‹ La République coopérativeChapitre 50 sur 249 · LE · texte numérisé non relu

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soit monopolisé, que les échanges se fassent sous

forme de transactions directes plus où moins rappro-

chées du troc : elle n'est plus. C'est donc par à qu'elle est liée au régime économique nouveau. Non seulement elle est ainsi comme un prolongement des principes économiques actuels, mais elle semble les respecter jusque dans leur fonctionnement puisqu'elle vend sensiblement au même prix que le commerce. Encore faut-il cependant s'entendre sur l'expression « vendre sensiblement au même prix ». La Coopérative ne vend pas très souvent au prix du commerce privé, bien au contraire. En réalité, elle esten moyenne au-dessous et quelquefois très au-dessous des prix ‘de

l'intermédiaire, mais cela tient précisément à ce que:

le commerce privé ne vend pas toujours aux prix normaux.

Dans une période comme la guerre ou la crise écenomique qui l’a suivie, les produits manquent. 11 y a raréfaction de la production, isuffisancede transports,

lalibre concurrence ne joue pas et ne peut jouer. Si

l'offre est insuffisante, si ceux qui détiennent les marchandises jouissent d'un véritable privilège qui confine au monopole, la demande de son côté est désaxce, les besoins extrêmement variables, la puissance d'achat désorbitée par suite de la surabondance du papier monnaie; il s’en suit donc que, d’une façon normale, les intermédiaires privés peuvent vendre aux prix quils veulent; de là, du reste, le mot à la mode de «mercantis ». Lés commerçants prennent alors des bénéfices anormaux. La Coopérative ne les suit pas sur ceterrain; elle continue à vendre non pas au prix de revient, mais au prix où les commerçants devraient vendre, à un prix qui leur laisserait encore le bénéfice commercial normal de l’organisation capitaliste actuelle; cest ce que l’on appelle vendre au prix juste.

À quoi correspond donc ce prix juste? Nous lavons

dit plus haut ; il correspond à une majoration moyenne

égale aux frais généraux : loyer, contributions, salaire du personnel, c’est-à-dire les frais des boutiques et aussi aux frais généraux communs, comptabilité, direction et amortissement. Îl comprend en sus une marge

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équivalente à la rémunération du capital, comme capital-entreprise et comme capital-argent, el aux sommes nécessaires à son renouvellement, c'est-à-dire aux fonds de réserve et même de développement (1).

En France et avant la guerre, en matière d'’ahmen-

tation générale, ce prix juste correspondait en épicerie à une majoration moyenne de 15 à 20 p. 100 du prix de vente sur le prix d'achat (2).

- En boucherie, cette majoration atteignait 30 p. 100. Pour certains articles comme la chaussure ou la mers cerie, elle pouvait aller de. 30 à 40 p. 100. Ces chiffre, ne peuvent être qu'approximatifs, car, suivant les paysles majorations sont très variables. En France, les majorations étaient moins fortes qu'en Suisse. Elles tendaient à diminuer depuis la constitution du grand commerce. et l'évolution commerciale vers les Sociétés à succursales multiples qui, ayant à leur disposition les bénéfices de gros et de détaïl peuvent réduire légèrement ce dernrer.

Le taux des majorations varie de province à province, de localité à localité, soit en raison des différences d’approvisionnement ou du coût du transport, soit en raison de la différence de rémunération du personnel, soit encore en raison des pertes et du coulage. Aussi, la majoration est beaucoup plus élevée à Paris qu’en province et plus faible dans les centres industriels que dans les autres milieux.

Remarquons qu'il s’agit de majoration moyenne, car pour lalimentation, une loi de technique commerciale apprend que l'expérience permet de charger les marchemises de majoration très différentes. Ainsi, le sucre peut supporter une majoration au maximum de 4 à 5 p. 100, le vin, au contraire, peut être majoré de 20 à 30 p. 100, mais l’équilibre s'établissait facilement

(1) Notons bien que le bénéfice commercial n’est pas fait du fravail personnel du commerçant, qui se compte à part et peut être estimé à la rémunération qui serait donnée à un employé qui ne serait pas l’intermédiaire.

(2) H ne faut pas confondre la majoration au prix de vente ou au prix d'achat,

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