‹ La République coopérativeChapitre 136 sur 249 · SR ER TU · texte numérisé non relu

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Le résultat est avantageux pour la collectivité nationale car la coopération n'a qu’à rester elle-même pour faire bien, comme institution publique, ce que l'Etat ferait mal, comme puissance poliüque. Une collaboration mutuelle et excellente s’en suit. En ce Cas, la coopération a retiré alors à l'Etat une de ses fonctions. Flle remplit son action, elle la fait sans tous les inconvénients d'une organisation du Gouvernement et avec les avantages d'une Administration des choses.

6) La coopératisation des services publics. — Mais, les idées coopératives qui reposent sur la souveraineté des consommateurs et la direction de l’économie par leur organisation et leurs représentants directs ne tardent pas à pénétrer les fonctions mêmes de l'Etat : la COOpéralisation des services publics est aujourd’hui à l’ordre du jour, elle le sera de plus en plus en tous domaines, et surtout pour les besoins économiques que l'Etat à entrepris et entreprend. N'y a-tl pas lieu de concevoir que les intéressés soientappelés en tant que tels, c'est-à-dire comme consommateurs, à la direction ou au contrôle des services publics de l'Etat, mais devenus peu à peu autonomes pour leur gestion etindépendants des organes purement de gouvernement qui restent l'apanage de lEtat en tant qu'Etat.

L'autonomie des budgets, la responsabilité des fonconnaires transforment la bureaucratie: l'indépendance de gestion des services, la représentation de mandalaires des Consommateurs el aussi des travailleurs producteurs, la mise en régie du service, le contrôle du public par des ligues constituées dans ce but, telles sont les questions de l'heure et les premiers éléments de transformation de l'Etat vers la Coopéralisation des services publics. Ce sont les idées coopératives de self-administration qui remplacent les idées d'autorité, c'esi l’ère de l'administration des choses qui S annonce ; mais en vérité, Cette influence coopérative ne se fera Jour que comme un écho indirect de la force grandissante du mouvement coopératif lui-même qui, précisément, se place hors des classes et est, par là même, contre tout Etat de classe.

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c) COOPÉRATION ET DÉMOCRATIE. — La montée de la démocratie avec la transformation interne : voilà qui conduit l'Etat à sa perte en tant qu'Elat; mais toutefois, peut-on prétendre qu'il y a simullanéité absolue enire coopératisme et démocratie, Nous avons vu dans | la première partie de ce livre que les formes d’organi- = sation de la démocratie correspondaient politiquement ee. aux formes de gestion coopérative dans le domaine économique. Dans la Démocralie, c'est le citoyen qui est souverain, dans la Coopérative, c'est le consommateur, Certes, 1 y a dans l’une et dans l’autre le suffrage

universel ; là, suffrage universel de l’homme en tant qu'être humain {en admettant que ce suffrage univer- + sel soit sans restriction et étendu aux deux sexes); ici, EE —. suffrage universel des consommateurs. Mais il n'a pas ; ee la même origine, il n’a pas non plus la même conse- 2 = quence, Les mandatés seront élus à la majorité dans . se les deux cas, mais ils n'ont pas le même rôle, les uns à - gouvernent, les autres administrent; tandis que les EE premiers n'ont en fait qu à légiférer pour ceux qui les . ont élus, les seconds dirigent pour tout le monde et =

au profit de tout le monde. Dans un Parlement, si l’on décidait que tel enseignement sera établi, il s'appliquerait à tous; dans une

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l : - Coopérative, si la majorité ne veut que certains pro- : — duits, on s’organisera cependant de façon à fournir 4 RE tous les autres à ceux qui les désireraient. Au sur- #7 RE plus, le contrôle même des mandataires est fort diffé = 1 rent. L'Assemblée générale coopérative décidebeaucoup dl ie plus souvent sur telle direction d'entreprise, qu'elle ne 7 Re songe à révoquer ses administrateurs et à en nommer __. D d’autres, ce qui précisément est au contraire la carac-- = D téristique de la démocratie parlementaire. : RE Un de nos amis me disait récemment : « Pourquoi” #4 Eee n'a-t-on songé à préparer une constitution politique 4 ne du pays qui serait en tous points conforme à la cons- 1 ne — titution d’une Coopérative ?» Evidemment, Fessai serait curieux ; mais si en véritéonny a point songé, cest que la démocratie coopérative n'est pas la démocratie a. politique ou plutôt, coopérationn'est pas démocratie, = #4 ee mais en a la plupart des formes. Est-ce à dire que la =

Coopérative serait plus près, par son org'anisation, des formes politiques dont on à parlé beaucoup ces tempsci et que la Russie a mis à la mode avec la dictature du prolétariat et le système des Soviets. I] n'y apparaît guêre. La dictature du prolétariat dans la pensée même de ceux qui y croient ou la désirent ne peut être qu'une organisation transitoire et passagère. Elle relève encore du vieil arsenal de l’état de classe, avec cette seule différence que la classe dominée deviendrait la classe dominante. L'Etat resterait le pouvoir avec ses mêmes méthodes de coercition et de force et nous croyons, justement, que la transformation sociale d'ordre éco-

.nomique doit assurer l’organisation des choses, et non le gouvernement des hommes.

En ce qui concerne le régime constitutionnel des Soviels, c'est un système politique qui met à la base de la souveraineté, le travail; mais nous aurions alors à faire les mêmes objections du même ordre que nous avions faites à la souveraineté du citoyen. Toutel'argumentation que nous avons tentée pour indiquer la nécessité économique d’une Société où la consommation organise la production montre l'inanité d’une transformation sociale qui reposerait uniquement sur la souveraineté des producteurs, fussent-ils uniquement les travailleurs. Et encore, nous prenons, nous, léstravailleurs dans le sens du mot le plus large, c'est-à-dire sans distinction du travail manuel on imtellectuel, ce quin'est pas toujours fait dans la pensée des défenséurs des diverses organisations soviétiques.

Ce quiest fort désirable, c’est que pour hâter la transformation de l'Etat, en tant que tel, les fonctions économiques, et particulièrement celles de consomma-

on prennent le pas sur les fonctions politiques: la politique, a-t-on dit Justement, doit maintenant céder à l'économie. En attendant la totale République coopérative, une pénétration des forces économiques dans l'appareil de l'Etat, un Parlement où une Chambre é6conomiqueé par exemple, faciliterait grandement l'évolution, fatale qui doit s'accomplir de l'Etat de classe à la

République économique, du gouvernement deshommes à l'administration des choses.

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