VICISSITUDES DE LA GUERRE
destructive et coûteuse (1). C'est avec une pareille armée qu'il fallait faire campagne! (mai 1777). »
Les États-Unis étaient menacés de deux côtés à la fois. Au nord, le général Burgoyne s'avançait du Canada, par le lac Champlain et par THudson, pour opérer sa jonction avec le général Howe qui, de New- York, devait venir à lui, de manière à intercepter toute communication entre la Nouvelle- Angleterre et les autres États. D'un autre côté, Howe était sur le point de faire avec un détachement de son armée, une diversion par mer sur Philadelphie. L'inhabileté des généraux anglais vint sauver les Américains du danger qui les menaçait au nord. En effet Burgoyne, quoique pourvu de tous les moyens de vaincre, ne sut pas utiliser les premiers succès qu'il avait obtenus. D'autre part les auxiliaires qu'il espérait de New- York, faisant défaut lorsqu'il comptait s'appuyer sur eux, il fut vaincu dans deux combats livrés à Saratoga, grâce aux habiles dispositions du général Schuyler. Une capitulation intervint, aux termes de laquelle l'armée de Burgoyne, d'un effectif de 6,000 hommes, après avoir mis bas les armes, devait être embarquée pour l'Angleterre, avec promesse de ne plus servir contre les États-Unis (octobre 1777). Cette dernière stipulation du traité décelait la courte vue du général Gage qui avait remplacé le général Schuyler; car il reremettait à l'Angleterre une armée rendue inhabile à combattre, en lui laissant la possibilité de la remplacer par une autre libre de ses mouvements et qui n'aurait point le stigmate de la défaite. Quoi qu'il en soit, le traité était signé, il fallait l'observer; mais le Congrès, voulant ne point perdre le bénéfice de la victoire, arriva à se soustraire par une misérable équivoque aux conséquences de la condition de la capitulation (2). Les vaincus de Saratoga, au lieu d'être rendus à l'Angleterre, furent internés dans la Caroline du Sud, où ils restèrent jusqu'à la fin de la guerre. Tel est l'exemple, trop souvent donné, du mépris
(1) Samuel Eliot, Manual History, p. 231. — (2) Hildreth, vol. III, p. 214 et 237.
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490 L'INDËPENDANGB ET LA GONFÉDÉBATION.
de la foi promise par les gouvernemeûts, alors qu'ils sont surtout institués pour en assurer le respect ! B urgoyn e seul fut autorisé à partir sur parole pour l'Angleterre pour y défendre sa conduite devant la Chambre des communes (mars 1778).
Malgré l'important succès remporté à Saratoga, la frontière du Canada ne demandait pas moins à être surveillée, soit à cause du voisinage de New- York où se trouvait le quartier général de Tennemi, soit parce que TAngleterre pouvait expédier de nouvelles troupes pour venger réchec qu'elle venait d'essuyer.
Au centre des États-Unis, l'aspect des affaires était lamentable. On a vu que le général anglais s'était retiré du New-Jersey sur les confins duquel il avait attiré Washington. Il se prêtait d'autant mieux à cette retraite, qu'elle masquait d'autres desseins. En effet il fit embarquer une partie de son armée pour une destination inconnue qui pouvait aussi bien menacer le nord que le centre ou le sud. Il cherchait ainsi à tromper le général américain sur ses mouvements, de manière à le tenir immobile, jusqu'à ce que ses transports fussent arrivés au lieu indiqué. Après avoir pénétré ainsi dans la Chesapeake, ses troupes prirenl terre à 60 milles environ de Philadelphie qui était redevenu le siège du Congrès; mais Washington ne tarda guère h être informé des projets de l'ennemi. Il se porta en toute hâte sur cette ville pour la protéger contre un coup de main. Toutefois, n'ayant à sa disposition qu'un corps de troupes composé en partie de milices, bien inférieur en nombre et en discipline à son adversaire, il fut vainca dans une bataille livrée par lui à Brandjwine, non loin de Philadelphie. Le Congrès, obligé encore une fois de fuir, se relira à Lancaster, d'où il s'éloigna quelques jours aprè? pour porter le siège de ses délibérations à Yorktown. Le général Howe s'empara alors de Philadelphie, le 26 septembre 1777, non sans être inquiété par Washington, qui fit un retour offensif sur Germantown, où se trouvait une division de l'armée anglaise. Cet acte d'énergie n'eut pas le succès que le général s'en promettait. Dans le fort de Tac-