VI NOTICE SUR AUGUSTE CARLIER
Le D' Jeffries et avec lui la presse, qui fit grand accueil à ce livre, eslimaient que les Américains devaient écouter cet avertissement d'un étranger bienveillant, leur signalant dans la multiplicilé des divorces un grave danger pour Tavenir de leur pays.
<( Je désire apprendre, lui écrivait de son côté Auguste Garlier, que votre travail obtient tout le succès qu'il mérite, surtout à raison de l'idée mère qui a déterminé votre publication. C'est ainsi que par les efforts combinés des gens de cœur des deux côtés de l'Atlantique, on peut espérer venir en aide à la morale publique et aux réformes urgentes que réclame l'état de la société, maladif partout, mais non incurable, il faut l'espérer.»
Ce vœu s'est réalisé au moins en partie. L'œuvre d'Auguste Carlier et du D' Jeiïries a été continuée par un autre homme de bien. Th. DwightWoolsey, président de l'université d'Yale, qui, de 4870 jusqu'à sa mort en 1888, n'a cessé d'appeler l'attention de ses compatriotes sur cette plaie croissante. L'opinion a fini par s'émouvoir, le Congrès a fait faire une enquête, déjà quelques États ont amendé leurs lois dans une certaine mesure et ce grave sujet est plus que jamais à l'ordre du jour.
Un deuxième ouvrage, L Esclavage dans ses rapports avec C Union américaine, parut en 1862. Auguste Carlier y déployait une érudition historique et une connaissance des faits contemporains que personne en Europe ne possédait au même degré. Tout en condamnant énergiquement l'esclavage, il déplorait toute violence faite aux États du Sud. Les hommes politiques en Europe lurent son livre avec l'attention qu'il mérilait; mais le canon en Amérique trancha la question et les événements décisifs accomplis dans l'année, qui suivit sa publication, en firent seulement un document historique.
Poursuivant son œuvre, Auguste Carlier fit paraître, en 1864, YHistoire du peuple américain depuis la fondation des colonies anglaises jusqu'à la révolution de i 776, livre de premier ordre, fait d'après les sources et qui embrasse l'ensemble du déve* loppement des colonies, notamment leurs rapports avec les Indiens, dont personne jusqu'à lui ne s'était occupé. Tous les auteurs, qui depuis ont écrit sur l'histoire des États-Unis, y ont largement puisé. Auguste Carlier a eu le mérite de redresser maintes idées préconçues et de ramener bien des légendes à la vérité historique.
Ces deux volumes s'arrêtaient à la guerre de l'Indépendance. Il commença alors le grand ouvrage qui a pour objet les ins-