‹ La République coopérativeChapitre 51 sur 249 · DS PR · texte numérisé non relu

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et la moyenne allait, comme nous l'avons dit, vers les 20 P. 100.

Or, la Coopérative suit cette règle : elle ne majore point toutes ses marchandises également de 15 à 20 p.100; mais vendant au juste prix, la coopérative substitue au bénéfiee du capital du commerçant privé la ristourne annuelle du trop-perçu au prorata des achats, ce trop-perçu; étant lui-même du reste calculé en moyenne. Îl était dans une exploitation régulière et bien administrée, de 4 à 8 p. 100 du chiffre d’affaires, chiffre variable suivant les époques et les régions.

Le mot «trop-perçu » donné au bénéfice commercial

de la coopérative souligne tout à fait le caractère de pré-

lèvement. On rend ce que l'on a perçu en trop chaque Jour. Mais alors, dira-t-on, pourquoi la Coopérative vend-elle au prix du commerce privé, pourquoi ne vendelle pas au prix de revient, pourquoi ne fait-elle pas profiter le consommateur immédiatement du prix avantageux? En général, c'est du reste ce que pensent les néophytes de la coopération pour qui celle-ci signifie bon marché immédiat, c'est même ce que très longtemps des coopérateurs n'arrivaient que difficilement à Saisir. ;

Pourquoi donc, la coopération qui veut se substituer au commerce privé, éliminer le bénéfice commercial ne le ferait-elle pas délibérement et de suite? Mais il y a un fait qui est là comme base de l'expérience, plus fort que tous les raisonnements. Des Coopératives ont essayé et essaient encore de vendre au prix le plus bas possible. Implacablement, ou elles succombaient, ou elles sont obligées de revenir à la règle séculaire du prix juste. Là encore la pratique fait la règle et indique, si l’on peut dire, la loi de nature de la coopération.

Des milliers d'associations d'achat en commun ont tenté la vente au prix de revient; elles n’ont eu, pour

la plupart, qu'une vie précaire. Une organisation qui.

vend au prix de revient ne peut le faire d’abord strictement, les majorations étant variables dans le commerce privé pour chaque marchandise. Si elle le faisait, elle offrirait du sucre beaucoup plus cher que chez ses concurrents privés et beaucoup moins cher son vin en

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