XVI PRÉFACE DE L EDITION FRANÇAISE
siens propres. Quisque suos patimitr ma?îus. Parmi les défauts qui doivent être signalés dans le système démocratique des Etats-Unis d'aujourd'hui, —et ils ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux que Tocqueville relevait il y a 70 ans, — il en est qui n'existent pas ou du moins qui n'existent qu'en germe, dans les autres pays démocratiques. Ceux qui menacent surtout la prospérité du gouvernement américain sont au nombre de trois. Le premier, c'est la puissance excessive exercée par l'organisation des grands partis politiques. En second lieu, c'est l'influence illégitime de l'argent sur la législation. Le troisième vice, c'est la tendance à avilir les fonctions publiques, en en faisant la récompense de services politiques rendus à un parti, y^ Aucun de ces défauts n'existe sérieusement jusqu'à ^^ présent soit en Angleterre; soit dans les self governing coloniesanglaises, la plupart démocratiques. Et, autant , '■> que je sache, aucun de ces défauts, n'est devenu formi- * dable dans la démocratie suisse. C'est contre d'autres dangers que, dans ces pays, les hommes d'Etat, qui aiment leur patrie, doivent prendre leurs précautions, et ces dangers, l'Amérique n'a pas à s'en effrayer beaucoup, fin dehors de ces traits communs que la démocratie implique par elle-même, chaque pays a été tellement modelé par les influences de race, de religion, de milieu ambiant physique, de relations politiques avec d'autres Etats, de tradition constitutionnelle, que chacun a suivi, pour ses institutions politiques et ses coutumes, sa propre voie. On ne peut pas se hasarder à argumenter légèrement et hâtivement de l'un à l'autre.
Néanmoins, chacun a incontestablement beaucoup k apprendre des autres ; peut-être même plus