‹ La représentation proportionnelle en WurtembergChapitre 43 sur 47 · D'après le « Beobachler » du 12 janvier · texte numérisé non relu

D'après le « Beobachler » du 12 janvier

Nationalistes (nuance françaiseanalogue) = 12 sièges

Sauvages —= vA'siese + 1 siège

douteux (c’est-à-dire que son titulaire se rapproche

plutôt du Bauerbund).

SecrTion III. — Les effets de la Représentation proportionnelle en Wurtemberg, et les opinions des divers partis au lendemain de la première expé-

rience.

Plus encore que l’électeur belge et que l’électeur suisse, l'électeur wurtembergeois à su faire justice des critiques que l’on adresse à la réforme proportionnaliste. Loin d’être rebuté par le nouveau mode de scrutin, il a voté avec un ensemble parfait, révélant ainsi son éducation électorale etla simplicité d’un système dont le mécanisme et le fonctionnement semblent pourtant si compliqués à nos adversaires,

D'autre part, grâce à la répartition plus équitable des sièges, tous les partis sont représentés au Landtag, proportionnellement à leur importance numérique et à l’influence qu’ils exercent sur les destinées politiques du pays.Il est vrai que la majorité parlementaire est indécise, puisque les partis de gauche et les partis de droite sont en nombre égal, et queles nationalistes, avec les 12 sièges qu’ils occupent, peu-

vent, à leur gré, donner voix prépondérante aux

39 membres de la gauche ou aux 39 conservateurs ; mais, nous avons dit qu’en Wurtemberg aucun parti politique ne dispose d’une forte majorité, et c’est cette considération seule qui explique la composition de la Chambre. D'ailleurs, on ne saurait reprocher à la représentation proportionnelle d’avoir fait obstacle à la formation d’une majorité parlementaire, puisque l’expérience limitée qu’on en a tentée en Wurtemberg ne s’appliquait qu’à un quart seulement des membres de la Chambre, et que les 23 membres qu’il s'agissait de remplacer étaient des membres privilégiés qui n'étaient pasissus du suffrage universel.

De tous les partis, le Centre s’est montré le plus discipliné, et dans beaucoup de districts, la proportion des votants a été de 99 0,0 des inscrits (1).

1. Cf. le Beobachter et le Schwäbischer Merkur du 14 janvier 1907 sur l’action des Confréries et des Patronages,.

A Unlerriffingen, bailliage de Neresheim, il y eut une instruction et une messe, à 9 h.1/2, le matin de l'élection (mercredi 5 décembre 1906). On vota de 10 heures à 7 heures... « qu'aucun électeur ne manque devant l'urne ; ceux qui iront au marché d'Ellwangen devront rentrer chez eux par le train qui quitte Ellwangen à 1 heure... Le soir, à 5 heures, les hommes de confiance visiteront les maisons pour inviter à voter ceux qui ne seront pas encore allés à l’urne... « Ces hommes de confiance sont: J,Sch...,J. H..., J,P... et suppléant: M.B... On ne donnera au scrutin que le bulletin que l’on aura reçu des dits hommes de confiance... Déchirer tout bulletin donné par une autre personne. Quiconque aura perdu son bulletin devra en demander un

autre aux presbytères d’Unterriffingen, ou de Dorfmerkingen, ou de

Flochherg.., »

Seul,le Schwæbischer Merkur,organe du Deutsche Partei, accueille avec mélancolie les résultats de l’expérience ;nous avons dit, en effet, que, de tout temps, ce parti s'était adapté plus que tout autre au système de l'élection personnelle, et les élections proportionnelles ont justifié les craintes qu’ilavait sur leur issue.

Au contraire,le Beobachter,organe du Volkspartei à Stuttgart, se déclare très satisfait de la représentation proportionnelle et de cette première expérience,et en souhaite même l'extension à tout l’Empire. Pour lui, la représentation proportionnelle donne une image exacte de la force réelle de la propagande des partis. « Le Centre, dit-il,a prouvé une fois de plus sa cohésion exemplaire, et combien il est dans la main de son maître naturel,le clergé. Le résultat de Stuttgart a prouvé, au contraire, que les forces de la Sozialdemokratie ne sont sûres qu'à la condition d’être sévèrement tenues dans la main de ses chefs habituels. La faiblesse du Deutsche Partei a éclaté manifestement. Le Bauerbund est assez fort mais ne réussit pas dans les villes, cependant il est encore loin devant le Deutsche Partei. En somme, le Volkspartei s’est très bien tiré d’affaire grâce à l'activité de ses chefs locaux, et parce qu'il n’est pas un parti de classe ni un parti confessionnel. »

De son côté, le Deutsche Volksblatt, organe du Centre, s'exprime en termes enthousiastes, et prétend

que, comme pour les élections générales, le Centre

peut contempler avec orgueil'le résultat de l’élection proportionnelle : « Bien que nous n’ayons pu faire passer un quatrième candidat dans la seconde circonscription, cependant le scrutin dans tous les bailliages, et notamment la ferme tenue de nos amis dans nos fidèles districts de la Haute-Souabe, signifient malgré tout un grand succès politique. Le Centre est le parti le plus fort dans le nouveau Landtag et comme tel il devrait avoir, suivant le vieil usage parlementaire, le siège du président. »

Quant aux socialistes, ils déclarent, dans la Schw«æbische Tagewacht que le résultat répond dans l’ensemble à ce qu'ils attendaient des élections. Et, analysant la situation de leurs adversaires, ils reconnaissent que c’est presque exclusivement le Centre qui a bénéficié d’une plus forte participation au vote, mais que le Vol/kspartei, dans beaucoup de districts, a mieux rassemblé ses électeurs que dans les élections générales. « Aucun autre parti, ajoutent les socialistes, n’a fait autant d’agitation ; & a recueilli du miel sur toutes les fleurs; il a organisé son agitation de la façon la plus intensive par réunions et par brochures; il a même fait usage de la photographie. Il a dépeint sous toutes les couleurs le danger de la présidence aux mains du Centre, et tous les adver. saires du Centre ont été invités à voter pour le Volkspartei. Grâce à cette manœuvre,le Volksparteia aussi

recueilli une petite partie des voix de la Sozialdemo-

kratie. Si, dans tout le pays,la Sozialdemokratie à compté environ 6.000 électeurs de moins que le 5 décembre, cela tient précisément à ce que les ouvriers ont moins voté... »

Enfin, la Deutsche Reichspost, organe conservateur, écrivait le 12 janvier 1907: « Si l’on pense quels ont été les faibles débuts du parti conservateur et du Bauerbund en Wurtemberg il y a une dizaine d’années, on pourra être très satisfait de ce résultat.

« La vitalité est la première vertu politique ! Ce mot souvent répété dans nos rangs nous dirigera aussi

dans l’avenir. »

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