‹ La République coopérativeChapitre 213 sur 249 · PES ANS PTE NT ER J 7 F · texte numérisé non relu

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Mais, le jour où le Magasin de gros s’institue acheteur et vendeur, sa situation coopérative est plus délicate que celle d’un commerçant de gros ordinaire.

Le Magasin de gros n'étant qu'une association de Coopératives n’a d'autres clients, en principe, que ses propres associés. Mais ceux-ci présentent une double particularité: c'est d’abord de n’avoir qu'un engagement moral vis-à-vis de lui ; ils peuvent continuer à acheter en dehors du M. D. G. tout ce qui leur plaît et même ce quil vend; ils ne lui achèteront donc que lorsque ses prix sont avantageux pour elles; et, d'autre part, étant co-propriétaires de l’organisation, elles peuvent, dans les Assemblées générales, faire toutes les critiques et porter toutes les réclamations particulières même les plus imjustfiées : c’est un commerçant qui serait subordonné à ses chents. Sans doute, elles sont engagées par leurs actions, mais celles-ci sont en nom-

bre très limité et elles ne peuvent jamais qu’en per-

dre leur montant ; leur responsabilité est donc léère.

S1 donc le M. D. G. fait des achats onéreux (et quel commerçant n’en fait pas), les Coopératives lui laissent sa marchandise pour compte et, cependant, il n’a pas le droit de les vendre à d'autres qu'à elles-mêmes, De là, la nécessité pour le M. D. G. de vendre aux prix du commerce afin d’égaliser ses chances de pertes et de

gains. De là, aussi, la nécessité pour lui d’avoir des

stocks. |

Par voie de conséquence, le Magasin de gros sera donc inévitablement entraîné par les Coopératives elles-mêmes, désireuses d’être rapidement et sûrement fournies. Mais cette nécessité de stocks entraîne, pour lui, des frais généraux considérables et présente certains dangers.

Certes, il peut établir des entrepôts et il y aboutit rapidement ; mais pour que ceux-ci donnent des résultats, 1l faut qu'ils soient suffisamment vastes et suffisamment aménagés pour que leur fonctionnement revienne au plus bas prix possible. Or, pour cela, il lui faut engager des capitaux considérables en frais de premier établissement et fonds de roulement. Il lu

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faut surtout un écoulement imporlant et la fidélité

d'achat des Sociétés coopératives.

Il faut surtout qu'il installe ces entrepôts, d’après un plan méthodique, préconçu, dans les centres les mieux placés pour les transports, à la fois pour recevoir les marchandises et également pour les réexpéditions aux Coopératives dans les meilleures conditions possibles. Or, si une période de crise comme celle d'aujourd'hui où la marchandise est rare peut permettre d'agir presque à coup sûr, en temps normal, la situation est tout autre et si aucun écuerl n’est insurmontable, sa tâche commerciale est souvent lourde.

Quand il se trouve en face de petites Sociétés, il lui est certes plus facile de les fournir, car, ne pouvant fairé d'importantes commandes par unité de transport, cest-à-dire des wagons complets, les Sociétés auront dans l’entrepôt de gros un soutien solide.

Mais ce n'est là qu'une période transitoire, l'époque de début pour la coopération. Quand, au contraire, 1l se trouve en face de grosses Sociétés, qui pouvant

déjà faire d'importantes commandes, désirent elles-

mêmes pour certaines denrées se couvrir, comme par exemple pour une campagne commerciale, il risque d'apparaître et même d’être quelquefois mal placé. Or, ne vendant qu aux Coopératives, 1l risque de rester avec d'importants stocks. |

De même, si l’entrepôt et l’organisation commerciale de gros est légitime, en nombreux cas, 1l lui faut s'adapter aux nécessités d'ordre commercial. Par exemple, tous les produits ou marchandises n'ont pas un prix national n1 une origine nationale. [ faut que pour certaines denrées de produclion régionale : beurre pour les pays de pâturage ou marchandises arrivantdans certains ports, Marseille ou le Hävre par exemple, 1 puisse donner une certaine autonomie d'achat à ses entrepôts.

De même, il tui faut éviter les transports inutiles et pouvoir expédier souvent telle marchandise de son

lieu de production ou d'arrivage directement aux Coo-

pératives intéressées afin d'éviter un double transport.

