque collège nommera un nombre de membres‘égal au nombre de fois que ce quolient sera contenu dans le total des votes émis par ses électeurs.
Chaque élecleur aura le droit de voter oralement ou par écrit. S'il vote par écrit le bulletin de vote contiendra une liste de noms disposés suivant l’ordre de ses préférences. Le vote écrit comme le vote oral, ne pourra être compté qu’à un seul candidat, mais si le candidat dont le nom se trouve
en tête de la liste a déjà un nombre de voix suffisant pour
être élu, le bulletin sera compté au candidat dont le nom est porté en deuxième ligne.
Pour être élu, il faudra obtenir, soit dans un seul collège, soit en réunissant des votes émis dans des collèges différents, un nombre de voix égal au quotient indiqué ci-dessus. Si le quotient n’est pas obtenu par 658 candidats on prendra pour compléter le chiffre de 658, ceux des candidats dont le nom aura réuni le plus de suffrages. Chaque membre représentera le collège dans lequel il aura eu le plus grand nombre de voix. Il sera pourvu aux vacances qui se produiront par suite de la nomination à une fonction publique, de l'élévation à la pairie ou à la mort d’un membre du Parlement, par le groupe ou la majorité du groupe de votants qui ont élu le dernier titulaire.
« L’amendement que je soumets à la Chambre des Communes, dirait St. Mill n'est pas inspiré par l'esprit de parti. Le principe que je défends ne relève ni de la démocratie, ni de l’aristocratie, il n'est ni tory, ni whig, ni radical ; à vrai dire, il doit entrer dans le patrimoine de tous les partis si ceux-ci préfèrent à une série de triomphes passagers un traitement toujours conforme aux principes de la justice, car loin de permettre à un parti d'abaisser tous les autres, son admission aurait pour résultat de sauver ceux qui risquent d’être écrasés (1) ».
Quelques temps auparavant, St. Mill avait fait paraitre