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La république de 1848 [microforme]

C’est une simple esquisse que je viens tracer aujourd’hui pour ceux qui n’ont pas lu l’histoire contemporaine,

C’est une page du beau livre de la démocratie française que je vous invite à lire et à méditer.

Je n'ai pas la prétention d’avoir fait un travail personnel, ni œuvre d’historien, je résume simplement mes lectures, je compile mes souvenirs et mes notes dans l'espoir d’instruire les uns, d’intéresser les autres. Fe

Transportons-nous donc ensemble, en pensée, dans le beau pays qu’arrosent le Rhône et la Loire, que baignent les flots bleus de la Méditerranée, que dore le soleil de Provence et que parfument les brises de Normandie, et attaquons notre sujet sans plus de cérémonie.

La France a connu trois républiques : la première fondée le 21 septembre 1795, et remplacée par l’'Empire Je 18 mai 1804; la deuxième proclamée le 24 février 1848, et remplacée encore par l’Empire le 2 décembre 1851, et la troisième établie au 4 sep-

tembre 1870 sur les ruines de l’Empire et instituée par la constitution du 25 février 1875.

La première République forme partie intégrante de la Révolution, et je vais l’esquisser en quelques traits.

On est au lendemain de ia grande victoire de Valmy, c'est-à-dire le 21 septembre 1792. La Eonvention siège sous la présidence de Pétion et sur la proposition, de Billaud-Varennes, on arrête ce qui suit :

‘“ La Convention nationale décrète que tous les actes publics seront désormais datés de l'an 1er de la République, Française.”

On peut dire que ce premier gouvernement populaire fut l’œuvre des Girondins ; car pendant que Camille Desmoulins, le brillant journaliste, Brissot,

Fauchet, Condorcet, préchaient les doctrines répu-|

picaines, Rahespierre et les Jacobins ne disaient

mot; Marat, Danton et les chefs des Cordeliers

Aa hésitaient.

Mais la France qui sortait à peine de dix. sept siècles d’asservissement et de tyrannie était ombra-| geuse même à l'endroit de cette nouvelle forme del gouvernement, et de violentes protestations s’éle-|

vèrent dans la Convention quand Manuel eut, prononcé, les paroles suivantes :

rte Représentants du peuple souverain, je darbande que Je président de la France soit logé. dans, de

t instituée | palais national ; que les attributs de la loi et de la force soient toujours à ses côtés, et que toutes ‘les fois qu'il ouvrira. la séance, tous les citoyens se lèvent: cet hommage rendu à la souveraineté du peuple nous rappellera sans cesse ros droits et nos devoirs,” |

Cette proposition fut rejetée comme tendant à créer une dictature.

La première République fut fondée aux joyeux retentissements de la victoire de Valmy, et elle marque le commencement d'une lutie ardente entre la Gironde et la Montagne, lutte qui se terminera par des hécatombes. | |

C'est sous la première République que fut exéeuté Eouis XVL et qu’eurent lieu ce qu'on gr les massacres de la Révolution.

En.1794, apparait le. triumvirat ; en ‘1795, la République prit le nom de Drestoins et eut À sa tête cinq directeurs, cinq Sn MALE

sans président.

En 1799, la France eut trois consuls, dont un était Bonaparte.

He 18 mai 1804, Nabéiéon: qui était revenu d’Egypte, qui.avait fait la campagne d'Italie, qui avait autour de son nom les couronnes, les belles Victoires de Lodi, d'Arcole, de Marengo, N&poléon provaqua un, sénatus-consulte qui proposait de Confier à .un empereur le gouvernement: de la :Répu-

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blique. Et cet empereur serait luimême. 8,500,- 000 voix furent données à l’Empire, 2,500 contre.

La royauté est rétablie avec Louis X VIIT en 1815; Charles X lui succède en 1824 ; on fonda la monarchie constitutionnelle en 1830 avec Louis-Philippe qui garda sa couronne jusqu'en 1848, c'est-à-dire jusqu’à la deuxième République.

It.

Qu'est-ce qui a provoqué la crise de 1848, comment a été instituée la deuxième République, et quels sont les principaux événements qui se sont déroulés jusqu’à 1852, c'est ce que je vais maintenant développer. |

La principale cause de la déchéance du roi Louis- Philippe a été la corruption de ses gouvernements et les principaux artisans de cette déchéance, je le

proclame avec orgueil, ont été les journalistes et à |

leur tête, le vaillant polémiste Emile de Girardin.

