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Ce que la doctrine coopérative a de commun, et ce qui peut la rapprocher des idées essentielles des socialistes associationistes, peut se ramener à quelques points. |
La République coopérative constitue une solution totale, au moins économiquement, de la question sociale ; elle forme une Société nouvelle où les fonctions
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LE SOCIALISME ASSOCIATIONISTE 455
consommation et production sont liées et associées de même queles associationistes, particulièrement Owen et Fourier, l’un dansson phalanstère, l’autre dans ses colonies communistes ou ses banques d'échange, prétendent également ou entendent organiser une Société complète et nouvelle. Mais il y a une très grande différence entre les deux conceptions. La République coopérative, cesl une grande association NATIONALE ou tout au moins les Coopératives tendent, peu à peu et naturelle ment, à ce but, tandis que l’idéal des associationistes semble vouloir se résumer en une multitude de petites associations qui forme chacune, un tout se suffisant à lui-même.
En second lieu, socialistes associationistes et coopératistes entendent réaliser leur idéal par la création d’un milieu nouveau, d'un milieu prenant naissance et se développant dans les cadres mêmes de la Société actuelle; mais pour les socialistes associationistes, quel est ce milieu ? un produit de l'imagination, une construction à priori, une recette sociale alors que la coopération de consommation repose sur des règles d'organisation qui ne sont pas une construction de l'esprit, mais lerésultat d’une expérience déjà prolongée.
Enfin, et c'est évidemment ce qu’il y a de plus comparable entre les deux doctrines, elles reposent toutes deuxsur l’idée de l'association, sur l'idée du groupement volontaire. Il est vrai que pour l’associationiste cette idée est essentielle, pour la République coopérative, elle l'est beaucoup moins (1).
On peut justement dire que le vingtième siècle est celut de l'association en toutes matières et non pas seulement au point de vue économique. La coopérabon de consommation partage, avec beaucoup d’autres institutions, celte parenté avec fJ’associationisme. Mais ce n’est pas aux associationistes que la coopéraüUon de consommation a pris ses traits caractéristiques.
On peut dire enfin que les deux doctrines poursuivent
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(1} La coopération de consommation est du reste beaucoup moins près de cette idée que les Coopératives de production.
un même but identique, la disparition du profit, mais si on entre dans l'examen des idées des principaux assoclationistes, 11 ne semble pas qu’il y ait derrière ce mot exactement les mêmes choses que ce que les coopérateurs de consommation y mettent. Fourier laisse dans son phalanstère une part au capital et par conséquent 1l ne supprime pas tous les revenus sans travail. Owen tendait par ses bons de travail et la suppression de la monnaie à ia disparition de tous les intermédiaires, mais il se flaçait au point de vue du droit du travailleur au produit intégral de son travail.
Pas plus chez lui que chez les autres disciples ne se trouve préconisé le moyen véritable de supprimer le profit, c'est-à-dire l’organisation de la consommation par la production, ce qui est justement la base de la doctrine coopérative.
Ainsi done, toutes les règles de vie de la coopération de consommation ont échappé aux associationistes, ils ont eu seulement la vision utopique d'une Société économique nouvelle reposant sur un principe nouveau mais 1Is n’ont vu ni préconisé la coopération de consommation telle qu’elle existe.
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