‹ La Représentation Proportionnelle Devant Les Chambres Françaises Étude D'histoire Parlementaire Et LégislativeChapitre 28 sur 73 · HN · texte numérisé non relu

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Constitution du 5 fructidor, an III (22 août 1795), étant donné que toutes les élections qui lont suivie se sont faites à la majorité.

I faut reconnaître qu'il était bien impossible d’exposer dans les réunions publiques autre chose que le principe même de la représentation proportionnelle, très juste en soi, et bien de nature à frapper et à conquérir les esprits. Mais entrer dans l'examen des systèmes et de leurs modalités si nombreuses, rechercher et comparer tous les moyens proposés pour que la répartition des sièges entre les listes ne heurte pas trop la justice, opposer même les uns aux autres les modes d’attribution des sièges dans lintérieur des listes, cela peut se faire dans une série de conférences cela ne peut pas se faire dans une réunion publique,

Nous pensons que l'opinion aurait gardé plus de réserve si elle avait soupçonné les difficultés qui se présenteraient ; toutes les réunions en effet, très nombreuses et très suivies, se terminaient par des ordres du jour acclamant la représentation proportionnelle,

Ce succès finit par inquiéter les milieux radicaux et radicaux-socialistes et deux autres groupes furent successivement fondés à la Chambre : le groupe républicain de la réforme électorale, sous la présidence de M. Klotz, pour rechercher, entre républicains seulement, dans quel sens et comment il convenait de modifier la loi électorale en usage; et le groupe républicain anli-proporlionnalisle, sous la présidence de M. Pelletan, pour combattre la représentation proportionnelle dans une campagne de réunions nou-

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velles, ou bien pour porter la contradiction dans les réunions du groupe proportionnaliste,

La vérité nous oblige à dire que les réunions contradictoires furent très loin de ménager aux proportionnalistes les mêmes succès.

Mais toutes, quelles qu’elles soient, contradictoires ou non, eurent un écho considérable, qui s’étendit sur le pays tout entier, et qui fut encore soutenu et prolongé par des organisations diverses.

B. La Franc-Maçonnerie. — Depuis longtemps déjà des Loges maçonniques s'étaient prononcées pour la réforme : en 1881 celle de Montpellier et, en 1884, celle de Clermont-Ferrand qui saisit de la question toutes les loges de France.

Le Congrès des Loges du Midi, tenu à Montpellier en 1897, celui des Loges du Sud-Ouest, tenu à Toulouse en 1898, et celui des Loges de la région parisienne tenu la même année, demandèrent, pour l’élection des députés, le scrutin de liste avec représentation proportionnelle.

En 1898, également, l’Assemblée générale des Loges du Grand-Orient de France vota à l'unanimité un ordre du jour qui se terminait ainsi : «Le Convent «du Grand-Orient de France déclare que l'application «du principe de proportionnalité en matière électorale «doit être mis en tête de tous les programmes de «réformes républicaines» (1).

(1) Dixième Congrès du Parti radical et radical-socialiste, à Rouen,

1910. — Brochure du Comité exécutif, p. 140. — Rapport de M. Louis Bonnet,

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Le même ordre du jour fut encore voté par le Convent de 1906; celui de 1908, ainsi que le Congrès des Loges du Sud-Est de 1909, se prononcèrent aussi pour l'application de la représentation proportionnelle aux élections législatives.

Enfin, en janvier 1910, la Loge Les Vrais Amis, de la région de Paris,adoptait et transmettait à toutes les loges de France un ordre du jour extrêmement énergique dont nous extrayons ce qui suit :

«Considérant que la Franc-Macçonnerie a proclamé «la nécessité et l'urgence de la réforme électorale; «….considérant qu'il est scandaleux et inouï que des «parlementaires appartenant à la Franc-Maçonnerie, «ou ayant sollicité et obtenu les suffrages d’électeurs «francs-maçons, en arrivent à dire, pour repousser «la réforme électorale, que la représentation propor- «tionnelle a été imaginée pour servir la réaction, «alors que, au contraire, elle disloque le bloc de droite, «supprime les coalitions électorales, libère les candi- «dats de la recherche et de la dépendance des appoints «substitue la doctrine à l'individu, la clientèle des «programmes à la clientèle des personnes, et rend à «peu près impossible le retour d’un boulangisme et «un accès de nationalisme;

«Qu'il n’est que trop évident que ces parlementai- «res méconnaissent les décisions des Convents «maçonniques, le devoir civique, l'intérêt de la Répu- «blique, et ne témoignent d’hostilité à la représenta- «tion proportionnelle que parce qu’elle amoindrirait «leur influence et compromettrait leur réélection ;.….

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