‹ La République coopérativeChapitre 62 sur 249 · ANT · texte numérisé non relu

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syndicale, politique, confessionnelle. Elle part en réalité de l’idée de famille; mais peu à peu, dans un temps rapproché, les coopérateurs s’aperçoivent de leur erreur; ils comprennent que fermer la Coopérative aux nouveaux sociétaires n’est pas leur propre intérêt. Ils arrivent à penser que c'est leur devoir de l'ouvrir à tout le monde et qu'ils n'ont pas le droit de refuser à d’autres consommateurs les bénéfices et les avantages de la coopération. La notion du devoir envers les autres consommateurs sort, pour ainsi dire, de leur intérêt, tellement lintérèêt individuel, ou collectivement individuel, est conforme à l'intérêt général, à l'intérêt de tous. Aussi, voyons-nous chaque jour des Coopératives ouvrir leurs portes, quelquefois même en sacrifiant certains avantages particuliers. Par exemple, des employés de chemins de fer, qui bénéficiaient auprès de leur Compagnie ou de l'Etat de tarifs de. transport spéciaux, n'hésitent pas à les abandonner pour établir dans leur localité Ia Coopérative ouverte à tout le monde.

Le caractère de la coopération ouverte se caractérise peu à peu par la disparition de toutes les clauses restrictives à l'adhésion : parrainage, stage, ratification, se font de plus en plus rares. Les conditions, même

pour être administrateurs ou pour participer aux ÀS- semblées générales, se réduisent à la règle strictement

coopérative du minimum de consommation imposé aux candidats. |

Restrictions et formalités disparaissent, alors que pourtant quelques-unes, à leur début, constituaient des garanties contre les mauvais bergers, comme par

exemple l'interdiction à des commerçants ou à des con-

currents éventuels d'en faire partie.

. Peu à peu, s'élabore un droit nouveau que l'on peut définir ainsi : | | Tout consommateur n’a pas seulement le devoir d’être coopérateur, il en a le droit. Dans la mesure où la Coopérative a la prétention de se substituer entièrement au commerce privé, il n’est d’ailleurs rien de plus naturel? Ce n’est plus une association particulière mais une collectivité publique qui ne peut refuser à qui-

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