‹ La République coopérativeChapitre 78 sur 249 · LP EE ES · texte numérisé non relu

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France et presque un autre tiers était concentré dans la région parisienne, également gros centre économique. Dans une même région, on voit des Coopératives groupées dans les cités et manufactures et isolées au milieu d'une contrée comme l'industrie elle-même; dès qu’une usine s'implante en quelque endroit, il est. bien rare que la Coopérative n’y naisse pas ou que l'on n’essaie pas d'y planter son drapeau; ainsi donc, le mouvement coopératif se trouve par là même lié au progrès économique et à la multiplication des forces

roductrices, industrielles. Quoi d'étonnant ? Le travail étant devenu force collective, ceci donne facilement aux prolétaires l’idée d'association, mais alors d'association économique constituée dans leur propre intérêt.

L'exemple est contagieux. Comment les travailleurs massés dans les mêmes cités tentaculaires n'auraientils pas la pensée d’user de leur force de consommation sous la même forme collective qu'est employée leur force de travail ?

Il est vrai que dans un cas, l'avantage de l’action collective se fait au profit de leurs employeurs et que, dans l’autre, il sert au contraire à les hbérer d'une exploitation, de l'exploitation qu'ils ressentent en tant que consommateurs.

De là aussi provient le fait que les Sociétés coopératives sont en majeure partie composées de prolétaires, alors méme qu’elles font appel à tous les consommateurs quelle que soit leur classe sociale.

Singulière force pour la coopération que d'apparaître ainsi comme attachée au progrès économique général et de suivre l'évolution même de ce régime capitaliste dont les principes de fonctionnement sont absolument opposés aux siens.

Toutefois, la Coopérative ne peut-elle naître, vivre et grandir que sur le terrain du régime capitaliste? Il semblerait hien au premier abord qu'il en soit ainsi. Elle y est née; elle y a faitses premiers pas. Le moyen âge ni l'antiquité n'ont fourni l'exemple de Sociétés coopératives véritables ou tout au moins d'un mouvement d'ensemble coordonné en ce sens. En réalité, les progrès sont parallèles, il semble bien que ce soit son

terrain de: prédilection, son bouillon de culture ordinaire ; mais la coopération ne peut-elle s'adapter à d’autres formes de la vie sociale et du monde éconemique ?

C’est alors précisément que se marque l’un des plus

orands caractères du mouvement d'évolution de la coo-

péralion, née avec le régime capitaliste, accrochée à lui, proportionnée dans ses forces de développement à la propre évolution de celui-cr.

Elle semble, à un moment donné, acquérir par ellemême:une force d'expansion particulière qui lui permet alors de s’adopter aux milieux sociaux les plus diffé-

rents et d'échapper aux cadres mêmes de sa naissance.

De même que les idées ont à l’origine des raisons économiques, puis restent conditionnées par des motifs de même ordre, puis acquièrent une vie et une action

ropres comme par exemple l'idée de justice, de même l'idée coopérative est issue d'expériences économiques

qui ont leur origine et leurs conditions d'existence

dans la Société économique actuelle. Mais elleparvient un jour à conquérir par elle-même une puissance de création qui s'étend alors à& tous les milieux sociaux. - C'est ainsi que des Coopératives existent aujourd’hurun peu partout, là même où le régime capitaliste n'est point né, par exemple dans les pays de petite produc-

tion rurale ou même dans les contrées où la féodalité:

terrienne semble encore maîtresse. Il est vrai que les progrès en sont peut-être plus lents.’ les: résistances plus marquées, mais cependant le phénomène se produit. Il faut bien dire qu’en ce cas, les Coopératives: sont la plupart du temps fonction ou complément d’autres organisations. |

Ainsi, les Coopératives de consommation pénètrent: dans les milieux ruraux surtout lorsque ces milieux sont près des villes et lorsqu'il est possible d'établir des: succursales des Sociétés urbaines à population mdustrielle:. Il est: vrai que certaines: Coopératives mdépendantes surgissent par imitation un peu partout, même chez les agriculteurs ; cependant, celles-e1 ont presque: toujours un point d'appui et ce point d’appur est là surtout où l'esprit d'association a fait ses preuves. C'est

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