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CHAPITRE V

La Représentation Proportionnelle a rendu à l'électeur

l’effectivité de son droit de suffrage.

Le but du gouvernement représentatif étant de rendre l'image réduite de la nation souveraine, il ne suffit pas, pour arriver à ce résultat, de proclamer le suffrage universel, d'accorder le droit de vote à tous les citoyens, encore faut-il donner à leur suffrage une eflicacité réelle. C’est précisément ce que ne fait pas le régime majoritaire qui rend illusoire pour l'électeur son droit de suffrage.

La Représentation Proportionnelle, au contraire, en rétablissant un heureux et juste équilibre entre les partis représentés au Parlement, outre qu’elle constituait une œuvre de haute équité, a eu l'excellent effet de réveiller la vie politique chez

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un peuple où elle s’affaiblissait; nous n’en voulons d'autre preuve que la presque complète disparition des abstentionnistes en Belgique.

Après avoir comparé, dans une première section, les résultats représentatifs fournis par le régime nouveau avec ceux donnés par le système majoritaire, nous verrons dans une deuxième section comment la législation belge, en se rapprochant de l’exacte représentation, a eu sur l'électeur le plus heureux effet.

SECTION PREMIÈRE

LA REPRÉSENTATION SOUS LE RÉGIME MAJORITAIRE ET SOUS LE RÉGIME PROPORTIONNALISTE

« La Représentation Proportionnelle, dit M. Car- » ton de Wiart (1), a fait du Parlement l’image » exacte de la nation, tandis que, sous le régime » majoritaire, les Chambres reflétaient l'opinion » publique à la façon de ces miroirs bombés qui » déforment l’image en la grossissant ou en l’amin- » cissant démesurément, »

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(1) Voir enquête de La Croix.

LRU RIT 2

Quelques exemples pris avant et après l’adoption de la réforme électorale nous semblent assez significatifs pour nous éviter tout commentaire, qui pourrait nous mener trop loin et nous faire sortir de notre sujet.

C’est en 1878, par exemple, avant l'adoption du suffrage universel, le ministère catholique était au pouvoir. Il y avait élection générale dans tout le pays : dans l’une moitié pour le Sénat, dans l’autre pour la Chambre. On compta au scrutin 87.226 électeurs ; 44.825 votèrent pour les candidats catholiques et 41.093 pour les candidats libéraux. Les catholiques étaient donc en majorité. Ils lemportaient sur leurs adversaires de 3.322 voix. Et cependant le cabinet Malou dut démissionner. La majorité catholique n'avait obtenu que 39 sièges, la minorité libérale en avait recueilli 67.

En 1893, après la révision constitutionnelle, tandis que les catholiques avec 927.000 suffrages en chiffres ronds obtenus au premier tour de scrutin conquéraient 104 mandats et que les socialistes avec 325.000 suffrages obtenaient 28 mandats, les libéraux malgré les 535.000 suffrages qu'ils avaient recueillis au premier tour de scrutin se voyaient attribuer seulement vingt sièges.

L'adoption de la Représentation Proportionnelle, au contraire, à rétabli à peu près cet équilibre. Nous disons à peu près, car il nous faudra plus loin reconnaitre avec les adversaires de la réforme, que le système nouveau ne réalise pas encore la

= dit

justice absolue, du moins si au lieu d'envisager les résultats par province on les envisage pour l'ensemble du pays. Mais si l’on n’a pas encore sur ce point atteint la perfection, l’on s’en est du moins rapproché de fort près.

C’est amsi qu'aux élections générales de 1900 qui ont suivi immédiatement le vote de la réforme, les différents partis ont obtenu dans l’ensemble du pays les résultats suivants : |

catholiques .... 993.945 voix — 86 élus.

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