‹ La République coopérativeChapitre 159 sur 249 · Ÿ " AN · texte numérisé non relu

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n’aboutirait qu'à une lutte de concurrence sans merci. IIS ont dénoncé aussi bien la mine aux mineurs que l'imprimerie aux typographes.

Cet atelier libre qui serait organisé par lés produc-

teurs et dépendrait de ceux qui le composéraient,

serait dans leur pensée, un atelier social, propriété de la collectivité générale, mais dont seulement la œestion et là responsabilité seraient confiées à ceux qui y accompliraient leur tâche quotidienne.

En vérité, le concept social du syndicaliste aboutit à

une Société économique de producteurs dirigée, conduite et gérée par eux et par eux exclusivement.

B) Principes communs.

Il semblerait à première vue que ces concepts soïent

récisément à l’antipode des conséquences de la Répu- Liane coopérative, Celle-ci, tout au contraire, entend reposer sur l’organisation des consommateurs. Mais cependant, syndicalisme et coopératisme ont de singulérs lens de parenté, tous les deux ont la prétention d'apporter une solulion aux problèmes sociaux et tous les deux imaginent créer une Société nouvelle où les instruments de production et d'échange seront propriété collective. Ils constituent, du reste, une solution d'ordre économique opposée aux solutions politiques. [ls ne pensent pas que la réalisation de leur idéal puisse surgir tout à coup de l'effet d’une mainmise sur l'Etat, [ls ne croient pas à la puissance créatrice des décrets et des lois pour établir le régime nouveau. Ils pensent tous deux, au contraire, que leur action est dès maintenant transformatrice et créatrice de la Société nouvelle en gestation dont ils établissent les règles de fonctionnement et d'existence par le jeu même de leur action. Us entendent dès maintenant bâtir le monde nouveau sans attendre le mythe d’un grand soir ni la venue de cet avènement social qui consisterait en la mainmise sur le pouvoir politique.

Ils prétendent, tous deux, être constructifs et peu à peu réduire, à mesure du développement de leur mou-

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LA DOCTRÎNE SYNDICALISTE 465

vement, la force de résistance du régime capitaliste qu'ils entendent supplanter à proportion de leur développement.

Hs ne sont donc pas fatalistes ni catastrophiques. mais au contraire positifs. L'un et l'autre $’accommodent de linterprétation économique de Fhistoire et de l'analyse critique du régime capitaliste reposant sur la plus-value. [ls affirment, d'un commun accord, qu'une Société économique en formation doit apporter avec elle les principes et moyens de substitution à la Société actuelle en même temps qu’un ensemble de concepts el de rapports sociaux nouveaux.

C) Différences.

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Il est vrai que la doctrine syndicaliste entend réaliser son idéal par la suppression du salariat et que la doctrine coopérative entend le réaliser par la suppression du profit.

Il est vrai qu'une Société de consommation et une Société de production n'ont pas à s'inspirer de la même morale n1 de la même direction économique, ici le besoin, là le travail.

Mais elles n'en sont pas moins « sœurs jumelles » dans leur critique commune de la Société actuelle, dans leurs méthodes et également dans leur opposition aux méthodes et aux autres solutions sociales qui sont en face d'elles. En fait.,elles se placent au même point devue.

Ge qui les sépare est devant elles; l'expérience et l'avenir apprendra seulement laquelle est dans l'erreur:

ou dans quelle mesure lune et l’autre trouveront, dans

la complexité de la vie sociale, une confirmation plus ou moins étendue de leurs vues théoriques. |

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