‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 6 sur 226 · NOTICE SUR AUGUSTE CARLIER. VH · texte numérisé non relu

NOTICE SUR AUGUSTE CARLIER. VH

Ululions contemporaines des Ëlats-Unis et qui parait aujourd'hui. La tâche était bien vaste ; car, à la différence des écrivains européens qui Font précédé, il ne voulait pas s'en tenir aux surfaces et offrir au public éclairé seulement des rapprochements plus ou moins ingénieux entre ces institutions et celles de la France ou de TAngleterre. 11 entendait aller au fond des choses et exposer les institutions des États-Unis telles qu'elles sont en elles-mêmes et dans leur application à la vie réelle du pays. Or la Constitution de TUnion remonte déjà à plus d'un siècle, chaque État a modiûé la sienne à plusieurs reprises, les lois ne sont pas codifiées systématiquement, en sorte que les institutions des États-Unis sont en grande partie coutumières. Pour en faire un exposé fidèle, Auguste Garlier estima'qïï'il fallait retracer l'histoire de chaque branche des pouvoirs publics en remontant jusqu'à l'Indépendance et en suivant leur développement dans le cours de ce siècle, étape par étape, tel qu'il est constaté dans les actes parlementaires et les records des cours de justice et aussi tel qu'il a été fixé par les événements. C'est cette méthode ainsi que la connaissance intime des iustitutions américaines et la pénétration de l'auteur par leur esprit, parfois par leur langage, qui font l'originalité de cet ouvrage. Elles lui assureront une place à part parmi les nombreux écrits qu'enfante sans cesse chez les Européens la préoccupation de l'Amérique.

Dans la République américaine^ Auguste Cariier a été h dessein très sobre de rapprochements avec les institutions françaises et anglaises. La portée de son livre et son utilité pratique en eussent été altérées à son sens. Un lecteur superficiel y trouvera moins d'intérêt; un lecteur sérieux appréciera i avantage de voir les institutions des États-Unis, telles que les entendent les Américains eux-mêmes, exposées dans un livre écrit avec la clarté française et la précision du jurisconsulte.

Cet ouvrage devait absorber plus de vingt ans de la vie de l'auteur. Sa pensée était constamment tournée vers les États- Unis. Il vivait au milieu des livres et des journaux de ce pays. Beaucoup d'Américains venaient le visiter : souvent c'étaient les fils des amis qu'il avait connus dans son voyage. Cependant le temps faisait son œuvre autour de lui et décimait peu à peu sa génération. Le cercle de ses amis se rétrécissait par un& loi inexorable et lui-même se repliait de plus en plus au dedans, s'absorbant dans son travail solitaire et de longue haleine. A son retour d'Amérique, il s'intéressait encore aux travaux de

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