‹ La République coopérativeChapitre 119 sur 249 · FR ITE · texte numérisé non relu

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noble soit-il est une peine, tout au moins restera-t-il tel pour la part due à la Société, pour la part qui permettra à celle-ci de vivre, pour la part qui ne peut à aucun moment être un agrément, mais qui est un devoir.

L'épanouissement de l'individualité humaine par la mise en commun et la gestion commune de ses ressources, n'est-ce pas plutôt Le but à atteindre; on pourrait plus exactement reprocher à la République coopérative d'envisager la société au point de vue d'une catégorie très large, il est vrai, mais purement économique : celle des consommateurs. On pourrait peutêtre utilement rappeler qu'au-dessus, il y a la société humaine elle-même qui a un droit plus haut et plus souverain pour s'organiser et se diriger. | |

Quoi qu'il en soit, cette notion de société du travail est à la base de l'action du socialisme politique. Le bolchevisme en est la démonstration éclatante, mais n'est-ce pas la même erreur que nous retrouvons en Allemagne et en Autriche, en Autriche où précisément le socialisme est au pouvoiret voulant faire la socialisation, s'aperçoit aujourd'hui de Fimportance qu'il y a de remettre entre les mains des consommateurs, au moins pour la plus large part, la direction des entreprises.

Espérons en tout cas que cette différence s’affaibhra, peu à peu, à mesure de fa compréhension des choses et des expériences faites. Deux livres, Pun de Otto Bauer sur les nationalisations en Autriche; l’autre, celui de M. Wildbrand sur les nationalisations en Allemagne, publiés en Suisse, contiennent des passages extrèmement caractéristiques. Ils montrent la préoccupation grandissante, à la lumière des expériences, d'assurer la souveraineté du consommateur.

Pour le moment, notons comme une différence possible entre la République coopérative et la Répubhique sociale, cette conception de la base du monde nouveau; peut-être provient-elle d’un malentendu où de linsuffisance de précision et de mise au point sur la question de savoir si le socialisme lui-même sera un socialisme de consommateurs ou un socialisme de producteurs ?

Cette interprétation de la République sociale, du

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point de vue limité du producteur, a pour origine fon-

damentale le fait que tout le socialisme politique est imprégné dans son action de lidée de la lutte de classe et de l’organisation du prolétariat comme classe. Ceci est pour lui le seul moyen de préparer la conquête du pouvoir et, par là même, la condition préalable de réalisation du socialisme. Là encore une différence, au moins d'apparence, sépare coopératisme économique et socia- Hsme politique. |

8) Lutle de classe et organisation de consommateurs. — I] semble à première vue que c'est un fossé profond qui s'établit à ce point de vue. Pour sa réalisation, le socialisme politique ne fait appel et ne compte que sur la classe prolétarienne; 1} affirme que celle-ci a une mission historique à accomplir ; c'est elle,et elle seule, qui a charge d’assurer la réalisation de la Répubhique sociale. Plus au contraire elle séparera ses intérêts de ceux de la classe possédante, qui ne font et ne doivent faire qu'un contre elle, plus elle pourra s'organiser séparément et mieux ellé sera à même de conduire la civihsation vers l'étape supérieure qui attend la société humaine. La classe prolétarienne, seule, a un intérêt au

monde nouveau, elle seule pourra le réaliser ; l'histoire des sociétés n’est que Flhistoire des classes, Pune rem-

plaçant l’autre. Le prolétariat doit, par lui-même, réaliser son émancipation et, avec lémancipation de sa classe, celle de lPhumanité, c'est le sens de Ia vieille formule : « L’émancipation des travailleurs ne sera que l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », et complétée par cette autre : « Prolétaires de tous pays, unissez- VOUS. » -

Lä constitution de la République coopérative semble,

à première vue, tout à lopposé; la République coopéra-

tive repose sur l’orgamisation des consommateurs, mais ceux-ci appartiennent à toutes les classes sociales depuis le millionnaire jusqu’au plus modeste manœuvre; chacun est consommateur et la porte de la Coopérative lui

est ouverte au même titre, c’est donc la transformation

sociale opérée ou s’opérant sur un tout autre terrain par des méthodes absolument différentes.

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