A différentes reprises depuis 1830, on avait découvert dans l'administration de la chose publique des cas de concussion et de péculat, mais c’est en 1847 que les scandales éclatèrent avec plus de retentissement.

En 1846, la misère était grande dans différentes parties de la France et la populace exaspérée se livra à de terribles excès dans différents départe-

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ments et particulièrement dans la Sarthe, dans l’Indre-et-Loire et daus la Mayenne. On eut à enregistrer des meurtres ; des hordes affamées battaient les routes publiques, des maisons étaient livrées au pillage ; les femmeset les enfants crevant de faim abandonnaient le foyer pour courir dévaster les boulangeries, les magasins et spectacle plus lamentable n'avait pas été vu depuis les jours de la révolution de 1789. Dans le département de l’Indre les famél'ques et les sans-travail se livrèrent à tant de violence que la justice et le régiment durent intervenir, et cinq malheureux furent pendus sur la place publique à Bezançon ; les autres furent condamnés à la déportation et aux travaux forcés.

Et ce fut au milieu de ces malheurs, de ces sou- | lévements, de cette frénésie publique, ce fut presque au, frémissement de l'exécution de pauvres miséra- | bles qui eurent le cou coupé pour avoir cherché du pain, ce fut à tous ces bruits sinistres qui avaient 1 secoué l& France en sa torpeur, quiavaient réveillé dans tous les cœurs de parias des sentiments de révolte contre la société, ce fut au lendemain de tout cela que les Chambres se mirent en session. C'était le 11 janvier 18417.

Dès l'ouverture, Thiers et Guizot, ces deux grands hommes d'Etat, reprirent avec vigueur les héroïques et savantes luttes parlementaires qu'ils

soutenaient l’un contre l’autre depuis dix ans. Puis aussitôt éclatèrent une Série de scandales odieux dans les départements de la guerre, de la marine, des travaux puolics et de l’intérieur.

‘Emile de Girardin, le maître des journalistes, se jeta éperdument dans la mêlée ; il accusa le ministre Duchatel d’avoir vendu le privilège d'un théâtre pour vingt mille dollars ; il accusa le ministére dé vendre des Croix d’ Hénngur des titres de noblesse, des pairies et même jusqu’à Son sourire. On voulut étouffer ces scandales, on traduisit le dénonciateur à la chambre des Pairs, mais il fut acquitté. “5

C'était la déconsidération publique pour le gouvérnement. Dans le mois dé juin suivant le ministre des travaux publics, M. Teste, fut accusé d’avoir touché un pot-de-vin de 100,000 francs ; il fut publiquement convainèu de péculat et essaya de mettre fin à sa honte et À sa carrière déshonorée en se tirant une balle dans la région du cœur. D’autres scandales furent découverts, d’autres procès eurent lieu, mais la mesure arrivait à son comble en dépit des changements ministériels qui portèrent Guizot à la présidence du conseil.

Alors, obéissant à la pression de l'opinion publique qui grondait sourdement mais formidablement comme un tonnerre, ‘un certain nombre d'hommes publics, reconnus comme réformistes, organisérent

une série de banquets pour dénoncer les infamies ministérielles. Odilon Barrotet autres frent entendre leurs protestations à Paris même. :

Le 18 juillet à Mâcon, il. y eut un grand festin auquel assistèrent plus de trois mille perniques et convives. R

Lamartine, le poète exquis du rêve. et du < Cœur, le chantre de toutes les mélodies du sentiment et de ia nature, Lamartine qui était descendu depuis quelque temps du superbe piédestal où. son génie poétique l'avait placé, et cela pour se lancer. dans le mouvement politique, Lamartine, grand, noble dans sa stature de héros antique, présida ce fameux banquet populaire. Il se prononça en faveur du suffrage universe], prophétisa en clairvoyant qu’il était, la révoiation qui allait éclater. Ecoutez quelques-unes de ses paroles :

.‘ Que voulez-vous que devienne cette monarchie, s'écria-t-il, si elle parvient à faire d’une nation de citoyens une vile meute de trafiquants, n ayant conquis leur liberté au prix du sang de leurs frères que pour la vendre aux enchères des plus sordides faveurs ; si elle fait rougir la France de ses vices offciels, si elle nous laisse descendre jusqu'aux tragédies-de la corruption, si elle laisse affliger, humi- [lier la nation par l’improbité des pouvoirs publics. Elle tombera cette royauté, soyez-en sûrs. Elle tombera nou dans le sang comme celle de 17 89, mais dans son piége.

