‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 181 sur 226 · VICISSITUDES DE LA. GUERRE · texte numérisé non relu

VICISSITUDES DE LA. GUERRE

tion, au milieu d'un épais brouillard, ses troupes saisies de panique se débandèrent. Attristé mais non découragé, il les rallia el leur fit prendre leurs quartiers d'hiver à Valleyforge, à 20 milles environ de Philadelphie, où il chercha à réparer leurs forces et à apporter quelque soulagement à leurs misères. Une grande partie de ces malheureux manquaient de chaussures et de vêtements, même de couvertures pour les garantir contre les rigueurs de la saison. La détresse du pays était si grande et les besoins de Tarmée si pressants, que dans la plupart des Étals, Ton frappa de proscription les gens riches absents, ou considérés comme tels; leurs biens furent mis en séquestre, puis vendus dans le but d'en appliquer le produit aux besoins du pays, après le payement de leurs dettes, expédient odieux qui satisfit des vengeances de parti et ne servit qu'à enrichir des spéculateurs peu scrupuleux. On fit plus encore : ordre fut donné de saisir chez les particuliers tous les objets nécessaires à l'armée et qui seraient destinés à la vente, contre un simple reçu. Ces mesures donnèrent carrière à un grand arbitraire et à des exactions effrénées (novembre 1777) (1).

La situation éminente de Washington comme dictateur militaire avait soulevé contre lui l'envie de quelques généraux qui se croyaient de beaucoup supérieurs à lui. On mettait en regard du brillant fait d'armes contre Burgoyne, toutes les défaites éprouvées par Washington, et l'on en rejetait sur lui la responsabilité; mais le Congrès, mieux avisé, tenant compte de toutes les difficultés, de tous les obstacles contre lesquels ce général eut à lutter, lui maintint le commandement en chef. Cet acte fut le plus intelligent de toutes les résolutions du Congrès. Peut-être aussi cette assemblée avait-elle conscience de sa propre impuissance au milieu des complications d'une situation grave et indéterminée. Après que la dictature fut accordée à Washington, les membres du Congrès devinrent moins

(1) HiLDRETH, vol. lïl, p. 228-229.

assidus aux séances ; plusieurs des plus éminents renoncèrent à leurs sièges pour accepter soit d'autres fonctions dans leurs États respectifs, soit des missions à Tétranger, laissant ainsi des vides très préjudiciables aux intérêts do pays (1). Le nombre des membres actifs ne s'éleyaitpasà plus de 25 ou 30. Telle était la réunion gratifiée do nom de Congrès. Aussi Hamilton, Tun des aides de camp de Washington, qui devint Tun des personnages les plus con sidéicibles de ce temps, écrivait-il, dans an moment de tristesse : « Autrefois TAmérique avait une représentation digne de faire honneur à toute nation, à toute époque: aujourd'hui, il y a une décadence très alarmante et pleine de dangers (2). » 11 est vrai que le Congrès ne se sentait point assis sur une base assez large. 11 manquait de pouvoirs bien définis et surtout des moyens de coercition san> lesquels l'autorité n'est que nominale. Les jalousies, qui s'élevaient parfois entre les États, énervaient son action, et lui faisaient mieux sentir sa faiblesse dans les momenb même où la fermeté des résolutions était le plus nécessaire. Un long temps s'était écoulé depuis la prise en considéralion du rapport sur les articles de la confédération : il semblait qu'on les eût oubliés malgré l'urgence du lien à établir entre les États. La discussion ne s'ouvrit sur ce sujijt que le 7 octobre 1777. Elle fut vive et agitée, eu égard à la divergence des intérêts en présence, et elle sf termina le 17 novembre suivant, époque à laquelle tous les articles plus ou moins amendés furent adoptés ei adressés aux diverses législatures, sans l'assentiment nnanime desquelles le pacte ne pouvait être mis à exécution L*idée de sacrifice d'une partie de l'autorité des États pénétrait difficilement dans les esprits. Les antagonismes ^^ rencontraient partout, dans l'armée comme dans les conseils. Washington dit lui-même, que depuis son entrée aa service, ses efl^orts tendaient constamment à décourager tous les attachements à telle ou telle province, à toutes te

(i) CuRTis, vol. I, p. 104. — (2) Samuel Eliot, p. 239.

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