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vail doit être considéré sinon comme dégradant, au moins comme châtiment ? Ni l'un ni l'autre.
Le travail, celui qui n’est pas fait par plaisir mais
our vivre doit être considéré comme un devoir envers a société, c'est la charge sociale. Personne ne doit pouvoir s’y soustraire, il suffit qu’on rende l’accomplissement de ce devoir aussi facile que possible ; mais quelle erreur de comparer le travail de l’artiste ou du savant, cause des joies les plus pures avec les travaux forcés de l’humanité, nécessaires à tous pour que la civilisation continue.
Ne médisons pas de la morale du bonheur. La voir uniquement sous son aspect matériel ce serait n'en voir qu une caricature odieuse ; la meilleure preuve nous la trouvons dans le mouvement coopératif que l'on peut ridiculiser, en le présentant comme inspiré par des sentiments de marchands de lentilles, de fabricants de samdoux ou de producteurs de haricots, or il n'y a pas beaucoup de mouvements humains qui aient suscité plus de désintéressements collectifs, de
foi quasi religieuse ; qui a ses fidèles, quelquefois même
ses apôtres el aussi ses sacrifiés.
C) LA FOI GOOPÉRATIVE. — Qui pourra dire jamais les sacrifices et les dévouements que parmi les plus obscurs et les plus modestes de ses militants, la coopération, la foi coopérative, la croyance en son succès a suscités, fait naître et exaltés. S'il fallait retracer les histoires tantôt naïves et tantôt sublimes et si fréquemment répétées de ces militants de la coopération donnant leur temps, leur santé et leurs économies pour faire vivre « leur coopérative » 1l y faudrait des volumes. Il n’y a pas de Coopérative qui ne doive son existence à des dévouements, à des désintéressements. Centaines et centaines de milliers de prolélaires ont passé et passent des jours et des nuits, des semaines et des années à venir pour rien, exclusivement pour le bien commun, administrer la modeste Sociélé Coopéralive, se faisant répartiteurs, Ccomptables, tireurs de vin ou déchargeurs de caisses.
Rien ne les guidait ou plutôt une seule chose : l'idée.
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