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« Et après avoir eu la révolution de la liberté et1 contre-révolution de la gloire, vous aurez la révo lution de la conscience publique, la révolution d mépris.”

Terrible prophétie, dit un historien, qui retenti dans le cœur du peuple et prépara les esprits .à 1 révolte.

Ledru-Rollin, Louis Blanc et autres républicain se lancèrent dans l'agitation, et en décembre, aggra vation de la situation, Guizot lui-même, le premie ministre, fut convaincu de s'être livré à un trafñ de places et de rentes. |

La lutte redoubla de fureur et le ministère exhu ma une loi de 1791 contre les réunions publique pour arrêter la campagne des banquets.

Thiers, qui demeurait l’éterne! rival de Guizo protesta vigoureusement en disant : « Mon droites écrit dans la charte ; il m’appartient ; il est aus sacré que celui de la royauté.” La députation réfor miste réclama avec lui la liberté et le droit d réunion,

Lamartine se leva en pleine chambre et il accus: le gouvernement “ de mettre la main. de la polici sur la bouche du p2ys,” et il ajouta : ‘“ Souvenez vous du jeu de Paume ! ”

En dépit de ces protestations, Guizot réussit | empêcher un banquet, le 19 février, et Louis-Phi lippe crut que tout était sauvé. Mais la mesur

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était comble, et, le 22 février, éclate la révolution : le 28, le roi et ses ministres discutent, hésitent, parlementent ; on parle d’abdication, on parle de charger la populace à la baïonnette ; la multitude s’accumule dans les rues, devant l'hôtel des Affaires étrangères, le peuple gronde, soudain un coup de feu tiré accidentellement retentit dans l'air, et les soldats se croyant attaqués, üirent sur la foule. Morts et blessés tombent par monceaux et des milliers d'hommes courent par les rues de la ville en criant : “ On assassine le peuple, aux armes, aux armes.”

Or, ce coup de feu, tiré accidentellement, aliait coûter la couronne à Louis-Philippe, soudain abandonné de toute la bourgeoisie et des gardes nationaux,

Il est dans son cabinet; Emile de Girardin entre soudain et £’écrie : “Il n’y a plus de monarchie en France, la situation est désespérée. —Que faire demande Louis-Philippe ?—‘ Sire, il faut abdiquer, répond le duc de Montpensier.’—Non, riposte la reine, pas d’abdication, il vaut mieux mourir.”

Mais le roi accablé, abattu, s’écrie : “ Eh bien, j'abdique.”

Et ainsi, le 24 février, s’effondra dans la pourriture ministérielle, la monarchie ressuscitée au lendemain des guerres napoléoniennes.

Mais à partir de ce moment, demanderez-vous,

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qui gouverne la France ?-—La chambre des députés sé réunit en séance, mais élle n’éxiste virtuellement plus, éar le roi l’a dissoute. On parle de proclamer la duchesse d'Orléans régente, mais Crémieux monte à la tribune, et demande la nomination d’un gouvernement provisoire. Ledru-Rollin lui-même, réclame: un gouvérnement provisoire et une con- | vention ‘nationale pour régulariser les droits du | peuplé.”

‘Et'alors, ce gouvernement provisoire est formé sur proposition de Dupont de l'Eure, que l’histoire appelle le patriarche des révolutions, et ‘il est éomposé de Lamartine, de Dupont, de Crémieux, | Ledru-Rollin, Garnier-Pagés, Marie et Arago.

‘Is se réunissent à l’Hôtel-de-Ville pour s'organiser, se distribuer la besogne ; mais la foule qui est là dans l'édifice et sur la place publique ‘est, immense, et le tumulie est menaçant. On prononce des distours pour les contenir. Lamartine-se lève pour adresser des paroles de paix à 12 masse, quand soudain quelqu'un l’apostrophe pour lui demander de quel droit lui et ses collègues se sont constitués

en en gouvernement provisoire. Le grant homme d'Etat qui avait toujours le mot de la situation et dont lés mouvements oratoires dominäient infaillii blemerit lés masses, l'accable sous la riposte sui! vante : “ De quel droit, mais du droit du Sang qui

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nation $ans chefs, du peuple sans guides, sans ordres et peut-être demaïn sans pain. Puisqu'il faut donc le dire, du droit de ceux qui les premiers livrent leur âme aux soupçons, leur sang à l’écha. faud, leur tête à la vengeance des peuples et des rois pour sauver la nation.”

Et cette chaleureuse tirade suffisait pour provoquer une explosion de sympathie, d'enthousiasme et toutes les bouches faisaient chorus pour crier : « Vive la République.”

