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Le premier souci donc des Magasins de gros dans leurs productions est de les organiser dans les branches. où 11 est possible de porter le rendement à son maximum el où ils sont sûrs d'être à la tête même du progrès par la certitude d’un rendement suffisant.
Cela ne veut pas toujours dire qu’ils sont obligés de se livrer à la grande industrie et qu’ils doivent, même dans une seule usine et dans un seul endroit, concentrer toute la force de leurs productions; il est même à ce point de vue là, peut-être nécessaire de tenir compte des régions et de comprendre que, là, également, la loi du rendement non proportionnel joue et que la plus grande industrie n’est pas toujours la meilleure.
Fabriquera-t-on, par exemple, du chocolat, confectionnera-t-on des chaussures, il faut que chaque unité coopérative, chaque usine corresponde à un maximum de rendement avec un maximum d'utilisation de force.
En raison des difficultés de transport, en raison même des comparaisons à établir entre les différentes. usines et de l’émulation entre elles, en raison enfin des. différences de production dans chaque région, de la qualité de la main-d'œuvre et des difficultés de se procurer des matières premières, il faut avoir un grand plan méthodique. La production donc des Magasins de gros doit être engagée à longue échéance, non pas au Jour le jour et sous une forme empirique. Elle nécessite par là-même une connaissance approfonde non pas seulement des marchandises, mais une prescience de l’évolution industrielle, de ses bouleversements, de ses modifications techniques, de ses changement(s de lieux.
N'oublions toujours pas du reste que les Magasins. de gros, quand ils entreprennent la production, doivent avoir pour but la satisfaction des besoins; si par exemple, sous prétexte de la marque coopérative, de la marque du Magasins de gros, ils n’arrivaient à produire qu'une seule espèce de marchandise comme chaus-
-Sures, s'ils n’arrivaient à fabriquer qu'une seule qualité
de chocolat ou qu'une espèce de pâtes alimentaires, ils obtiendraient peut-être des résultats efficaces, mais. ils restreindraient par là même leur extension. Le point
de vue du rendement supplanterait le point de vue du besoin salisfait. Ce serait, là, une entorse sérieuse à l'idée même d'une République coopérative totale.
Il est vrai de dire et nous le verrons dans le chapitre suivant, que cette hypothèse ne peut surgir que par le fait même que le Magasin de gros a une existence spéciale, différente de celle des Sociélés de consommation et ceci nous conduira tout naturellement, à parler dela Société que nous qualifierons « La République coopérative » et qui réunirait dans une unité organique les Sociétés de détail et les organisations Coopératives de STOS.
C) La base financière du Magasin de gros.
Ce n’est point certes à ses débuts, que le Magasin de
Gros apparaît comme organisation financière: tous les Magasins de gros, comme toutes les Sociétés coopératives, se sont créés avec les capitaux les plus modestes. Les Sociétés même quand elles sont très bien disposées, quand leur sentiment coopératif est très élevé, ne peuvent meltre des sommes bien importantes, quand elles les ont, à la disposition de l'organe de coordination des efforts du M. D. G. | :
La grande faiblesse des Magasins de gros est donc, à leurs débuts, les modestes sommes d'argent dont üs disposent. Trop souvent, les difficultés financières surgissent pendant de longues années pour faire face aux échéances, pour obtenir un crédit qui ne soit pas trop coûteux, pour pouvoir, dans des conditions avantageuses, faire des achats en temps et en lieu.
Aussi, dès que la stabilité commerciale est obtenue, la préoccupation des Magasins de gros est de s'assurer les fonds les plus importants possibles et, chaque fois
que de nouvelles ressources sont trouvées, il faut im-
médiatement en trouver d’autres; mais on a beau augmenter le nombre des actions à souscrire par les Sociétés, on a beau faire appel au versement intégral des capitaux souscrits, on a beau prévoir dans les statuts les fonds de réserve les plus considérables pour le
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développement, on a beau, même quelquefois, faire renoncer par les Sociétés pendant quelques années aux
ristournes de leurs achats, tout cela ne suffit pas encore
et il semble vraiment que l’histoire des Magasins de gros soit, au point de vue financier, une histoire de tonneau des Danaïdes.
Mais alors, surgit une idée comme une nécessité iné-
vitable. Il faut des capitaux. Il faut des capitaux répètet-on à chacune des Assemblées générales et pour les trouver, l’idée de créer une Banque coopérative suroit dans tous les esprits; banque destinée à recevoir en dépôt, 1c1, les fonds des Sociétés, là les fonds individuels des coopérateurs et pouvant même peu à peu, se hvrer à toutes les opérations du commerce de banque généralement très lucralives et qui donnent les possibilités de crédit nécessaires.
Créera-t-on la Banque coopérative sous une forme autonome ou en fera-t-on simplement un service des Magasins de gros; tel est le problème ressassé, discuté par tous les mouvements coopératifs de chaque pays en des sens divers, mais de plus en plus on va vers la solution des Magasins de gros organisant leur banque tout en lui laissant une grande autonomie.
La Banque indépendante présente évidemment l'avantage lrès sérieux de se différencier des services commerciaux et industriels, elle acquiert plus de solidité et plus de ressources. Contrôlée par les Sociétés
quila constituent, elle conquiert même plus de confiance
au Magasin de gros lui-même. Mais il faut bien le dire, elle présente aussi le désavantage énorme de ne pas être parte imlégrante de l'organisme auquel elle est
destinée. Elle peut parfois être appelée à dévier du but
qui l’a fait naître. Elle peut, de même que les Sociétés voient se créer des conflits entre Magasins de gros et de détail, voir se créer des conflits entre elle et le Magasin de gros, résultat inévitable de groupements séparés et distincts.
Puis, le jour où le Magasin de gros, lui-même, a acquis assez d'autorité, a la certitude de sa vie, où ses progrès et son avenir semblent certains, les dangers
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