‹ La republique BelgeChapitre 19 sur 29 · NOTICES BIOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

NOTICES BIOGRAPHIQUES

VAN DER MERSCH (François), né à Menin le 10 février 1734, appartenait à une famille rentière de cette ville, très aimée et respectée dans le pays. Il épousa Émérence Tettling, issue d'une famille irlandaise qui s'était réfugiée dank les Pays-Bas pour se soustraire aux persécutions exercées contre les catholiques. Van der Mersch, revenu en Belgique, après la restauration du pouvoir impérial, retourna dans son manoir de Dadizeele ; ses ressources étaient alors

fort restreintes, car non seulement on avait retenu le traitement qui lui avait été promis par le comité de Breda, mais il avait sacrifié sa propre fortune pour soutenir les troupes nationales. Cependant, au bout de quelques mois, Van der Mersch abandonna de nouveau sa patrie pour la France. « Sa réputation militaire lui attira, de la part des réfugiés liégeois et hollandais, dit M. Borgnet, l'offre de se mettre à leur tête pour chasser l'évêque (Hoensbroeck), puis le stathouder; il refusa. Plus tard, ses amis, qui l'engageaient à se joindre à eux, ne furent pas plus heureux dans leurs sollicitations... Décidé à ne plus rien faire pour son ingrate patrie, il n'avait qu'un souci : obtenir les arrérages de sa solde et une indemnité pour les mauvais traitements qu'il avait subis de la part du Congrès. Le gouvernement de Bruxelles, qui, s'exagérant son importance, le croyait préoccupé d'un nouveau plan de campagne et le voyait avec terreur sous l'influence de Vonck et de Walckiers, chercha à lui faire quitter Lille, et à le détacher des révolutionnaires envers lesquels on le croyait engagé. Des agents secrets lui adressèrent des lettres anonymes où on le menaçait de la colère des Français qui l'accusaient, lui mandait-on, de s'être vendu au parti aristocratique. La ruse fit effet. Van der Mersch manifesta le désir d'obtenir un sauf - conduit , qu'on s'empressa de lui accorder... » Van der Mersch mourut à Dadizeele le 14 septembre 1792. Il fut enterré dans le cimetière de ce village, devant la grande porte de l'église.

VAN DER NOOT (Henri), né à Bruxelles le 7 janvier 1731, était fils de Nicolas-François Van der Noot, seigneur de Vrechem, de Kelfs et de Gobbelschroy, qui avait obtenu la charge d'amman de Bruxelles. Van der Noot ne revint définitivement à Bruxelles qu'en 1797; déjà oublié de ses contemporains, il se condamna à la retraite et ne quitta presque plus sa maison de campagne de Stroombeeck, où il mourut le 13 janvier 1827, à l'âge dé 96 ans.

VAN EUPEN (Pierre- Jean-Simon), né à Anvers le 12 novembre 1744, fit de brillantes études à l'Université de Louvain, prit le grade de licencié en théologie, et fut successivement professeur au séminaire épiscopal d'Anvers, curé du village de Cumptich, chanoine

gradué de l'église de Notre-Dame d'Anvers en 1775; doyen rural du district d'Anvers, censeur ecclésiastique de la librairie et pénitencier en 1776. Van Eupen, réfugié en Hollande après le retour des Autrichiens, ne rentra dans son pays qu'en 1794, lors de la seconde invasion française. Les conventionnels le firent arrêter comme otage et il fut successivement détenu à Lille, à Paris et à Bicêtre. Il sortit de cette dernière prison en 1795, se retira de nouveau en Hollande, et mourut le 14 mai 1804, à Zuutphaas, près d'Utrecht, où il exerçait les fonctions de curé.

VONCK (Jean-François)...

Dans l'église de Baerdegem, petit village de l'arrondissement de Termonde, se trouve une pierre tumulaire consacrée à la mémoire de Vonck et de sa famille. L'épitaphe, rédigée en langue flamande, contient de précieux renseignements.

Traduction.

Sépulture du sieur Jean-François Vonck, fils de feu Jean et d'Elisabeth Yan Nuffel, en sa vie célèbre avocat au conseil souverain de Brabant, pratiquant à Bruxelles, licencié en l'un et l'autre droit, proclamé le second de la première ligne à l'Université de Louvain, né à Baerdegem, le 29 novembre 1743, et décédé en la ville de Lille le 1er décembre 1792, fondateur de bourses; délaissant pour uniques héritiers son frère, le révérend prêtre Jérôme Benoît Vonck, doyen de chrétienté, décédé en la commune de Lombeke, le 27 mai 1808, et sa sœur dame Anne-Marguerite Vonck, rentière, habitant en la commune de Wieze, veuve en premières noces de feu Pierre Collier, et ayant eu pour second époux feu Jacques-Hiduard- Josepli Mortgat, décédé sans postérité en ladite commune de Wieze, le 29 mai 1829.

Et

De feu leur tante maternelle demoiselle Marianne Van Nuffel, 'û\\e de feu Jean et de Marie Verhasselt, en sa vie béguine au Béguinage de Termonde, et décédée à Bruxelles en la maison de son neveu, le sieur Jean-François Vonck, le 19 décembre 1788, fondatrice de bourses.

Ledit sieur Jean-François Vonck, victime de la révolution brabançonne de 1789, se réfugia à Lille, lors de l'invasion des Autrichiens dans les Pays-Bas.

Après sa mort on grava son portrait avec l'inscription suivante :

Son nom souvent a fait pâlir la tyrannie. Fier de sa propre estime, il a fui la grandeur ; Trop heureux s'il eût pu répandre en sa patrie Les vertus et la paix qui régnaient dans son cœur. Qu'il vive au temple de mémoire, Couvert d'une éternelle glo're.

(Messager des sciences historiques, t. VIII.)

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