ET SUR LES ÉLECTIONS
le pays le plus démocratique, les principes eussent plus d'importance que les individus. C'est le contraire qui existe. Dans une Convention, la lutte porte sur les candidats, et non sur les principes.
Ces considérations seront peut-être utiles pour faire comprendre aux Européens les phénomènes étranges d'une Convention. Mais on m'interrogera aussi probablement sur la campagne électorale qui suit. « Pourquoi, me dira-t-on, la lutte est-elle plus longue, plus énergique et plus absorbante que celle des élections congressionnelles, ou que celle des élections européennes, attendu que l'Europe est préoccupée par des problèmes plus graves que ceux qui préoccupent actuellement les Américains ? Et pourquoi un peuple qui est extérieurement si froid, si maître de soi, si peu impulsif se donne-t-il une fièvre d'enthousiasme à propos d'une question d'une importance si peu durable; entre deux hommes, dont aucun ne peut faire ni beaucoup de bien ni beaucoup de mal?»
Cette longue lutte est un souvenir d'une époque antérieure. Les Américains eux-mêmes la trouvant regrettable, car ils sont obligés de renoncer, pendant ce temps, à leurs affaires et à leurs plaisirs. A l'époque où les communications étaient difficiles dans un pays montagneux et peu peuplé, il fallait plusieurs mois aux candidats et aux orateurs pour faire leur tournée ; et c'est à cette circonstance qu'est due la longueur de la campagne. Maintenant que les chemins de fer ont rapproché les distances, il suffirait de cinq ou six semaines. L'élection présidentielle est plus chaudement disputée que les élections congressionnelles, probablement parce qu'elle est moins fréquente, parce que le Président est le dispensateur des fonetions fédérales, et enfin parce que les partis s'étaient habitués à considérer cette élection comme un moyen de compter leurs forces, à l'époque où le Président était le chef réel du parti, où il exerçait une grande influence sur la politique étrangère. De plus, c'est le choix d'un fonctionnaire par la