‹ La République coopérativeChapitre 246 sur 249 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Mais, en attendant même la coopération économique

des peuples et en attendant qu’elle ait son développement completavec l'avènement des Républiques coopératives nationales, ne peut-on déjà créer entre les. mouvements coopéralifs, entre les organes qui préparent pour une part ces diverses Républiques, ne peut-on créer des liens économiques étroits ? =

De même que les Sociétés de détail inévitablement élaient conduites à leur Magasin de gros, est-ce que les mouvements coopératifs nationaux et éventuellement leur République coopérative ne peuvent être conduits à l’idée d’un Magasin de gros international

assurant la Coordination des efforts et dès maintenant, -

sous une forme embryonnaire, ce Magasin de gros in-. ternational ne peut-il vivre, ne peut-il être institué entre les différents Magasins de gros nationaux, même sous une forme rudimentaire. Peut-être un exemple pratique serait ainsi donné pour la possibilité de la Société économique des Nations, soit pour l'appuyer, soit pour l’étendre, soit comme précisément un premier moyen de réalisation. |

À) Historique de l’idée du magasin de gros international. |

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Cette idée du reste d’un Magasin de gros international a déjà surgi depuis quelques années, depuis que les coopérateurs des différents pays se sont réunis en Congrès. Des études ont été fréquemment faites en ce sens, l'Alliance coopérative internationale, qui depuis un quart de siècle réunit les coopérateurs du monde et n'était à ses débuts qu’une association morale, s'est préoccupée de cette question. À quelques-uns de ses Congrès, des projets, des rapports ont été présentés. Dès 1907 au Congrès de Crémone, puis en 1910 au

Congrès de Hambourg et à la veille 2 la guerre, au Congrès de Glasgow en 1913, la question fut agitée. Naturellement, la grande catastrophe mondiale avait d’abord semblé mettre fin pour un temps à toutes préoccupations de ce genre, mais même pendant la guerre,

aux conférences coopératives interalliées de 1916, puis

interalliéeset neutres de 1919, le mouvement coopératif français proposa des ordres du jour en ce sens qui furent adoptés à l’unanimité par les organisations coopératives représentées.

En ce moment même, la question semble prendre un tour pratique. À la Conférence internationale qui s'ést tenue en avril 1920 à Genève, une réunion du Magasin de gros a eu lieu ; une sous-Comimission, a élé nommée pour qu'immédiatemént le projet se réalise

sous une forme même embryonnaire. L'idée de venir en aide aux nouveaux pays surgis de la guerre, comme la Pologne ou la Tchéco-Slovaquie ; l'idée surtout de porter aide efficace pour les pays de l'Entente aux

« coopérateurs des régions dévastées comme la Belgique et la Serbie ; l’idée même, plus générale, d'apporter un remède à la crise économique de l'Europe et à tous les

pays, même aux pays ennemis d'hier ; l’idée enfin de la

nécessité des relations avec des pays comme la Russie

où le mouvement coopératif est devenu exhorbitant, a fortifié la pensée du Magasin de gros international.

B) Ge qu'il peut être.

Sous quelle forme ce Magasin de gros pourra-t-l naître ? Quelle sera sa constitution juridique? L'avenir nous l’'apprendra, mais il semble bien en tout cas que, dèsmaintenant, différentes formes d'action se présentent à tous les yeux. Les Magasins de gros pourraient d’une façon régulière faire connaître à un bureau internahHonal quel est lPétat du marché de chacun de leur pays, quels sont les prix auxquels on achète les marchandises, quelle est l'appréciation des stocks ; quelles sont enfin les prévisions soit de récolte agricole, soit de production imdustrielle.

Comme chaque pays est obligé de se fournir chez d’autres pays, chaque Magasin de gros national devrait tout d’abord s'imposer d'acheter uniquement aux pays étrangers par l'intermédiaire de l’organisation sœur.

Enfin, comme Ia production s'organise peu à peu dans les Magasins de gros, est-ce que ceux-ci ne devraient pas offrir à toutes les Sociétés dans tous les pays, leurs propres denrées et les marchandises produites dans les usines et sur les terres coopératives.

Peu à peu, l’idée de réserver telle ou telle production à tel pays mieux adapté, mieux placé, conduirait à des. échanges internationaux de plus en plus importants.

Enfin, pour faire venir des pays les marchandises d'outre-mer, comme par exemple le riz, le thé, toutes les denrées exotiques d’Extrême-Orient, des achats en commun pourraient être faits; les Wholesale anglaises … et écossaises n’ont-elles pas déjà des plantations de thé aux Indes, des usines de lard en Australie. Le Magasin de gros international devrait s'organiser ainsi, au service même de tous les mouvements nationaux.

Peut-être des difficultés surgiront pour son organisation juridique, mais rien n'empêche de continuer dans la voie où précisément le Comité d'études de Genève vient de s'engager, c’est-à-dire de confier commercialement aux plus importants des Magasins de gros, pour le moment la Wholesale anglaise, le soin de faire des opérations, quitte à les faire sous le con-

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rôle d’une Commission et d’un Conseil d’administra-

tion international.

Ce qui est sûr, c'est qu'en s engageant dans cette voie, la coopération porterait à son maximum l'idée même qui la guide de créer une Société sans profit, non seulement pour un pays mais pour toutes les nations.

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- GONCLUSIONS

À) Le but du livre.

Nous voici au terme que nous nous étions fixé; qu'avons-nous voulu ?

Nous avons voulu montrer que cette Société économique, que nous avons appelée « la République coopérative », n’est que l'épanouissement total du mouvement coopératif de consommation tel qu'il existe maintenant en ses fondements naturels. Il apparaît comme une solution possible de la question sociale et la porte en lui.

Nous avons voulu montrer que l’hypothèse d’une République coopérative n'était pas un produit de J’imagination, une utopie, un système à priori, mais qu'elle

correspondait tout au contraire à la stricte observation

de la réalité et s'appuyait sur les lois mêmes de l’évolution de la Société humaine.

Nous avons voulu marquer comment ce concept économique nouveau emportait avec Iui un concept social

tout entier et déterminait par [à une transformation des rapports économiques, politiques ou moraux des hommes.

Nous avons en même temps signalé quels étaient les grands courants d'idées auxquels la doctrine coopéraüve pouvait se rattacher; nous avons fixé ses liens de parenté intellectuels.

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Nous avons franchement indiqué quels étaient les

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