Les membres du gouvernement provisoire se mettent à l’œuvre sans tarder ; on délibère, on dispose dés cas les plus urgents, on redige, séance tenante, une éloquente proclamation qu’on lance immédiatement au peuple et dans laquelle il était 1e die Te

« Le gouvernement provisoire veut la Républi. que, sauf ratification par le peuple, qui sera immé. diatement consulté. L'unité de la nation formée désormais de toutes les classes de la société qui la composent ; 13 gouvernement de la nation par ellemême ; la liberté, l'égalité et la fraternité pour sihètpés le peuplé. pour devise et mot d'ordre. Voilà le gouvernement démocratique que la France se doit È elle-n même et que nos efforts sauront lui assurer.

Jules Trousset, dans son Histoire d’un Siècle, ra-

édifices, de ldconte qu'il était onze heures du soir quand toutes

ces laborieuses délibérations et tout ce travail furent terminés. ‘“ Les membres du gouvernement provisoire, épuisés de fatigue et de faim, obtinrent à grand’peine, un peu de pain, de fromage et d’eau ; un sucrier cassé passant de main en main, servit de vase aux fondateurs de la République,” et aux pères du suffrage universel en France.

ITT

Croyez-moi, j'admire vivement cette révolution de 1848, parce qu’elle est l'affirmation de la souveraineté populaire, parce que le peuple a chassé de lui-même, presque sans effusion de sang, les ven. deurs du temple, parce que les fils de 89 ont reconquis spontanément leur liberté pour se donner un gouvernement du peuple par le peuple.

Où est maintenant l’ex-roi Philippe ?

Dans la journée du 25 février, après s'être fait couper les favoris et s'être masqué les yeux de lunettes vertes, Louis-Philippe se rendit à Honfleur sous le nom de Smith pour traverser la Manche et chercher refuge en Angleterre où on mit à sa disposition le château de Claremont.

Quel a été le premier acte du gouvernement provisoire après avoir proclamé la répubiique ? Ça été de voter à l’unanimité l'abolition de la peine

de mort en matière politique et c’est Lamartine lui-. |

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même qui fut chargé d'annoncer à la foule le 26 février, ce fier décret :

“ Citoyens, s’écria-t-il, la royauté est abolie, la république est proclamée, Le peuple exercera ses droits politiques ; des ateliers nationaux de travail seront ouverts pour les ouvriers sans salaire; l’armée se réorganise ; la garde nationale s’unit indissolublement avec le peuple pour fonder promptement l'ordre, de la même main qui vient de conquérir la liberté. Enfin, messieurs, le gouvernement provi-

soire a voulu vous apporter lui-même le dertier des

décrets qu’il vient de décider, c’est le plus beau décret qui soit jamais sorti de la bouche d’un peuple, le lendemain de sa victoire.”

Aux acclamations de la foule, Lamartiné donna lecture de l'acte qui abolissait la peine de mort en matière politique.

Comment le peuple et le clergé ont-ils accepté cette République de 48 ?

Le peuple l’accepta avec reconnaissance parce qu’il se sentait reprendre possession de lui-même,

de ses droits, de sa puissance, de son autorité. Et

partout on buvait à la résurrection populaire, à l’éclosion d’une ère de liberté et de revendications sociales. Quant au clergé, il fit preuve d'un véritable esprit public, d’un mâle patriotisme.

Mgr Affre, archevêque de Paris, ordonna des prières publiques pour le bonheur du peuple fran-

D EL A MA n pme rre eno

çais et pour le succés des élections. Il adhéra àla République du haut de la chaire en ces termes : « Le salut du peuple, voilà la loi supréme, disait un dé no; prédécesseurs en 1789. Voilà le premier principe et comrie Ia fin dernière de tout gouvernement juste. N'oublions pas que Jésus-Christ en déclarant que son royaume n’est pas de ce monde, a déclaré par là même qu’il ne prescrivait aucune forme de gouvernement. La

De son côté le 27 février, le cardinal de Bonald

mandait aux Curés de son diocèse ce qui suit:

é Donnez aux fidèles l’exemple de l’obéissance à lu République. Si les autorités désirent arborer le drapeau de la nation, prêtez- -vous avec empréssément aux désirs des magistrats. Le drapeau de la République sera toujours pour la religion un FAR En protecteur.”

