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là, et dans la minute même de ses précautions, marqué
son caractère nouveau d'organe de réparlition des
richesses. Pour bien marquer la nouveauté du système, le bénéfice commercial privé a, en matière coopérative, un autre nom, il s'appelle la ristourne ou le trop perçu coopératif ; par là même, on indique ainsi l'idée qu'il s'agit d’une organisation économique dont le but n'est
as la course au bénéfice, la rémunération d’un capital au profit de son ou de ses détenteurs, mais à l'inverse, il apparaît qu’il s’agit d’une justice à établir et que le consommaleur a des droits dépendants de ses achats, qui constituent pour lui une restitution. Ainsi est souhgnée l'injustice de la répartition actuelle et le droit nouveau, celui du consommateur.
Du reste, une autre caractéristique de la règle SpécCifique de la coopération de consommation apparait, c'est une organisation pour l'achat et la répartition, ce n'est pas une organisation de vente à autrui. L'institution coopérative est ainsi, au milieu des autres institutions économiques des temps présents, avec sa nature propre.
Le but de l'économie capitaliste est de produire non pour soi, mais de produire pour vendre; toutes les institutions économiques fonctionnent avec ce « leit
moliv », avec cetle direction intéressée. L'économie de
la coopération est absolument contraire : il s'agit d'une
organisation qui est faite pour acheter, mais dans Je but
de répartir.
Répartition et vente sont donc deux opéralions de sens bien opposés.
Quand on vend, ce n’est pas seulement pour faire plaisir à ses contemporains, c'est pour en retirer un avantage. L'institution économique peut étre ulile en soi, mais elle n’est debout dans la Société d'aujourd'hui que pour un motif : la course au revenu sans travail.
Quand la Coopérative au contraire fonctionne, elle représente les consommateurs, et la répartition des bénéfices au prorata des achats implique donc la mise en œuvre d'un autre moteur et d'un autre ressort économique, qui est l'intérêt du consommateur.
Disons donc que les principes de la coopération sont
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opposés à ceux de « l’économie marchande ». Ici le monde économique se trouve transformé, l'intérêt du
consommateur devient Ja directrice de l'institution éco-’
nomique. Plus loin, nous tirerons de la nature de la coopération les conséquences qu'elle comporte, mais notons de suite qu'il ne faudrait pas croire que cette différence dans la répartition des bénéfices n a pas de répercussion sur le calcul des taux des bénéfices. Ces simples comparaisons le soulignent fort bien. Le trop perçu dans une Coopérative et pour une exploitation normale varie entre 4 et 8 p. 100 avec la vente au prix
normal du commerce. Supposons un sociétaire ayant
mille francs d'achats à la Coopérative, ce qui est une moyenne faible, il aura, avec un trop perçu de 5 Pp- 100, cinquante francs à toucher. Or, par rapport au capital uil aura engagé c’est-à-dire une action de 25 ou e 100 francs, Cela peut représenter 50 à 200 p. 100.
Il'est vrai que certaines Coopératives ne donnent pas sous forme d'argent leur ristourne. Les unes la distribuent en marchandises, les autres sous formes d'œuvres Spéciales : œuvres de prévoyance et de solidarité. Tout au moins une part de cette ristourne esl consacrée à ces œuvres, dans ce dernier cas, c’est une coopération d'ordre moral qui s'ajoute à l'œuvre de coopération matérielle ; mais aucune atteinte n’est apportée par là au principe même de la répartition au prorata des achats, et il y a simplement en vérité coopération sur Coopération avec double cascade. Le bénéfice n’est pas davantage, bien au contraire, réparti proportionnellement au capital (1).
Ainsi donc, répartition proportionnelle des achats et intérêt du consommateur comme but de l'institution économique, voilà la Coopérative dans sa base essentielle; et ce n’est pas là une affirmation a priori, la ce nest pas seulement là un principe énoncé, c’est résultante de l'expérience. Toutes les Coopératives
(1) Du reste, en général, une faible part seulement de la ristourne est consacrée à la coopération morale de solidarité et de prévoyance venant ainsi s'ajouter au but principal de coopération matérielle et de ristourne au prorata des achats. |
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è RE nan mer Er RE SET ESS TR = re … LES LOIS ORGANIQUES DE LA COOPÉRATION 34 e Le qui se sont créées en observant ces règles ont vécu et __: prospéré si des circonstances extérieures et leur cons- : titution interne ne sont pas venues les entraver. e Au contraire, toutesles Coopérativesquis’en éloignent = perdent peu à peu leur caractère, et disparaissent dans un temps plus ou moins éloigné. 2 Fe Ge ne sont pas les principes qui ont déterminé la = ; pratique mais la pratique qui a, peu à peu, permis de 7 ormuier les principes et c’est là une constatation bien. +. curieuse, celle qui montre que, quelle soit l’époque ou É quel que soit le lieu, la règle est pour ainsi dire éta- È blie sans aucune exception, et que ces principes même . une fois formulés sont devenu, moteur d'action et ont . permis d'éviter des écueils et des acoups. Leur respect ie a renforcé et activé le développement des organisations = coopératives. :
1 Mais, 1l n'en reste pas moins vrai que le critère de la | loi organique de la coopération de consommation, est 1 d'ordre expérimental et que sa loi d'existence est une loi =. de nature.
is Voyons par exemple ce qu'il est advenu de certaines Sociétés coopératives qui ont contrevenu à la règle de | répartition au prorata des achats. Les Pionniers de + | Rochdale lont les premiers adoptée, de là vient leur — renommée ; mais avant et même quelquefois après, des. associations de consommateurs he répartition des 14 marchandises ont, par exemple, décidé que le bénéfice 12 serait partagé également entre leurs membres. De ia Sociétés de ce genre il n’en existe pour ainsi dire plus ; FA dans une organisation pareille, les mauvais coopéra- De : teurs, ceux qui n'achetaient pas à leur Société se trou- Fi vaient avantagés au détriment des fidèles: s'ils deve- + naient trop nombreux et maintenaient la règle de = l'égalité du partage, la Société peu à peu mourait d'ina- 22 nition et faute de clients. S'ils diminuaient de nombre, ee les bons coopérateurs formaient alors la majorité, ten- es daient à rétablir la justice et aboutissaient à la règle de 4
répartition au prorata des achats.
Certaines Coopératives ont voulu amalgamer le principe capitaliste au principe coopératif; elles ont prévu que des dividendes seraient donnés aux actions, mais
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