‹ La République coopérativeChapitre 99 sur 249 · RENTE · texte numérisé non relu

RENTE

| « aide mutuelle ». | À à Cette liberté du commerce dont on a fait un objet À. 1. sacré et qui constitue le « leit motiv » de la défense de À. ci la société actuelle, à quoi correspond-elle ? À une affir- . ré mation théorique ou une réalité vivante? Dans une À à situation économique comme celle où la guerre a 2

laissé le monde, on peut dire que la hHberté du commerce n'est qu'une vaine ïillusion, les produits manquent, les marchandises sont rares. Ea libre

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1e concurrence reposant sur la hberté du commerce con- À

HE : duit tout droit à une exploitation du consommateur. /

L; En vérité, ceux qui déliennent les objets à vendre bé- ue

% néficient d’un véritable monopole. Il leur est loisible : :

à de les offrir aux conditions qu'ils veulent, aux prix les 2 mener ce re KE

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plus hauts, ils savent qu'ils trouveront toujours une

chentèle. La Hibre concurrence aboutit donc au simple droit d'exploiter les consommateurs qui, comme le serf de la féodalité, deviennent taillables et corvéables à merci. |

Mais, même en temps normal, dans une période d'équilibre économique, la libre concurrence reste simplement l'affirmation d'un principe; ses défenseurs sont obligés de reconnaître que dans la plupart des cas elle ne correspond à aucune réalité; elle devrait, paraîtil, assurer Îles plus bas prix aux Consommateurs, elle Jouerait le rôle d’indicateur des prix ; malheureusement, il n'en à jamais été, il n’en est jamais ainsi: il semble bien que très souvent elle incite à la multiplication des organes économiques qui ont, par là même, des frais généraux considérables pour leurchiffre d’affaires : ou bien elle aboutit au contraire ‘une insuffisance d'institutions pour donner les satisfactions réclamées par le consommateur et simplement parce que dans ce cas il n’y a pas assez de profits pour ceux qui les entréprennent.

Du reste, l’inexistence d’une véritable libre concurrence semble bien la situation vers laquelle le régime capitaliste se dirige lui-même dans la mesure où il essaie de discipliner ses forces et de s'organiser.

Tous les grands mouvements vers les cartels et les trusts, vers les syndicats de production capitaliste, aussi bien pour l'achat que pour la vente, sont les manifestations diverses et de plus en plus nombreuses en ce sens.

La libre concurrence a pu s'inspirer, pour essayer de se justifier, des idées darwiniennes sur la sélection naturelle ; ses défenseurs peuvent prétendre qu’elle

assure la lutte pour la vie et dans celle-ci le triomphe

des compétences adaplées ; mais les mieux adaptés

à un régime dont lessence est le profit sont ceux-là

mêmes qui sont les mieux conditionnés pour en obtenir et non pour satisfaire les besoins sociaux, c'est-à-dire ceux qui ont le plus de capitaux.

Enfin, 1l est de coutume d'affirmer que seule la libre concurrence peut permettre normalement à une société de vivre. Seulement, des sociétés pendant des siècles

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