‘A la suite de cês déclarations pleines d'autorité, tout le clergé et les congrégations adhérèrent au système démocratique. M. de Falloux, journaliste Catholique fit appel à la sympathie des journaux de la Vendée en faveur dé la République et aux quatre coins de la France, on s’inclina devant le nouveau régime : Trousset Cite même des campagnes où les curés dansèrent la Carmagnole devant leurs paroissiens.

Pour moi, c’est une page d'histoire éblouissante que céllé qui représente le peuple et le clergé fra-

héra à la termes :

disait un premier gouver- Christ en e monde, t aucune

e Bonald ui suit :

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ternisant avec effusion à l'avènement d'institutions démocratiques et du gouvernement du peupie par le peuple.

La république était proclamée, mais la France est encore dirigée par le gouvernement provisoire et cela, jusqu’au lendemain des élections générales.

Entretemps, les républicains s'occupent des prolétaires et adoptent des résolutions réduisant les journées de travail à Paris. de onze.heures à dix, et en Province de douze à onze.

Le 4 mars 48, le gouvernement provisoire.fixe la date des dons générales et décrète que. les représentants du peuple seront élus par le suffrage universel direct. Tous les Français âgés de 21 ans seront électeurs ; tous.les Français âgés de 25 ans seront éligibles à la députation, , On se plonge alors en pleine campagne électorale et pendant que la population française se prépare pour le scrutin, toute l’Europe se fait secouer par la Révolution.

Il ya des soulèvements en Suisse, en Autriche eten Italie. A Vienne, le peuple opprimé demande

des réformes et une charte de liberté. L'empereur effrayé promet une constitution ; les Autrichiens parcourent les rues en jetant aux io caressés par le Danube les cris téméraires et inaccoutumés de . “Vive la République, Française”.

En Italie, le pape lui-même, qui jouit du pouvoir temporel, est obligé de céder à la clameur .popu-

laire, à la marée montante des revendications des foules. “Contrairement à l'avis des cardinaux qui formaient son gouvernement, écrit Trousset, Pie IX licencia les troupes suisses, accorda une amnistie générale, réduisit les taxes, patronna des congrès scientifiques, autorisa la fondation de bibliothèques et de cercles ouvriers, diminua la censure de la presse et accorda le droit de réunion publique”.

Le 14 mars 1849, le pape dut promulguer une constitution pour les états pontificaux.

En Hongrie, l'illustre patriote Kossuth soulève les masses au cri de “ liberté ” et d’ “indépendance” et toute la nation sent son âme vibrer à ces appels pleins de fierté nationale.

Les chefs hongrois se rendirent à Vienne et arrachèrent à l’empereur d'Autriche un ministère indépendant pour la Hongrie et une constitution qui permit d’abolir la fédoalité et qui leur donna d’autres pouvoirs considérables. |

De son côté, Venise se souleva contre l'Autriche et proclama là République.

En Prusse, le mouvement démocratique s’accentua, l'insurrection éclata à Berlin, et les partisans des libertés populaires triomphèrent sur toute la ligne, :

Le roi Frédéric Guillaume IV consentit au renvoi du rinistère, à la retraite des troupes, à la liberté de la presse, et on le força même à rester à

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son balcon avec la reine pour saluer au passage les restes ensanglantés des insurgés morts les armes à la main. Voici comment Daniel Sterne raconte cette scène émouvante : “ Le 21 mars, dans l’aprèsmidi, on aperçut des fenêtres du château, une longue procession qui s'avançait à pas lents psalmodiant les chants de l'Eglise. Des femmes et des jeunes

filles vêtues de deuil, tenant à la main des branches de cyprès, ouvraient la marche ; puis venaient, deux par deux, sur une file dont on ne voyait pas la fin, des hommes du peuple qui portaient sur leurs épaules des cercueils ouverts. Une foule grave et recueillie accompagnait ce cortège.

“A mesure qu’il approchait et qu’on distinguait les morts ensanglantés dans leurs bières, on se sentait glacé d'horreur.

‘ Personne n'’osa se présenter pour arrêter la procession lugubre quand, franchissant la cour intérieure du palais et le seuil de la demeure royale, elle se déploya avec solennité et déposa, sous les fenêtres mêmes du roi, ces morts à la face découverte, couronnée de fleurs funéraires. Autour de chacun de ces cercueils, la famille du mort était groupée et gardait un silence pathétique. Après que ce silence se fut longtemps prolongé, tous ensemble, réunis en un chœur religieux, ils enton-

nèrent lhymne des funérailles, mais ce n’était pas

encore assez : il fallut que le roi parut à son balcon

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