‹ La République coopérativeChapitre 125 sur 249 · TUE ICT PT. SD · texte numérisé non relu

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économique pour assurer leur domination et leur exploilation, comme par exemple avec la caricature de coopération qui s'appelle économats. Bien mieux, Certains partis politiques, certaines forces Sociales, conservatrices ouautres, ont pu songer au moyen coopératif pour S'assurer des ressources financières ou simplement avoir un moyen de réclameet une force de Propagande : maïs avec ces dévialions de la fin naturelle dela Coopération, il n'en reste également pas moins vrai, que, comme M. Jourdain faisait de la prose sans le SaVoir, C6s cCoopérateurs créaient les éléments dela République coopérative, c’est-à-dire les formes mêmes dela République sociale qu'ils ne voulaient pas d'ailleurs connaître et combattaient de toute leur âme.

La puissance créatrice de l’œuvre est en dehors dela volonté même de ceux qui la composent. | Les deux actions peuvent s'ignorer, elles peuvent se combattre dans la pensée de ceux qui sont militants des deux idées elles ne s’excluent point. Quand elles s'ionorent, elles convergent cependant vers un même idéal. On peut essayer de les dévier de leurs rôles récip'oques au profit de l'une et au détriment de l'autre. On né parvient cependant pas à leur retirer totalement leur caractère, on ne fait qu’en diminuer l'importance,

Mais alors, République coopérative en formation au.

jourd’hui et République sociale en constitution seulement demain peuvent d'autant moins se gèner qu'elles se resSpecteront mutuellement dans une indépendänce réciproque.

a) L4 GOOPÉRATION VUE Du POINT DE VUE pu socri- LISME POLITIQUE. — Est-ce à dire toutefois que le SOCialisme politique ou la coopération économique ne peuvent, l'un et l’autre, dans leurs besoins séparés, Puissamment s’aider par une action parallèle. Au point de vue de la société politique il n ÿ a aucun doute.

Jadis, une autre conclusion a pu apparaître à certains socialistes devenus de plus en plus rares. Pour eux, la Coopération était inutile en soi; on a même vu affirmer dans certains congrès du parti socialiste et au nom dela fameuse loi d'airain des salaires que si là eoopéraliion

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permettait la vie à meilleur marché de la classe ou-

vrière, le capitalisme en profiterait pour réduire davan-

tage les conditions de vie du prolétariat. Mais, même en ce cas, l’action des Coopératives pouvait apparaître comme une action inopérante mais non néfaste. C’est tellement vrai, qu’alors, on acceplait la Coopérative pour d'autres raisons, comme une institution à recommander à la classe ouvrière et sans lui reconnaître une valeur socialiste propre.

D'autre part, les militants du parti socialiste politique, à des degrés divers, ont, peu à peu, admis la Coopération jusqu'à lui reconnaître sa valeur de transformation sociale.

Les uns ont d’abord pensé que pour préparer la conquête de lEtat par le prolétariat, 11 fallait organiser celui-ci sous toutes les formes possibles et alors la coopération se présente comme une forme de recrutement ou un moyen de propagande du parti de la classe ouvrière. |

Puis. d’autres ont pensé que maître du pouvoir politique, le prolétariat pour accomplir sa révolution avait besoin d'hommes ayant l'habitude et l'expérience des affaires et des entreprises. La coopération leur est apparue alors comme devant leur fournir les cadres d'hommes chargés par le prolétariat d'organiser la Société future.

Enfin les socialistes ont pensé que la coopération élevait à la responsabilité et habituait à la gestion collective, sous forme démocratique, les masses profondes du prolétariat en même temps qu'elle élevait, contrairement à la loi des salaires, l'étalon de vie de la classe ouvrière. Dans cette pensée, la montée du niveau matériel et moral du prolétariat devient condition et facteur de la transformation sociale. ee

D'autres socialistes encore on vu, Sous une forme embryonnaire, dans la coopération, un ( microscome » de la Société future et, sans peut-être croire à la totale venue de la République coopérative, ils voient dans ce mouvement une sorte de laboratoire du monde nouveau où tous les problèmes de la société nouvelle se présentent et où également s’élaborent les solutions véritables

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et pratiques; de là à concevoir la coopération comme un: moyen, un élément de la transformation sociale, il ny a plus qu'un pas. Dans ces vingt dernières années, en fait, il a été franchi. Le Congrès du parti socialiste français (1910) comme le Congrès de l’Internationale ouvrière (1910) à Copenhague ont nettement marqué cette valeur de « transformation sociale » de la coopération, mais sans naturellement lui donner le rôle prépondérant dans l’avènement de la société nouvelle, Ja prise du pouvoir politique restant l'acte essentiel.

b) LA PRISE SOCIALISTE DU POUVOIR ET LA COOPÉRATION — D'autre part, du côté du coopératisme économique, n'est pas non plus indifférent que les pouvoirs de l'Etat soient entre les mains d'un Gouvernement favorable à la coopération, si la République coopérative se constitue d'elle-même, elle peut être singulièrement favorisée par la présence d'un EÉtat-gouvernement qui lui donnera pleine liberté d'action, la défendra et luttera contre ses adversaires. |

La conquête des pouvoirs publics par la classe ouvrière, dont l'intérêt est le plus près de celui du consommateur, ne peut être pour lacoopération que le point de départ vers un large essor. Si la prise du pouvoir politique n'est pas créatrice en soi du monde nouveau, la République coopérative pourra apparaître aux socialistes maîtres du gouvernement comme le véritable moyen économique de réaliser l'idéal socialiste et au plus tôt.

En deux mots, le concept social de la coopération est un concept socialiste différent du concept socialiste politique, mais sans opposition avec lui. Les deux re-

osent sur l'idée fondamentale de l'orgamisation et de action collective. |

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