‹ La République coopérativeChapitre 42 sur 249 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Elles sont au nombre de quatre principales et elles précisent les caractères spécifiques d’une Société de consommation, les voici : :

1° Toute Société coopérative répartit ses bénéfices à ses membres au prorata de leurs achats; |

2° Tous les membres de la Société ont un droit égal à la gestion de la Coopérative;

3° Les marchandises ou produits sont vendus aux prix normaux du commerce privé, c'est-à-dire au prix juste formé du prix d'achat, des frais généraux et d'amortissement, du bénéfice commercial en usage et qui constitue le profit de l'intermédiaire privé;

4° Les membres de la Coopérative n'ont jamais droit qu'aux sommes qu'ils ont mises dans l'association ; l'actif net de la Société appartient à la Société elle-même.

À) Répartition au prorata des achats.

La première règle, de beaucoup la plus importante et qui constitue le critérium de la coopération est d’ordre

économique. À Fencontre de toute entreprise du régime

économique actuel, contrairement à tout le système

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capitaliste, la coopération de consommation ne distribue pas ses bénéfices au capital engagé dans l'affaire, mais proportionnellement à l'effort fait par chaque coopérateur au profit de l'œuvre. | Qu'un industriel monte un établissement, qu'un entrepreneur ouvre un chantier, qu'un commerçant établisse une boutique, qu’un rentier place son argent, qu’un cultivateur fasse valoir sa terre, qu'un proprié-

{aire loue ses maisons, dans la Société d'aujourd'hui,

quand les salaires et les matières premières sont payés, les amortissements et réserves assurés, il doit rester un surplus. C’est la raison même de toute entreprise économique. Ce surplus peut s'appeler bénéfice commercial, profit industriel, intérêt d'argent, rente foncière, loyers. Dans tous les cas où il y a entreprise, la loi générale, qu on peut dire être sans exception, est que ces revenus ou surplus sont répartis proportionnellement au capital engagé.

S'il s’agit d'œuvre individuelle, le bénéficiaire calculera ses pertes ou ses gains d’après les sommes qu'il aura mises dans l’entreprise.

S'il y travaille lui-même, il comptera à part la rémunération de son effort, au moins mentalement, et l’estimera en tant qu'effort du travail et seulement comme

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S'il s'agit d’une Société en commandite par actions ou obligations, celui qui y place ses capitaux n'entend connaître que des nombres, celui qui a mis 100.000 fr. doit toucher cent fois plus que celui qui n’en a mis que 1.000 : c’est le capital qui compte, c’est lui qui est rémunéré. Un sou vaut un sou, cent francs valent cent francs.

C'est la caractéristique même du système économique rédominant etc’est du reste pourquoi chacun l'appell e régime capitaliste. -

Or, on peut dire que, par excellence, la Société coopéralive de consommation est anti-capitaliste. Elle n'est pas la négation pure et simple du régime économique existant. Elle est mieux que cela Elle est la réalité vivante d’un autre régime qu'elle crée et fait vivre dans les cadres de l’ancien.

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À la base de la répartition coopérative et dans chaque Société, c’est l'effort qui est récompensé. Plus le coopérateur aura été attaché à sa Société, et dans une proportion strictement exacte, plusil en recueillerale profit ; si ses achats à la coopérative ont été de mille francs, il touchera 10 fois plus que celui qui n'en aura pris que pour cent francs. Nul compte ne sera tenu à ce point de vue du montant de l’action qu'il aura souscrite ; qu’elle soit de 25 ou de 100 francs, qu'il l'ait versée entièrement ou libérée seulement d'un dixième comme le permet la législation française. En tous les cas, La règle est la même. Cest proportionnellement aux

achats de chacun que l’on répartit entre les membres .

chaque année ou chaque semestre ce qui est le bénéfice commercial. Et ceci sans exception, sans même qu'il

soit possible de combiner avec d’autres règles de ré-

partition.

Ce principe est tellement intangible que l'instinct des coopérateurs a même souvent conduit à des minulies de précautions. Par exemple beaucoup de Coopératives excluent d'avance ceux de ses membres qui, pendant un certain temps, n'ont pas acheté à la coopérative. Par exagération, certaines Sociétés sont même allées jusqu'à interdire que les actions rapportent un intérêt fixe proportionnel au loyer de l'argent, ou elles onttendu à le réduire au plus bas taux possible. D'autres

ont été jusqu'à interdire qu’un sociétaire puisse sous-

crire plus d'une action ,ou même en neluidonnantqu une voix à l'assemblée générale, quel que soit le nombre des actions possédées. Si les Coopératives aujourd'hut

tendent à revenir à une autre pratique, c'est simple-

ment du fait de l’absurdité qui leur est apparue d’éloigner des capitaux dont elles ont besoin pour vivre et quelles étaient obligées de trouver ailleurs, ou chez des prêteurs ou chez des banquiers, à des taux plus élevés.

Elles avaient oublié que la coopération était d’abord une organisation de répartition des richesses el ne pouvait supprimer immédiatement le capital argent. En sa

première phase, la coopération remplace simplement

l’entreprise commerciale et son bénéfice privé.

En tout cas, la Coopérative de consommation a, par

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