‹ La république américaine. Édition française. Avec une préf. de M.E. ChavegrinChapitre 36 sur 60 · REMARQUES COMPLÉMENTAIRES SUR LES PRÉSENTATIONS ET SUR LES ÉLECTIONS · texte numérisé non relu

REMARQUES COMPLÉMENTAIRES SUR LES PRÉSENTATIONS ET SUR LES ÉLECTIONS

Le lecteur européen, qui a suivi l'exposé qui précède sur les présentations et sur les élections présidentielles, a dû se poser plusieurs questions.

La principale est celle-ci : Comment est né et s'est développé ce système de présentation par de grandes Assemblées de parti, système qui ressemble si peu à ce qui existe dans les pays libres d'Europe ?

La Convention est le produit naturel et légitime de deux points de la Constitution : le pouvoir limité du Congrès et la souveraineté absolue du peuple. On ne tarda pas à s'apercevoir que, sous le régime des partis, il fallait que le parti fût uni en faveur de son candidat pour avoir quelque chance de succès. Il fallut donc adopter, pour désigner le candidat, une méthode qui parût juste au parti tout entier et qui ne fût pas discutée. D'abord, les représentants du parti au Congrès s'arrogèrent le droit de présentation. Mais on comprit bientôt qu'ils n'y avaient aucun titre, qu'ils n'avaient pas été élus pour cela, et que le Président n'était pas constitutionnellement responsable devant eux, mais qu'il était plutôt chargé de les contrôler. Quand le « caucus congressionnel » eut été déconsidéré, les législatures d'Etat essayèrent de présenter des candidats ; mais comme elles n'avaient aucun mandat régulier, et qu'elles cherchaient surtout à donner satisfaction aux sentiments locaux, leurs

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