‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 2 sur 226 · AUGUSTE CARLIER · texte numérisé non relu

AUGUSTE CARLIER

L'auteur de ce livre n*6st plus au moment où parait TœuTre dans laquelle il avait condensé les résultats d'une longue vie d'études et d'observations faites sur le vif de la société américaine. C'est avec une profonde émotion qu'en achevant cette publication nous rendons un dernier hommage à sa mémoire.

Né lel" frimaire an XII (23 novembre 1803), à Ghauny,dans le département de l'Aisne, Auguste Garlier fit son droit à la faculté de Paris, avec un succès dû à l'intelligence prompte, à la précision d'esprit, à la puissance d'application qu'il devait porter partout dans sa carrière. En 1832, il achetait une étude de notaire à Paris, et conquit promptement l'estime de sa compagnie en même temps qu'il développait l'importance de sa charge. Toute sa vie eut été sans doute absorbée par l'exercice de sa profession, si une grave maladie ne l'eut obligé à y renoncer. £n 1846, après l'avoir occupée seulement pendant quatorze ans, il cédait sa charge à l'honorable M. Massion, qui devait par une mort prématurée le précéder dans la tombe. Revenu à la santé, libre désormais de son temps, et jouissant de l'indépendance de fortune que son travail lui avait acquise, Auguste Garlier se voua à l'étude complètement el sans retour. Il était alors âgé de quarante-trois ans, et il sut se faire une seconde existence, tout entière consacrée à la science, avec un ressort intellectuel et une énergie morale également remarquables.

Le cercle dans lequel il vivait, non moins que l'acquit de ses premières années, l'avait préparé à cette évolution. Le chancelier Pasquier l'honorait de son amitié et lui faisait rencontrer journellement dans son salon les hommes les plus distingués de ce temps : Thiers, Mignet, Gousin, le duc de Broglie, Gharles Giraud, l'académicien Andrieux, Patin^ le président Bérenger^.

Il iNOTICE SUR AUGUSTE CARLIER.

Dnpin Tainé. Plus tard ses amis furent Augiislin Gochin, Lambert de Sainte-Croix, Michel Chevalier, Malézieux le savaot ingénieur, Cortambert le géographe, M. Chabouillet Téminent antiquaire, M. Lacaussade le poète délicat en qui revit Leo- • pardi.

Auguste Carlier passa plusieurs années à voyager en Europe. En 1847 et 1848, il visitait Tltalie et faisait un long séjour à Rome. Il y retrouvait Tillustre Pellegrino Rossi et assistait en témoin clairvoyant aux scènes dramatiques qui suivirent Tavènement de Pie IX et préludèrent aux bouleversements de cette époque. Dans les années suivantes, il parcourut successivement TAngleterre, la Suisse, la Belgique, la Hollande, TAllemagne, TAutriche. Il poussa jusque dans la Slavonie et dans la Serbie que Ton visitait alors bien peu. Partout il fréquentait les hommes éminents dans la politique et dans les lettres; il observait le pays, toujours prêt à aller là où il y avait une manifestation de la vie publique, un trait de mœurs populaires à saisir par lui-même. Ses voyages étaient une enquête continue et il les complétait par des lectures incessantes. S'intéressant à tout, il embrassa d'abord dans le cercle de son investigation curieuse Thistoire, Tart, la littérature, la philosophie religieuse ; mais peu à peu il se restreignit et concentra son attention sur les questions politiques et sociales. Il les envisageait de haut et par leur côté philosophique. Tout en étant fermement attaché aux principes de conservation et de vraie liberté, il s'élevait au-dessus des incidents de la politique journalière pour suivre le mouvement général des idées à travers le cours des siècles et dans l'ensemble du monde. Détaché des passions politiques, qui à cette époque étaient d'autant plus vives dans les salons et les cercles intellectuels qu'elles étaient assoupies dans la rue, il ne s'attachait qu'au vrai, le cherchant par l'exactitude des investigations et le fixant par la précision deTexpression. Vitam impendere vero^ telle était sa devise comme un sage antique.

Il s'était préparé par des études archéologiques très sérieuses à visiter TEgypte et la Palestine; mais la direction que prenaient peu H peu ses idées devait l'entratner vers d'autres rivages. L'Orient, c'était le passé. La République américaine, avec la société nouvelle qui s'y formait, n'était-elle pas l'avenir? Elle l'attira de préférence et pour toujours.

H Parmi les nations modernes, écrivait-il plus fard, les Américains du Nord sont le mieux placés peutrêtre et dans les meil-

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