‹ La République coopérativeChapitre 221 sur 249 · PAR · texte numérisé non relu

PAR

LE TMS

des spéculations de hausse du commerce que de livrer

aux Sociétés coopératives qui pourtant, à leur tour,

étaient vichimes d’une crise commerciale.

Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps et on ne peut tirer de ce seul exemple une règle complètement définiive. Cependant, dans cette question, s’est

- pourtant montré l’antagonisme entre les deux formes

d'organisatron : l’une songeant aux consommateurs et

Jautre aux intérêts plus restreints de ceux qui la com-

posaient, uniquement à l'intérêt des producteurs du vin. H faut du reste reconnaître que les difficultés sont peut-être survenues de ce fait que les Coopératives,

dites de production agricole, n'étaient en réalité que des

Coopératives de transformation dés produits agricoles. Non seulement la terre et les vignes restaient la propriété de chacun des membres des associations, mais

très souvent il ne s'agissait que d’une associauon pour

la vente en commun, et par là même; d’un terrain commercial forcément en antagonisme direct avec le but des Coopératives de consommation.

Est-ce une raison de désespérer ? Nous ne le pensons pas, car si nous croyons que les Coopératives de consommation peuvent, comme l'ont fait les Wholesale anglaises el écossaises, par l'intermédiaire de leur Magasin de gros, acquérir leurs fermes, produire leur propre vin, leur propre blé, leurs propres œufs; si nous croyons surtout que par exemple les entrepôts de viande, les fromageries, les usines pour l’utilisation du lait doivent être créés par les consommateurs; si l’on veut que la collectivité la plus générale en profite, 1l faut aussi comprendre que l'avenir de ces organisations ne peut exister que si une collaboration étroite s'établit entre

les Sociétés de consommation et les productions agri-

coles. |

Il faut aussi songer à la difficulté de faire rendre à la terre son maximum dans certaines cultures où il ne peut s'agir de grandes exploitations capitalistes mais forcément, de petites entreprises mieux adaptées, même techniquement, en raison du climat, de la variété du sol et de la conformation géographique et économique du pays aux difficultés d'exploitation de la terre.

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uniquement aux consommateurs et s'ils sont placés

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Comment pouvoir établir cette collaboration des pro-

ductions agricoles et des consommateurs ? Certes, dans

une très large mesure, c'est seulement à lépoque où les travailleurs des champs auront été conquis euxmêmes à l'idée de l'association des consommateurs et en seront devenus membres que le problème sera plus facilement solutionné.

Il semble que ce soit bien là la vérité, quand on songe à ce petit pays du Danemark où ont marché de pair les Coopératives de consommateurs à la campagne et les différentes Coopératives de production agricoles. Ceci

s'est accomph dans un rayon limité il est vrai, mais

l'expérience est définitivement acquise. Nous sommes là dans la contrée d'Europe où précisément l’idée coopérative sous toutes ses formes et en comparaison du nombre des habitants est arrivée à son maximum.

L'avenir seul pourra donc, en cette matière, déterminer comment les Magasins de gros pourront, soit par eux-mêmes, soit par l'intermédiaire des Sociétés de consommation de détail dont feront partie les producteurs, aboutir à une solution méthodique et rationnelle, à une organisalion sérieuse qui ne fasse pas de chaque producteur agricole, l'adversaire de cette Société de consommation et de son organe de coordination des efforts dont 1l pourra être, [ui-même, membre.

Mais, ces réserves faites, 1] n’en reste pas moins exact que le Magasin de gros devra donc, de toutes ses forces, organiser sés services industriels et agricoles, quitte même, pour le surplus, à trouver les combinaisons

économiques sérieuses, là où ce sera nécessaire, pour …

s entendre, d'une part, avec les Associations de producüon industrielle et, d'autre part, avec les Associations de production agricole. La solution serait peut-être non seulement dans la reprise des Coopératives de produc- Uon par le Magasin de gros, ce qui, en maintes circonstances s’est fait, mais d'aboutir en réalité à la disparition

totale des associations de production, ou encore pour

débuter engager les choses par des œuvres et entreprises gérées en commun. Par exemple, en ce qui concerne les entrepôts de viande, s'ils appartiennent

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DU RÔLE DÙÜ M. D. G. 997

dans une région agricole déterminée, il peut arriver

fort bien ceci, c’est que l’entrepôt de viande coopératif raréfie le produit, détermine une hausse au profit des producteurs sans que le consommateur puisse en quoi que ce soit bénéficier de [a nouvelle organisation. Si au contraire ces entrepôts appartenaient à des Associations de producteurs, nul doute que le consommateur ne soit pas plus avantagé qu'avant. N'y aurait-il donc pas heu de prévoir, à ce point de vue, des entreprises nuixtes ? Déjà, em matière de production industrielle, on a admis l’idée que, pour les Associations de consommateurs, les Magasins de gros pouvaient prendre des aclions des Associations de production, pouvaient même s’y assurer la majorité pour précisément affirmer le principe de la consommation organisant la production, pouvaient en tout cas collaborer à la gestion, en raison même du fait qu'ils étaient les meilleurs clients, pour devenir même un jour le client exclusif.

d) GRANDE ET PETITE PRODUCTION. — Dans quel ordre et suivant quel plan d'ensemble les Magasins de gros doivent-ils se lancer dans la voie de la production? Rien de plus grave pour eux que d’émietter leurs efforts et surtout de ne pas tenir compte des conditions générales de l'évolution de l'économie industrielle.

Il ne suffit pas de dire pour eux que pour la satisfaction des besoins de telle marchandise, ils sont dès lors en mesure de dresser leurs propres industries coopératives; ils risqueraient fort, alors, de constituer de petites usines, de petites manufactures, de petits ateliers qui ne correspondraient nullement au degré de perfectibilité de l’industrie en général. Leurs prix de revient seraient plus élevés qu'ailleurs, leurs marchandises reviendraient à des prix si élevés que les Sociétés de consommation, et par leur intermédiaire les consommateurs, ne verraient pas les avantages de la production faite à leur profit.

Le bénéfice fait par l’expropriation du profit privé serait annihilé, par l’infériorité de la technique coopérative sur la technique des organisations industrielles capitalistes.

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