‹ La République coopérativeChapitre 158 sur 249 · LA DOCTRINE SYNDICALISTE · texte numérisé non relu

LA DOCTRINE SYNDICALISTE

à la classe prolétarienne conscience de ses intérêts et de leur opposition fondamentale avec les intérêts des classes dominantes dela Sociétéactuelle ; c’est seulement ainsi que le prolétariat travaillera au mieux à abréger le temps d'accouchement du monde nouveau.

Du reste, ce n’est pas seulement au service de la classe ouvrière que s’exeircera son action : la mission historique qui lui est échue est de travailler en même temps à porter le monde à un stade plus élevé de civilisation et de production accrue.

Son action s'exerce donc au profit de Fintérêt général. Par exemple, quand l’action de classe des syndicats conduit à la réduction des heures de travail, elle ne sert pas seulement l'intérêt des syndiqués. Elle ne réalise pas seulement pour la Société le progrès humain, en ce sens qu'elle ferait correspondre letfort du travailleur à l'exercice normal de ses facultés, mais elle oblige aussi le patronat, aujourd’hui responsable du développement de la puissance des forces productives, à chercher la compensation de frais généraux plus élevés dans les inventions nouvelles, dans un rendement meilleur, dans l'amélioration de la technique.

Aussi, au lieu de se complaire dans la routine et de

songer à obtenir des bénéfices par l'emploi d'une main-

d'œuvre à bon marché et exploitée, les industriels sont poussés au progrès économique par le jeu même de la lutte des classes.

Mais le syndicaliste pousse plus loin sa pensée. Dans sa revendication vers le produit intégral du travail au profit du travailleur, il ne peut s'arrêter; il doit aller jusqu’à la reprise totale par le travail des revenus sans travail du capitalisme, 1l doit aboutir logiquement et aboutit en effet à l’idée de la mainmise des travailleurs sur leurs instruments de travail, c'est Le syndicalisme alors s’emparant de la production et gérant la Société économique.

Les syndicalistes, tout au moins les doctrinaires et les chefs, se sont du reste bien gardés de vouloir demander que chaque atelier appartienne aux seuls travailleurs de cet atelier. Ils ont nettement indiqué qu'une Société composée de ces milliers d'atehers autonomes

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