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Il faut toutefois reconnaïtre que cela n'est pas toujours possible n1 même habile, quoique cela puisse paraître paradoxal à un ignorant des pratiques commerciales. I n’est pas toujours exact de penser que les meilleurs achats se font dans le lieu même de production. Par exemple, le M. D. G. français ayant créé un entrepôt d'achat dans un pays producteur d'œufs a simplement abouti à raréfier la marchandise et à déterminer une hausse constante des prix. Telle marchandise est vendue à des taux plus élevés aux acheteurs locaux qu'aux acheteurs réguliers et pargrande quantité, placée sur un grand marché comme Paris.

Enfin, le M. D. G. fait le gros et le demi-gros pour les Coopératives de peu de grandeur; mais en face de grandes Sociétés, Sociétés à succursales, que peut-1lse passer? Il peut fort bien arriver que les Coopératives de détail soient obligées, elles-mêmes, d’entreposer pour ravitailler méthodiquement et organiser les livraisons régulières de leurs boutiques; mais alors, les frais d’entrepôt de la Société de détail risquent de se combiner avec les frais d'entrepôt du M. D: G. et ainsi, se peut-il qu'un intermédiaire de trop soit créé.

Et voilà pourquoi la question des entrepôts si indispensables pour le M. D. G. dans l'élimination du commerce de gros, rend cependant sa tâche ardue.

Les Magasins de gros cependant y parviennent. Du reste il y a beaucoup de remèdes, les uns efficaces, les autres médiocres, pour essayer de porter remède aux difficultés.

C'estainsi que, fort souvent, les M. D. G. ont mtérêt à se servir au lieu d’entrepôts propres, au moins pendant un temps ou pour certaines marchandises, d'entrepôts de stockage ne leur appartenant pas. Grâce aux

entrepôts publics, par exemple, ils peuvent éviter des mesures hâtives et attendre un développement suffi-

sant. Foutefois, la solution présente l'inconvénient qu'on n’est point encore à l’étape de l'élimimaton d l'intermédiaire par la coopéralion. 2

C'est ainsi qu'a été préconisé et même pratiqué le

système qui consiste à demander aux Sociétés coo-

pératives de s'engager pour cerlaines marchandises à

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l'achat exclusif ou par des quantités déterminées aux M. D. G. de telle sorte qu'amsi les M. D. G. ne courent plus ni le risque du marché et des prix, nile laisser pour compte toujours très onéreux des Sociétés.

Certains coopérateurs ont même été jusqu à préconiser que les Coopératives de détail s'engagent à se fournir de tout el exclusivement au Magasin de Gros. Quelques essais, mais pas très concluanis, ont été faits en ce sens. Le M. D. G. n'est pas toujours sûr, en ralson même de l'insuffisance du développement, de pouvoir en temps, lieu et prix, bien placer les Coopératives de détail. Or, ne l'oublions point, de même quele consommateur n'est pas fait pour la Coopérative mais Ja Coopérative pour le consommateur, de même les Socié- Lés de détail ne sont pas faites pour le M. D. G., mais le M. D. G.: pour elles ; or, tant que deux organismes sont en présence, Sociétés et M. D. G: et qu'il n'y à pas un seul organisme avec la responsabilité commune el des intérêts complètement identiques, la plupart des Sociétés de détail se refuseront à faire cette confiance aveugle à leur M. D. G

Pour éviter également le danger d’être ou paraitre êlre un intermédiaire onéreux, quand il s’agit par exemple de Sociétés obligées de faire le demi-gros, il importe alors que le M. D. G:. s'organise pour faire le gros et le demi-gros et quela Société renonce à tout stockage, à condition que le M. D. Gr. puisse garantir la fourniture à toutes les succursales et même quelquefois entreposer des marchandises non achetées chez lui et à condition de se couvrir seulement de ses frais.

Afin de rendre plus stables les transactions commerciales des M. D. G., ceux-ci ont été quelquefois poussés à vendre en dehors de la clientèle coopérative leur Surplus ou les marchandises dont les Coopératives ne voulaient point, soient qu’elles en fussent couvertes, soit que le Magasin de gros ne se trouve pas bien placé. Une intransigeance de principe ne serait point de mise en pareil cas, car elle entraînerait aux pires Calastrophes. Mais la pratique de cet expédient est bien dangereuse, d’abord parce qu'elle est contraire à l'idée même du M. D. G., seulement Coopérative des Coopé-

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