‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 13 sur 226 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

KSQLISSE GÉNÉRALE.

Les grands empires ont souvent des origines qui se perdent dans la nuit des temps et laissent planer bien des incertitudes sur leur point de départ ; on est témoin de leur grandeur, de leur décadence ; mais les causes premières échappent à Tobservation et le voile épais qui couvre leur berceau permet trop souvent à la fable d'usurper le rôle de Ihistoire. Les anciens aimaient à rattacher certaines fondations à quelque divinité protectrice ; c'était presque un aveu de l'impuissance de Thomme à rien créer d'harmonieux et de durable sans une aide supérieure. L'imagination se donnait carrière et Ton croyait plonger réellement dans le passé, en regardant à travers un prisme merveilleux qui ne créait que des perspectives décevantes. L'Amérique, que l'on qualifie de nouveau monde, n'a pu échapper à ces ténèbres, en ce qui touche ses premiers habitants; car aujourd'hui encore, que sait-on des Indiens, qui les premiers peut-être peuplèrent ce continent? On est réduit aux conjectures sur leurs origines, sur

feurs migrations à rintérieur et sur leur organisatioQ primitive, et jamais sans doute aucun rayon ne viendra éclairer leurs annales, il n'en est pas heureusement de même des Européens, qui vinrent s'établir sur ce continent aux xvi® et ïvii" siècles, et y implantèrent une civilisation déjà avancée. Le monde entier assista à leurs premiers essais. Tous les peuples d'Europe voulurent y prendre part; ce fut comme un congrès de l'ancien monde tenant session dans le nouveau. Là tout se passe en pleine lumière ; sauf quelques cas bien rares, pas un seul fait ne reste ignoré. Les mobiles des principales actions se dévoilent d'eux-mêmes, et l'on peut suivre jour par jour la marche pleine d'intérêt de cette jeune société qui deviendra la nation la plus puissante des temps modernes.

L'étude de la première époque de l'histoire américaine, antérieure à Findépendance, est une sorte d'initiation aux inslitutionsquigouvernentaujourd'hui les peuples des Étals- Unis. Ces annales en sont comme les prolégomènes obligés pour qui veut bien saisir le génie des populations d^origine et de communion diverses, qui ont créé les treize colonies anglaises devenues le berceau des États-Unis. On y voit, en effet, les causes des succès comme des déceptions de ces fondateurs d'empires, et leur expérience attestée par l'histoire est un enseignement qui ne peut être négligé. Nous avons dans un précédent ouvrage (1) tracé l'histoire de ces colonies; nous n'en donnons ici qu'un précis et le trait fort en raccourci, mais sufflsant pour suppléer en partie à l'absence de sérieuses notions historiques chez le lecteur.

Au début du xvii' siècle, on vit poindre dans la région nord-est de l'Amérique quelques établissements dus à l'initiative d'Européens, hardis pionniers que la soif du gain chez les uns, et l'énergie des convictions religieuses chez les autres, poussèrent vers un rivage inconnu. Ils

({) Histoire du peuple américain (États-Unis) et de ses rapports avec les Indiens, depuis la fondation des colonies anglaises jusqu'à la révolution de 1776. Michel Lévy, Paris, 1864.

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