DANS LES ÉLECTIONS PBÉSIDENTIELLES
Je ne dis pas que, pendant les élections, ces questions personnelles occupent toujours le premier rang. Elles restent quelquefois au second plan, lorsque les candidats n'excitent ni un grand enthousiasme ni une grande répulsion. Il est inévitable qu'elles entrent en ligne de compte dans ce qui ne devrait être qu'une lutte de principes, lorsque les qualités personnelles d'un candidat peuvent exercer une influence sur la prospérité du pays. Mais cet usage produit un résultat fâcheux: il tend à éloigner l'attention des discussions politiques, et par suite à amoindrir ce qu'on pourrait appeler la valeur éducative de la campagne électorale. Une élection générale, en Angleterre, paraît mieux faite pour instruire les masses du peuple sur les principes et sur les questions pratiques de la politique, que la lutte présidentielle qui est plus longue et en général plus violente. L'intelligence moyenne des électeurs {à l'exclusion des nègres) est plus élevée en Amérique qu'en Angleterre, et les Américains connaissent bien mieux non seulement les mots de passe et les ruses de la politique, mais encore la structure de leur propre gouvernement. Mais en Angleterre, la lutte porte surtout sur les programmes, et non sur les personnes. On critique librement les chefs de chaque parti, et la plupart des gens agissent d'après l'idée qu'ils se font du premier ministre, et de celui qui deviendrait premier ministre si le ministère qui est au pouvoir était renversé. Cependant les candidats sont presque toujours éclipsés par les principes respectifs qu'ils défendent ; et comme, depuis des années^ on ne cesse pas d'attaquer ou de louer ces principes, personne ne cherche à recueillir ou à inventer de nouveaux arguments pour les combattre. La discussion porte sur les besoins du pays, et sur les mesures que propose chaque parti ; on attaque les actes publics des ministres et non leur vie privée. Les Américains qui suivent en Angleterre les élections générales, trouvent que les candidats anglais s'adressent davantage à la raison et à l'expérience, qu'ils mettent dans leurs dis-