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les avantages de la coopération seront d'autant plus grands que les membres seront plus nombreux el plus fidèles.
En vérité, la coopération offre un exemple curieux, presque unique. de la synthèse de l'intérêt mdividuel et de l'intérêt collectif, de l'intérêt particulier et de l’intérêt général. Chaque individu voit dans son voisin un ami, un frère qui peut lui rendre service et l'effort de chacun ne pourra que multiplier les bienfaits de l'œuvre commune. En même temps, ce ne sont pas des intérêts égoïstes, même d'égoiïsme collectif qui se font jour puisque l'intérêt de la coopérative se confond avec l'intérêt du consommateur et nous prétendons que lintérêt du consommateur ne fait en dernière analyse qu'un avec l'intérêt social, l'inlérêt général de la communaulLé.
b) MORALE DU CONSOMMATEUR ET DU PRODUCTEUR.
= Îlest peut-être bien des systèmes de morale mais en tout cas, il en est deux qui correspondent à deux points de vue économiques : On peut parler d'une morale du consommateur et d’une morale du producteur.
d'hui, elle règne souvent dans les milieux de la conservation sociale, mais elle n’est pas sans adeptes, même parmi les partisans d’une transformation sociale. Elle consiste à idéaliser la production; le producteur, c’est le créateur, Son acte ennoblit et grandit Fhomme, lui confère une certaine dignité. Cette morale fait de chaque travailleur un être respectable par excellence et Le travail devient la tâche sacrée, auguste, qui élève l'homme bien au-dessus de l'animal. En somme, elle se résume dans un panégyrique de l'effort parle travail. L'homme se libère par le travail des chaînes de la servitude, ici servitude sociale, là servitude envers la nature. Loin de nous de méconnaître cette face des choses, mais on peut les envisager sous divers angles.
La République coopérative met en valeur d'autres préoccupations morales. La consommation apparaît
La morale du producteur est fort à la mode aujour-
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comme un acte matériel et au premier abord pour ainsi dire inférieur qui fait appel plus au besoin du ventre qu'à l'imagination. Mais la salisfaction des besoins peut n'être point la satisfaction des besoins seulement matériels. |
D'autre part voir la production à travers le prisme d'une morale spéciale, c’est peut-être bien étrangement idéaliser la réalité. Même libéré de l’exploitaion, l'acte de production n'a pour la plupart des hommes, ni l'attrait, n1 la grandeur qu'on veut voir de loin. Le travail est rude, pénible, souvent musculaire : l'évolution économique le rehd mécanique, souvent sale, déformant physiquement. Même avec une meilleure organisation, ne restera-t-il pas en tant que travail nécessaire pour faire vivre la société, hu assurer un minimum de richesses pour la satisfaction des besoins les plus immédiats les plus indispensables, bien plutôt une peine qu'un plaisir ou une joie, au moins pour l'immense majorité de l'humanité?
Et puis enfin, la production est-elle un but en soi. Est-ce le travail pour le travail ? l'effort pour l’effort? comme 1l y a eu l'art pour l'art.
La République coopérative se donne pour but de satisfaire les besoins. Ghercher le bien-être de l'humanité, aimer la vie n’est-ce pas après tout la plus profonde et la meilleure des morales ?
Ainsi, la morale de la consommation est près des morales antiques qui tendaient à enseigner à l’homme l'amour de la vie conformément à la nature.
De plus dans la République coopérative, le bonheur de chacun est fait du bonheur de tous, il ne s’agit donc
point d’une morale égoïste. Et par Ià même,la satisfaction des besoins s’y trouve simplement limitée par.
les moyens dont on dispose pour les satisfaire, par l'état des forces productives, des inventions et du progrès technique.
Est-ce à dire que pareil principe moral n est point capable de susciter des enthousiasmés, des dévouements, des générosités ; est-il éloigné de toute élévation de pensée, de toute perfectibrlité de l'intelligence humaine et de tous sentiments épurés? Est-ce à dire que le tra-
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