‹ La république américaine. Édition française. Avec une préf. de M.E. ChavegrinChapitre 34 sur 60 · QUESTIONS DONT ON S'OCCDPE · texte numérisé non relu

QUESTIONS DONT ON S'OCCDPE

cours plus de raisonnement et moins de rhétorique sentimentale que les orateurs électoraux de leur pays. A cette règle générale il y a, naturellement, beaucoup d'exceptions. J'ai lu des discours électoraux américains, tels que ceux de M. Beecher, dont les pensées élevées sont très instructives et très encourageantes ; et au point de vue de l'éloquence pure, les discours des candidats anglais produisent moins d'effet que ceux des candidats américains.

L'examen des causes qui expliquent cette différence appartient à une autre partie de cet ouvrage. Je me contenterai de faire remarquer ici que, dans les élections anglaises, le champ delà discussion rationnelle est plus libre, parce que le peuple n'a point, pour exciter son enthousiasme, les drapeaux, les uniformes, les torches, les fanfares, les parades et les autres moyens auxquels on a recours en Amérique.

Il faut ajouter que les questions qui ont été discutées sur les plates-formes anglaises pendant les soixante dernières années ont eu en général un caractère rationnel, comme par exemple la loi sur les céréales pendant la fameuse lutte populaire à la tête de laquelle se trouvaient Cobden, Bright et Villiers ; tandis que le sujet qui a passionné pendant toute une génération les orateurs américains, — c'est-à-dire la question de l'existence et de l'extension de l'esclavage, — s'adressait surtout au cœur. Des sujets comme la réglementation des tarifs, les systèmes de législation sur le commerce des boissons alcooliques, la question delà monnaie légale et les questions ouvrières, sont des sujets si difficiles à étudier complètement devant un auditoire populaire que les orateurs ont cherché à les éluder et à faire des phrases pompeuses sur des lieux communs. Cependant, l'importance croissante des problèmes que font surgir les tarifs douaniers et la monnaie légale nationale, a produit récemment un grand changement ; et bien que ces questions complexes soient souvent traitées

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