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«guer son droit dans la direction des affaires du pays «au citoyen qu’il juge le plus capable et le plus digne «de le représenter. Quel droit auraient donc ici, les uns, d’entraver, de paralyser, d’anéantir le droit «des autres? Quand vous réunissez 500, 1.000, 5.000 «électeurs dans un collège, quel droit la majorité de «ce collège a-t-elle d'empêcher la minorité d’être «représentée et, bien plus, de lui imposer ses repré- «sentants? Ou encore, au nom de quel droit plusieurs «minorités pourraient-elles légitimement ici se coali- «ser contre le ou les représentants de l'opinion la « plus nombreuse dans ce collège, afin de priver cette «opinion de sa représentation, quittes à être mal «représentées elles-mêmes par quelques produits «hybrides de leur transaction »?
«Évidemment, quand il s’agit, non d’une délibé- «ration, mais d’une représentation, la majorité, com- «pacte ou coalisée, ne saurait en aucune façon faire «la loi à la minorité.
«Eh bien, jusqu'ici, on a confondu ces deux votes, «et c’est cette confusion, établie dans les esprits, «entre le vote délibératif et le vote représentatif, «qui a faussé le système électoral et fait considérer «comme légitime, juste et raisonnable, ce qui est «illégitime, inique et monstrueux, l'oppression, «lanéantissement du droit des minorités dans «chaque collège électoral. »